Deuxième pays hôte à entrer en lice dans cette Coupe du monde 2026, le Canada accueille à domicile une Bosnie-Herzégovine portée par l’exploit de ses barrages. Une affiche d’ouverture du groupe B placée sous très haute tension.
Co-organisateur du tournoi avec les États-Unis et le Mexique, le Canada s’apprête à vivre un moment totalement inédit : disputer un match de Coupe du monde à domicile, devant son public, au BMO Field de Toronto. Une première historique pour une sélection qui n’a, à ce jour, jamais remporté la moindre rencontre dans la compétition. Sous la direction de Jesse Marsch, prolongé jusqu’en 2030 par la fédération malgré quelques signaux d’alerte, les Canadiens ont grimpé à la 26e place mondiale, leur meilleur classement de l’histoire.
Exemptés de qualifications en tant que pays hôte, les Canadiens ont profité de leur calendrier pour multiplier les rencontres amicales, restant invaincus sur leurs huit derniers matchs avant le coup d’envoi. Mais cette série flatteuse cache une préparation jugée poussive par beaucoup d’observateurs : une victoire sans éclat contre l’Ouzbékistan (2-0), puis un match nul frustrant contre une République d’Irlande pourtant non qualifiée (1-1), où le but canadien est venu d’un but contre son camp adverse. De quoi alimenter un doute sur la solidité du groupe avant ce premier rendez-vous à enjeu.
Côté absences, la situation inquiète sérieusement. Le capitaine et star mondiale Alphonso Davies (Bayern Munich), encore diminué par une blessure aux ischio-jambiers contractée en fin de saison avec son club, est annoncé comme très incertain et pourrait manquer ce premier match. Le défenseur Moïse Bombito, victime d’une fracture au tibia, est quant à lui forfait pour l’ensemble du tournoi.
Pour pallier ces absences, Jesse Marsch devrait s’appuyer sur un 4-4-2 solide, avec Maxime Crépeau dans les buts et une charnière Cornelius–de Fougerolles. Devant, le duo Jonathan David (Juventus, meilleur buteur de l’histoire de la sélection avec 39 réalisations) et Cyle Larin (30 buts en sélection) représente la principale source d’inquiétude pour la défense bosnienne, soutenu par les courses de Buchanan et Eustáquio au milieu.
La Bosnie-Herzégovine, l’autre belle histoire de cette Coupe du monde
Pour la Bosnie-Herzégovine, simplement disputer ce Mondial constitue déjà un immense accomplissement. La sélection de Sergej Barbarez s’est qualifiée au terme d’un parcours de barrages spectaculaire, en éliminant successivement le Pays de Galles puis l’Italie, à chaque fois aux tirs au but. Une performance qui permet aux Zmajevi de disputer leur deuxième Coupe du monde en tant que nation indépendante, douze ans après leur unique participation, au Brésil en 2014.
Sans pression de résultat et conscients de leur statut d’outsider total dans un groupe B très ouvert (composé également de la Suisse et du Qatar), les Bosniens abordent ce tournoi la tête légère, portés par l’expérience de cadres aguerris. Côté absences, l’attaquant Haris Tabaković est forfait sur blessure, ce qui renforce encore le rôle central de Ermedin Demirović en pointe.
La grande question tactique réside dans le statut du vétéran Edin Džeko : à 40 ans, l’ancien attaquant de Manchester City et de l’AS Roma pourrait débuter sur le banc, un rôle de joker de luxe, avec Esmir Bajraktarević associé à Demirović en attaque. Dans l’entrejeu, Sead Kolašinac apporte également toute son expérience à la défense, tandis que le défenseur de Lens, Nidal Čelik, le seul joueur de Ligue 1 de cette sélection, devrait pour sa part débuter sur le banc.
Les compositions probables de Canada – Bosnie-Herzégovine
- Canada : Crépeau – Johnston, Cornelius, de Fougerolles, Laryea – Buchanan, Koné, Eustáquio, Millar – David, Larin
- Bosnie-Herzégovine : Vasilj – Dedić, Katić, Muharemović, Kolašinac – Bajraktarević, Bašić, Tahirović, Alajbegović – Demirović, Džeko
