Au lendemain de l’élimination de l’Égypte face à l’Argentine, la polémique arbitrale ne cesse d’enfler bien au-delà des frontières égyptiennes. De grands noms du football mondial se sont indignés du traitement réservé aux Pharaons, quand d’autres appellent à davantage de nuance.
Le scénario du huitième de finale entre l’Argentine et l’Égypte (3-2) continue de faire des vagues, bien au-delà du seul camp égyptien. Plusieurs analyses parues ce matin pointent l’incohérence des décisions arbitrales, soulignant que les trois recours à la VAR survenus lors des matches de l’Argentine depuis le début du tournoi ont, à chaque fois, tourné à l’avantage de l’Albiceleste. Un parallèle a même été établi avec le Mondial 2022 au Qatar, où l’arbitre François Letexier se serait déjà montré plus indulgent envers l’Argentine qu’envers ses adversaires.
Une presse internationale vent debout
Les réactions à chaud, à la hauteur de la dramaturgie du match, n’ont pas manqué non plus. José Mourinho a ainsi lancé une phrase qui a fait le tour des réseaux : « Quand vous affrontez cette équipe d’Argentine, mener 2-0 n’est jamais suffisant, parce que vous n’essayez pas seulement de battre onze hommes sur le terrain. Vous essayez de battre le sifflet. Vous essayez de battre la salle de la VAR. Vous essayez de battre tout le scénario de ce tournoi. » Une sortie qui alimente ouvertement les soupçons de trucage en faveur des tenants du titre.
L’ancien international anglais Alan Shearer a lui aussi tiqué, pointant du doigt l’incohérence entre deux situations quasi identiques : l’annulation du deuxième but égyptien pour une faute préalable sur un joueur argentin, et la validation du troisième but argentin malgré une phase litigieuse dans la surface quelques secondes plus tôt, qui aurait pu déboucher sur un penalty pour l’Égypte. « Soit ce sont deux fautes, soit il n’y a faute dans aucun des deux cas. Mais on nous a dit qu’ils n’allaient pas réarbitrer les actions », a-t-il tranché.
Thierry Henry appelle à la nuance
Le son de cloche est logiquement différent du côté argentin, où l’attention se porte davantage sur l’incroyable retournement de situation en fin de match, les larmes de Lionel Messi et une Argentine qui revit des sensations proches de son sacre de 2022. Les accusations de partialité y sont d’ailleurs fermement contestées.
Entre ces deux lectures opposées, Thierry Henry a tenté d’apporter un peu de recul. L’ancien international français a reconnu comprendre à la fois la frustration égyptienne et la conviction argentine que les bonnes décisions avaient été prises, avant de recentrer le débat sur l’enjeu central selon lui : « Le vrai problème, c’est la cohérence. (…) Les fans n’attendent pas la perfection. Les arbitres sont humains. Mais ils attendent que la même norme soit appliquée à chaque équipe, à chaque moment décisif. Si un incident fait l’objet d’un examen exhaustif, les supporters s’attendent naturellement à ce qu’un autre incident tout aussi important reçoive exactement la même attention. Quand cela n’arrive pas, la controverse devient inévitable. »
Une manière de résumer un climat qui dépasse désormais largement le seul cas égyptien, et qui place à nouveau la VAR et son application au cœur des débats de ce Mondial 2026, à quelques jours seulement des quarts de finale.
