Après la victoire deux buts à un de Vasco de Gama face au Red Bull Bragantino, cette semaine, Dimitri Payet et les siens ont obtenu leur maintien dans l’élite. Cinq mois après son arrivée, l’ex-Marseillais a justifié son transfert, atteint son objectif, et par la même occasion mis une partie des Cariocas dans sa poche.
Vasco est en fête. Un peu moins de cinq mois après l’arrivée de Dimitri Payet à Rio de Janeiro, le maintien est finalement acté. Sur le gong, car « le Géant de la colline », 19e sur 20 cet été, a attendu la dernière journée du Brasileiro pour entériner sa place dans l’élite brésilienne la saison prochaine. Après avoir posé pied sur la terre du football, en août dernier, l’ancien Marseillais a reçu l’étiquette de sauveur. La seule arrivée du nouveau numéro 10 des Camisa Negra suffisait à rendre dithyrambiques ses supporters. “Vasco ne va pas dépendre de Payet, mais nous avons besoin de lui. C’est un joueur qui apportera beaucoup au club”, analysait David Maciel, fervent supporter du Vasco.
Même son de cloche du côté du microcosme français. “Concernant les attentes que possède le club envers Payet, le maintien reste l’objectif principal. Le but, c’est aussi de faire kiffer tout un peuple qui n’attend que ça, qui veut faire de Payet son roi”, estimait le fondateur du compte Vasco de Gama FR sur X (anciennement Twitter). Les Vascãinos ont très vite été persuadés de l’apport technique de leur nouvel attaquant. “Sa touche de créativité et de folie est parfaitement adaptée au peuple brésilien ainsi qu’à son football”, renchérit le français.
« Faire kiffer tout un peuple qui n’attend que ça, qui veut faire de Payet son roi. »
La tendance s’est confirmée pour sa première apparition (45 minutes), à Bahia : “Il ne s’est pas beaucoup distingué, mais quand il a eu le ballon, il a montré ce qu’il savait faire. Il a contribué à un but, il a aidé comme il l’a toujours fait à Marseille”, racontait David. Au jeu des pronostics, le néo-fan du numéro 10 lui prédisait “environ 5-6 buts, parce qu’il ne jouera pas toujours 90 minutes, mais aussi parce que le championnat est presque terminé.” Ce sera finalement un bilan comptable de 2 buts et 1 passe décisive en 17 rencontres. Les chiffres ne sont pas si flatteurs sur le papier, mais ô combien importants dans la lutte pour le maintien.
Les Camisa Negra font volte-face
Si l’ancien de l’OM a pris du temps à véritablement lancer sa saison, chaque rencontre qui se succédait laissait penser que “Dim” montait en puissance. Il n’en n’aura fallu que trois pour le voir être décisif. Une semaine après un premier succès 4-2 face à Fluminense, la recrue délivre une passe décisive pour sa première titularisation, face à Coritiba (4-2). « Payet est arrivé à un moment où Vasco était à la recherche d’un numéro 10, un milieu de terrain capable d’être créatif et de gagner des matchs. La situation étant dramatique, il fallait que quelqu’un entre en jeu et montre quelque chose de différent« , explique Vitor Seta, journaliste et correspondant pour O Globo à Vasco de Gama.
« Sa capacité de dribble, sa vision et sa finition » sont les qualités de Payet qui ont contribué au déclic de son équipe, d’après le suiveur des Almirante. De quoi mettre tout le monde d’accord ? Pas unanimement. Après deux rencontres, certains fans reprochaient à Payet de ne pas tenter sa chance face au but. Message bien reçu et réponse sur le terrain, à domicile, face à Fortaleza (1-0). D’une frappe à ras de terre, au niveau de l’entrée de la surface, le Français délivre les siens et ouvre son compteur.
Dimitri Payet après avoir délivré Vasco de Gama sur coup franc, face à América (2-1). © Icon Sport
En novembre, Vasco de Gama connaît une période faste avec trois victoires de rang. Dimitri Payet, « de plus en plus à l’aise physiquement« , juge le journaliste du quotidien brésilien, fait encore la différence, cette fois face à l’América de Mineiro. Le scoreboard affiche 1-1 à la 96e minute, mais tel un dynamiteur, l’attaquant envoie le cuire dans les filets sur coup franc. Game changer. « Face à Fortaleza et America, c’était le genre d’actions et de performances que les supporters ont toujours attendues de lui« , lâche Vitor Seta, qui nous rapporte que cela a conduit à ce que le nom de Payet soit crié avec beaucoup d’enthousiasme, à la fin du match contre Bragantino, mercredi.
Car quatre matchs plus tard, Vasco de Gama n’a obtenu que deux points et est toujours relégable. Mais l’histoire se termine bien, en postlude du championnat brésilien. À la maison, face au RB Bragantino, les Cariocas ont décroché la victoire (2-1) à dix minutes du terme. Pour Dimitri Payet, la mission est accomplie. Cette saison ne sera pas seulement gravée dans les mémoires comme celle du décès de la légende aux 700 buts Roberto Dinamite, mais aussi comme celle du maintien de Vasco de Gama.
À ce sujet, Dimitri Payet en est l’un des héros. “Il est considéré par les supporters comme l’un des principaux artisans du maintien en première division”, confirme le journaliste d’O Globo. “Payet a eu un réel impact sur l’équipe. On sent que lors de ses entrées, l’équipe tout entière se transformait”, relève Vasco de Gama FR. Lors de son arrivée à l’aéroport, le Franco-réunionnais avait été accueilli sous les feux d’artifices. Cette semaine, date de la fin du championnat brésilien, ce sont tous les supporters de Vasco qui ont des paillettes dans les yeux.
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