Bojan, l’éclosion à retardement ?

 Bojan, l’éclosion à retardement ?

L’histoire de Bojan Krkic Pérez est similaire à celle de Freddy Adu. Celle d’un jeune crack bourré de talent qui, après avoir brillé aux yeux du monde étant jeune, n’y arrive pas une fois au-devant de la scène dans le monde professionnel.

Parfois, les liens de parenté ne suffisent pas pour tracer une carrière ! Et ce n’est pas le Catalan qui nous dira le contraire. Cousin de Lionel Messi grâce à leurs grands-pères, Bojan n’a pas connu une carrière de rêve alors que l’avenir lui était promis. Maintenant à l’impact Montréal en MLS depuis août 2019, la saison 2020 pourrait bien être celle de son éclosion à l’année de son trentième anniversaire !

Autopsie d’un échec

Les débuts du catalan de naissance était idyllique : 889 buts en sept ans au Barça B, une précocité rare et un talent s’apprêtant à côtoyer les grandes stars de l’équipe A.

À 17 ans il signe son premier contrat professionnel avec le FC Barcelone et devient le plus jeune joueur à marquer en Liga face à Villareal. Un mois auparavant, il était aussi devenu le plus jeune joueur à disputer un match de Champions League avec le Barça devant un certain… Lionel Messi !

Avec ces belles performances si jeune, les comparaisons avec la Pulga comme est surnommé Messi vont bon train. Pas facile à 17 ans quand au côté des meilleurs joueurs du monde, on se doit d’être tous le temps performant dans l’un des clubs les plus médiatisés au monde. Et malheureusement ces comparaisons et la pression médiatiques ont finalement eût raison de Bojan. Tout est tout simplement allé trop vite pour lui sans qu’il soit réellement prêt mentalement.

Tout commence en février 2008 avant un match amical entre l’Espagne et la France où il était sélectionné pour la première fois. Juste avant la rencontre, il est pris d’une crise d’angoisse l’empêchant de jouer. Suite à ça, il ne connaîtra finalement qu’une seule cape avec la Roja en septembre 2008 après avoir refusé de participer à l’Euro (que l’Espagne remportera)…

« Le Bojan de cet âge-là était à 100% joueur de foot. Mais il n’était pas prêt à supporter les répercussions médiatiques qui touchent un jeune de 17 ans qui joue dans un club comme le Barça »

Avouera-t-il à L’Equipe lorsqu’il évoluait à Stoke City

Ce mal a un nom : l’anxiété. Et dans le monde du football, peu s’en préoccupe et il s’en désole aujourd’hui. Mais ce qui le désespère par-dessus tout, c’est l’étiquette de « nouveau Messi qui lui colle à la peau partout où il passe en commençant par l’Italie où il a posé ses valises après Barcelone.

Finalement, il ne s’imposera donc jamais en Catalogne et décide de partir voyant qu’il n’avait pas la confiance de son entraîneur Pep Guardiola.

Bojan et Guardiola pendant la saison 2010-11.  (EFE)
Guardiola avait placé beaucoup d’espoirs en sa jeune pépite ! (Crédit photo : El Confidential)

Après le départ de son club formateur, Bojan enchaîne sept clubs entre 2011 et 2019 : AS Rome, Milan AC, Ajax Amsterdam, Stoke City, FSV Mayence, Deportivo Alavés et Impact Montréal !

Dès son arrivée dans la capitale italienne, il n’a pas été mis dans les meilleures conditions par son entraîneur de l’époque à la Roma Luis Enrique le faisant jouer à l’aile plutôt qu’à son vrai poste de second attaquant ! Cette décision lui fait alors perdre confiance et tout plaisir de jouer à tel point que ses mauvaises performances perdurent.

« Au Barça, il a été confronté à la concurrence, il y avait Messi, Villa et Pedro et avant Eto’o et Henry donc il n’a jamais pu avoir sa chance. Ensuite son échec à la Roma, Milan et Ajax, c’est du mental. Il était sûrement sonné par son échec à Barcelone et il n’a jamais su se redresser après cette chute même si je trouve qu’à Stoke City il a bien débuté mais ensuite Shaqiri lui a barré la route lui aussi. Je pense que mentalement, il a du mal, il a jamais été préparé comme il faut. Peut-être une montée trop rapide. »

Navid Rahnamaei, membre de la Penya Blaugrana de Paris et CM de Weeplay donne son avis sur les échecs de Bojan

S’en suis alors une longue descente aux enfers. Il ne retrouve pas son niveau qu’il avait en Espagne, ce niveau qui l’a tant fait briller chez les jeunes.

