Champions League : Fin de règne pour le foot Espagnol ?

 Champions League : Fin de règne pour le foot Espagnol ?

La retentissante humiliation du FC Barcelone face au Bayern Munich a acté ce terrible constat pour le foot Espagnol : Aucun représentant du royaume n’est parvenu à se hisser dans le dernier carré de la Ligue des Champions. Si les Catalans ont pris la plus grosse raclée, leur rival historique le Real Madrid n’est pas en reste, battu aller –retour par Manchester City, de même que l’Atletico Madrid, sorti somme toute logiquement par les Allemands de Leipzig.

Après le moment du constat vient celui des explications : Comment déterminer les difficultés des clubs Espagnols, eux qui règnent sur le football Européen depuis tant d’années, que ce soit en Ligue des Champions avec le trio habituel composé du Real, de l’Atleti et du Barça, mais aussi en Europa League avec les victoires régulières de l’Atletico et du FC Séville ?

Tout d’abord, les situations de ces 3 clubs méritent chacune une analyse particulière.

Le Real Madrid, vainqueur de 4 Champions League en 5 ans, ne pouvait soulever le trophée éternellement, confirmant que le football est fait de cycles, et que tout champion tombera tôt au tard. Dans le cas des merengue, le départ de Cristiano Ronado est une explication majeure. De part sa capacité à marquer, galvaniser ses coéquipiers, et terroriser l’adversaire, le Portugais avait ainsi un impact considérable. Privé de son talent et de son mental, Madrid n’est plus le même. L’équipe est moins en confiance, l’adversaire un peu plus. Et cela se ressent sur le terrain. Une autre explication et non des moindres et évidemment l’absence de Sergio Ramos : Suspendu au retour contre l’Ajax pour avoir volontairement pris un carton jaune, croyant certainement la qualification acquise, le capitaine du Real a dû assister impuissant à la démonstration des Néerlandais (4-1) en 2019. Rebelote cette saison, Ramos étant suspendu après un rouge reçu au match aller face à City, avec une défaite 2-1. Le talent et l’état d’esprit de son numéro 4, si précieux dans ces matchs couperets, ont ainsi fait défaut aux hommes de Zidane.

Plus globalement, Madrid a tellement gagné qu’il est difficile de conserver le même niveau d’exigence requis afin d’enlever de telles rencontres. Zidane et sa direction devront ainsi s’atteler à poursuivre la reconstruction du fait du vieillissement de cadres ayant fait les grandes heures du Real. Rappelons cependant que celle-ci ne se déroule pas si mal, puisque Madrid est champion d’Espagne avec un quasi sans faute depuis le déconfinement.

Côté Barça, la fin de cycle est annoncée depuis plusieurs saisons déjà. Balayés par la Juve en 2017 (3-0), la Roma en 2018 (3-0 au retour), Liverpool en 2019 (4-0 retour) et donc le Bayern cette saison (8-2), les coéquipiers de Messi ne s’appuient plus que sur quelques individualités approchant doucement du déclin. L’absence de renouvellement de l’effectif à des postes clés, le manque d’anticipation des départs et vieillissement de certains piliers font aujourd’hui défaut à Barcelone, qui ne semble plus en mesure de rivaliser avec ses illustres concurrents. Les quelques arrivées semblent pour beaucoup être des échecs (Dembelé, Coutinho, Arthur, Semedo) et des postes clés, notamment les ailes et le milieu demeurent peu pourvus. Derrière les arbres Messi Suarez ou Ter Stegen se cache une forêt de joueurs pas au niveau, et de postes vacants. Et avec un budget amputé par la crise du COVID 19, pas sûr que la direction Blaugrana ait les moyens d’y remédier dans un futur proche.

 

L’Atletico a dû mal à grandir

 

Enfin l’Atletico Madrid, deux fois finaliste en 2014 et 2016 semble toucher les limites de son jeu basé sur la solidité défensive et l’agressivité. Eliminés au premier tour en 2017-2018, remontés 3-0 par la Juve l’an passé, et sortis par Leipzig cette saison, les hommes de Simeone semblent décidément peu à l’aise avec le statut de favori. Habitués à faire figure de surprise et d’outsider, ils ont ainsi changé de statut depuis 2016 et leur seconde finale de Ligue des Champions. Désormais, les voilà attendus au tournant comme n’importe laquelle des grosses écuries du continent. Une pression différente à laquelle les Colchoneros ont du mal à faire face, rendant la philosophie qui a fait leur succès ostensiblement obsolète.

Les clubs Espagnols, si dominateurs en Europe ces 15 dernières années semblent ainsi marquer le pas. Si des explications propres à chaque club peuvent être trouvées, la principale reste somme toute celle-ci : Le football, comme n’importe quel secteur d’activité est fait de cycle. Et peut-être celui des clubs Espagnols est-il tout simplement arrivé à son terme.

David Onana

Journaliste sportif

Laisser une Réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *