A l’aube d’un grand retournement sur les bancs européens ?

 A l’aube d’un grand retournement sur les bancs européens ?

Le mois de novembre, une période redoutable pour n’importe quel entraîneur. Un moment où les dirigeants n’hésitent pas à faire sauter le premier fusible, celui du coach, quand les résultats ne collent pas avec les objectifs définis.

 

Un instant de tremblement pour ces sièges d’entraîneurs qui ne tiennent parfois plus qu’à un fil. Et effectivement, à l’image d’un Pochettino mis à l’écart par Tottenham, de nombreux postes sont dans une grande instabilité. Décryptage des prémices d’un bouleversement sur les bancs européens.

Des entraîneurs sur la sellette

Non, l’ex-entraîneur des Spurs n’est pas le seul à être en ballotage défavorable récemment. En allant seulement à quelques kilomètres du quartier de Tottenham, un autre coach est au bord du précipice depuis quelques semaines. Il s’agit bien sûr d’Unai Emery à Arsenal. L’espagnol n’a plus le droit à l’erreur et a reçu un ultime soutient de la part de ses dirigeants. En effet, les Gunners pointent au sixième rang du classement en Premier League, déjà à huit points de la quatrième place. Une situation d’autant plus délicate puisque le technicien basque ne bénéficie plus de l’aide du public ; il est désigné comme le responsable du mauvais début de saison de son équipe. Plusieurs reproches sont faits à son encontre comme celui de laisser d’écarter Mesut Ozil ou encore d’afficher une trop grande fragilité sur les matchs à l’extérieur et dans les grands rendez-vous (des problèmes déjà récurrents la saison dernière). Une situation électrique, marquée par l’affaire Xhaka, capitaine contesté et pris à parti par le public de l’Emirates : une affaire synonyme d’une quasi-cassure entre le club et Emery.

Autre homme vivement remis en cause depuis quelque temps maintenant : Ernesto Valverde. Coupable pour certains des deux humiliations subies une première fois à la Roma (3-0) en 2018 puis à Anfield en mai dernier (4-0), le basque est loin d’avoir conquis Barcelone depuis sa nomination. Pourtant, en passant un rapide coup d’oeil sur les tableaux, les Catalans sont en tête de Liga et de leur poule en Ligue des Champions. Des résultats néanmoins trompeurs lorsqu’on s’attarde à ce qui se passe sur le terrain. Des rencontres et une animation dépendantes de Messi, une équipe qui performe uniquement à domicile (déjà trois défaites à l’extérieur en Liga), et qui produit un jeu à des années lumières de la « Pep Team ». Des faits difficilement compréhensibles tant le Barça arrive à multiplier ses stars dans son effectif. Ces deux cas représentent assez bien les difficultés que rencontrent aujourd’hui les entraîneurs chez les cadors européens. On aurait pu également développer l’exemple de Lucien Favre, car sa place à la tête de Dortmund est controversée dans les médias allemands. Le BVB en manque d’inspiration sur le terrain, n’arrive plus à retrouver sa fraîcheur de l’an dernier, et peine à suivre la grosse cadence imposée par plusieurs clubs comme Fribourg, Leipzig ou Gladbach. A Manchester, Ole Gunnar Solskjær n’est plus l’homme providentiel du printemps dernier et rame chez des Red Devils qui tournent au ralenti en Premier League. Enfin, en Italie, Ancelotti n’est pas à l’abri de sauter dans cette période de crise napolitaine, et Conte à tendance à aller facilement au conflit avec les dirigeants nerazzurri…

A l’aube d’un grand changement ?

Certes, les sièges éjectables sont en voie d’être activés pour certains postes, mais il faudra peut-être attendre cet été pour assister à un total changement. D’abord parce qu’il est toujours compliqué de virer un entraîneur en cours de saison, par difficulté d’en trouver un autre qui voudra prendre en charge une équipe convalescente. Toutefois, deux gros clubs ont déjà eu recours au changement depuis la reprise : le Bayern en écartant Kovac et Tottenham en limogeant donc Pochettino. Et un jeu de chaises musicales vient sûrement de commencer. Les Spurs ont ouvert la partie en nommant très rapidement José Mourinho à la tête de l’équipe. Une nomination qui risque de changer beaucoup de plans, puisque le “Special One” était annoncé un peu de partout depuis son départ de United, à Arsenal, au Bayern ou même à Dortmund. De l’autre côté de la Manche, Uli Hoeness (président du Bayern) préfère temporiser, et a déclaré qu’Hansi Flick allait assurer l’intérim jusqu’à Noël.

Pour en revenir aux cas Valverde et Emery, il est difficile de voir ce premier ne pas finir la saison (à moins d’une élimination prématurée en C1 ou d’une sérieuse crise de points) grâce au soutien affiché par son directeur sportif Eric Abidal dans la presse espagnole (Sport ) : “Nous soutenons le coach. Si l’entraîneur voit qu’il peut s’améliorer, il faut lui faire confiance.“. Cependant, la fin de l’histoire devient envisageable en fin de saison car le contrat de Valverde termine -justement- en juin 2020. Les rumeurs à propos d’un éventuel futur successeur prennent déjà de l’importance ; Patrick Kluivert (directeur du centre de formation de la Masia) a d’ailleurs glissé subtilement le nom de Ronald Koeman (actuel sélectionneur des Pays-Bas) sur Rac1 : “Je connais très bien Ronald. […] C’est un très bon entraîneur, il fait de très bonnes choses avec la sélection néerlandaise.”. Concernant l’ancien de Séville et du PSG, les dirigeants des Gunners avaient fixé un contrat de trois ans dès son arrivée mais comportant une clause stipulant qu’Arsenal peut se séparer d’Emery au bout de deux ans (juillet 2020 dans ce cas), sans verser d’indemnités. Ce ne serait donc pas une surprise de voir cette clause s’activer cet été, si le technicien espagnol n’est pas licencié avant.

Pochettino, facteur X des décisions de cet été ?

Quel club arrivera à mettre la main sur l’un des entraîneurs les plus côtés actuellement ? Celui qui a su complètement relancer Tottenham depuis 2014, en l’emmenant d’abord vers quatre qualifications en Ligue des Champions puis vers une finale de celle-ci en 2019, fait déjà rêver plus d’un dirigeant, et deviendra une source de conflit entre les mastodontes d’Europe. On peut donc imaginer que Florentino Perez et le Réal Madrid sont sur la piste. Déjà dans les petits papiers du club après le départ de Solari l’année dernière, le nom de l’argentin pourrait rapidement refaire surface si Zidane replonge dans une crise similaire à celle du début de saison. Un projet merengue très alléchant qui aurait besoin d’un coup de neuf, avec une institution capable de répondre aux attentes pour ce qui est des investissements nécessaires à la progression , là où Tottenham et Daniel Lévy n’avaient pas totalement satisfait Pochettino en matière de joueurs. La porte du PSG peut pareillement s’ouvrir si Thomas Tuchel, lié avec le club de la capitale jusqu’en 2021, n’atteint pas les objectifs européens fixés par les qataris. Mais d’autres options apparaissent aussi. Pourquoi ne pas continuer l’expérience anglaise, en allant relancer un Manchester United à la recherche de ses moments de gloire ? Ou encore tenter l’aventure à Münich ? Une hypothèse pas improbable mais compliquée de l’envisager à cause d’une puissante barrière culturelle qui pourrait bloquer sa venue ou son intégration au sein du groupe, à l’instar de Carlo Ancelotti qui n’avait pas fait long feu. Quoi qu’il en soit, le feuilleton Pochettino vient seulement de débuter.

Allegri, Niko Kovac, Marcelino pour ne citer qu’eux sont aussi libres, et entreront dans cette future valse des entraîneurs qui plane sur les grands championnats. Un véritable mercato des coachs est entrain de se dessiner en prévision de l’été prochain, tant les possibilités de départs et d’arrivées sur les bancs des plus grands clubs d’Europe ne cessent d’augmenter.

Thibaud Convert

En attente du futur Fekir au Parc OL et admirateur des pénaltys de Messi. OL et Barça enthusiast.

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