Bojan aura un Impact à Montréal en 2020 !

Après toutes ces péripéties européennes, quoi de mieux que de se couper de tout et repartir de zéro ? C’est en tout cas ce qu’il essaye de faire en signant en août 2019 à l’Impact Montreal en MLS.

Après une mi-saison plutôt convaincante au Canada ponctué de trois buts en huit matchs de championnat, il gagne même de nouveau un trophée après cinq ans de disette (champion des Pays-Bas avec l’Ajax Amsterdam) en remportant le Championnat Canadien.

Ensuite, il est bon de rappeler que Bojan Krkic joue essentiellement second attaquant ou milieu offensif. Et c’est justement à ces postes là que son nouveau club le fait jouer et surtout ce dont il a besoin pour se libérer mentalement et sportivement. L’utilisation du 4-4-2 et du 4-3-3 le met ainsi dans les meilleurs dispositions pour qu »il brille au cœur du jeu avec son nouvel entraîneur.

Henry – Bojan : une histoire d’amour qui redémarre ! (Crédit photo : Pinterest – Elton V.)

Et comme si les planètes n’étaient pas assez alignées, voilà qu’en fin de saison 2019 de l’Impact, le club annonce l’arrivée comme nouvel entraîneur de… Thierry Henry ! Et comme les deux hommes se sont côtoyés à Barcelone de 2007 à 2010 : ils se connaissent donc parfaitement !

« La très courte carrière de Bojan sous les couleurs de l’Impact de Montréal est tout de même très positive en date d’aujourd’hui. Le feu follet espagnol est déjà devenu un des chouchous des supporters grâce à de très bonnes performances sur le terrain, une vision de jeu supérieure à la moyenne et une impressionnante technique. De plus, Bojan a déjà marqué trois buts en seulement dix matchs joués au sein d’une équipe assez moyenne en 2019. L’arrivée de son ancien coéquipier Thierry Henry à la barre de l’équipe pourrait être bénéfique pour Bojan en 2020. L’ex-international français a longtemps conseillé l’espagnol au Barça, reste à savoir si cette relation grand frère-petit frère peut se transposer en relation entraîneur-joueur. »

Hady Raphaël, rédacteur en chef de Culture Soccer et supporter de l’Impact Montreal livre son avis sur Bojan dans son club.

Ce n’est pas avec sa première expérience sur le banc de l’AS Monaco que l’on peut déjà se faire une idée de la formation qu’adoptera Henry à Montréal. Mais les tendances vont vers une attaque à deux que ce soit en 4-4-2 ou 3-5-2. La deuxième solution pourrait néanmoins être privilégiée selon Hady Raphaël si aucun latéral ne venait renforcer l’effectif. Nul doute que le meilleur buteur tricolore voudra en faire sa pièce maîtresse pour le faire briller autour de joueurs tout autant talentueux avec un seul objectif : retrouver les Playoffs.

Ainsi, tous les feux sont au vert pour que Bojan révèle enfin son vrai visage à l’aube de ses trente ans loin de la pression médiatique, des comparaisons farfelues et encadré de joueurs prêt à jouer avec et pour lui. En 2019, il a ouvert son compteur de la plus belle des manières au meilleur des moments, presque un an après son dernier but avec Stoke City, ne lui reste plus qu’à confirmer…

Ce genre d’action pourrait être une habitude en 2020 si Bojan se libère bien de ses vieux démons !

Pour 2020, les supporters québécois espéreront surtout que ses performances fassent grimper l’Impact Montreal en Playoffs de la MLS qui les fuit depuis trois saisons et une certaine finale de conférence rocambolesque contre… Toronto FC !

Arnaud

CM de @MLS_FRA le compte référence sur la Major League Soccer ! Journaliste pour @_BeFoot ! Passionné de l'OM !

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