Hier, l’OM s’est incliné pitoyablement sur la pelouse de Lorient (2-0), dans le cadre de la 30e journée de Ligue 1. Après une prestation catastrophique des olympiens, Mehdi Benatia est apparu extrêmement en colère devant la presse…
L’OM a sans doute perdu très gros, hier, sur la pelouse de Lorient. Face à des Lorientais volontaires et appliqués, les marseillais n’ont tout simplement pas existé, proposant une copie absolument terrible pour une équipe avec des ambitions européennes. Les Marseillais ont proposé une prestation très décevante, avec une attitude nonchalante qui n’a pas du tout plus en interne, et surtout pas à Medhi Benatia, alors que la qualification européenne est loin d’être assurée.
Benatia craque
Celui qui est directeur sportif de l’OM jusqu’à la fin de la saison, Mehdi Benatia, s’est présenté à la presse en zone mixte, après le match. Et il en a profité pour passer un énorme coup de gueule :
« Je ne comptais plus prendre la parole jusqu’à la fin de la saison, car on a beaucoup trop parlé les six premiers mois. Comme je l’ai expliqué aux joueurs, quand tu es ici, tu as toujours un sens de responsabilité. Moi je n’ai pas de problème qu’on me dise que j’ai ramené un entraîneur sur un projet qui devait rester plus longtemps mais qui est parti, pas de problème.
Qu’on me dise que les joueurs que j’ai ramenés et qui étaient très bons en septembre et qui aujourd’hui sont très mauvais, pas de problème. Que j’ai ramené un nouveau coach qui n’est pas bon non plus, je l’accepte… Mais quand je vois les matchs qu’on joue aujourd’hui, même si je n’ai pas envie de parler, je suis obligé de venir devant la presse »
Benatia pointe l’attitude des joueurs du doigt
Mehdi Benatia n’a particulièrement pas accepté l’attitude de plusieurs joueurs sur le terrain, qui survient après que les joueurs ont passé une semaine en stage à Marbella, un investissement pour le club qui a besoin d’une qualification en Ligue des Champions, ce que Benatia n’a pas manqué de rappeler :
« C’est un scandale, quand tu joues une équipe pratiquement en vacances, une très belle équipe et que tu as cinq finales… On fait des stages, ça nous coûte des sous mais tu veux bosser, te retrouver et recréer du liant. Combien de joueurs ont renversé la table dans le vestiaire ? Zéro.
Tu joues à l’Olympique de Marseille, tu joues un match comme ça et tu l’acceptes. Moi, il ne faut pas m’enfumer. Quand tu joues Lorient à 17h, qui n’a rien à jouer, et que tu ne gagnes pas un duel et que tu n’es pas entreprenant… C’est facile, « le logo il est pas beau », c’est pas mon problème, je parle football.
Quand tu rentres ici, quand tu as cinq finales à jouer pour un objectif de Ligue des champions, ça doit se voir, sauf que ça se voit pas. Les mêmes reproches tournent et passent. On parle de quoi ? De couilles, d’amour propre, de respect du maillot qu’on porte, du respect des gens. Et on fait quoi à l’arrivée ? Sur un ballon droit de 40 mètres, c’est moi qui y vais ? Sur un deuxième ballon, c’est moi qui y vais ? Quand tu perds le ballon en transition alors qu’en stage, on n’a fait que ça, tu fais quoi ?
Tu perds le ballon, et tu le regardes. Et pourtant la semaine on le fait parce que la vérité, depuis un long moment la semaine ça bosse.
Et puis vous verrez, il y en a certains qui partiront parce qu’il y a la coupe du monde, d’autres ont déjà un club et le plus grave c’est que dans deux mois on dira : « Il est bon lui en fait ». Par contre tu n’as pas fait des efforts ici, c’est ça qui est plus grave.
Donc, expliquer le pourquoi, je ne peux pas. Expliquer le pourquoi de prestations comme celles de Bruges, du PSG, de Nantes à domicile, on a en a eu quand même 6 ou 7 cette saison, c’est inexplicable, en tout cas, moi, je n’ai pas fait assez de football pour l’expliquer. Je n’en sais rien. Comme je l’ai dit, je ne suis pas psychologue. Malheureusement, on a posé beaucoup de questions cette année.
Comment tu fais le pire match contre Nantes et tu fais le meilleur match quatre jours après au Trophée des Champions ? Qui a répondu à cette question? Personne, parce que tu ne l’expliques pas, c’est la vérité pourtant. Il y a des choses comme ça qui ne s’expliquent pas, moi j’ai vu des choses cette année qui ne s’expliquent pas. On demande une mentalité, on demande un minimum, un peu d’amour-propre, de l’ambition, parce qu’il ne reste que des finales à jouer et quand tu fais ça, tu ne sais pas quoi faire. Mais ne pensez pas qu’on l’accepte en tout cas.
On ne l’accepte pas, ça c’est sûr. Mais je sais, je n’ai pas de doute que le staff va dire que c’est de sa faute, c’est à la mode, je ne peux pas lui en vouloir, tous les coaches étaient comme ça, Roberto faisait pareil, il aimait bien couvrir les joueurs. C’est bien de les couvrir, moi aussi je les aime beaucoup, ce sont des super mecs mais les prestations ne sont pas dignes d’un club comme l’Olympique de Marseille.
Mais si on doit passer les quatre semaines ensemble, on va passer les quatre semaines ensemble, je n’ai aucun problème avec ça. On va passer les matins et les après-midis, on va bosser, une bonne sieste au milieu, et on va travailler. Quand tu fais ce genre de matches, c’est que tu as besoin de travailler sur tout. Sur tout.
La ligne défensive, devant les combinaisons, l’envie, courir. Et puis faire aussi un petit peu le rappel sur ce qu’est un joueur de foot. Le privilège de faire ce métier-là dans un club comme celui-ci. Je pense que c’est sur tout ça qu’il faut mettre l’accent. Parce que le football aujourd’hui, quand tu n’as pas de cœur dans la vie, que tu ne donnes pas, c’est difficile de recevoir. »
Le message a le mérite d’être clair. Benatia espère une changement d’attitude pour les derniers de l’OM en Ligue 1. Medhi Benatia espère un sursaut de ses joueurs, dans une situation compliquée pour le club olympien, qui assumait des désirs bien plus ambitieux en début de saison.
