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Fumigènes en France : Problème de sécurité ou question d’argent ?

 Fumigènes en France : Problème de sécurité ou question d’argent ?

Théâtre d’un somptueux show visuel dimanche soir en prime-time sur Canal+, le Stade Geoffroy-Guichard de l’AS Saint-Étienne est désormais fermé jusqu’à nouvel ordre. En effet, après l’usage de nombreux fumigènes et même de feux d’artifices, une première en France dans un stade de football, les supporters stéphanois ont vu la commission de discipline de la LFP se réunir exceptionnellement ce lundi pour frapper fort et ainsi opter pour une mesure de huis-clos total à titre conservatoire. Nous avons donc décidé de nous pencher sur la question des fumigènes dans le football en France.

 

Ancré dans la culture ultra

Tout d’abord, il faut savoir que la loi française punit l’introduction et l’usage d’engins pyrotechniques dans les stades depuis la loi Alliot-Marie de 1993. Néanmoins, du côté des ultras français la pilule n’est jamais passée et ne passera sans doute jamais. Faisant parti intégrante de leur culture, les ultras estiment que les fumigènes sont des choses essentielles dans l’animation d’une tribune et qu’il n’y a jamais eu de blessures graves dû à ceux-ci.

Il est d’ailleurs compliqué voir impossible de prouver le contraire. Les principaux acteurs du football ne s’en sont jamais pleins si ce n’est les instances qui se remplissent grassement les poches avec de nombreuses amendes. De plus, même les médias se servent régulièrement d’images de tribunes en feu, grâce aux fumigènes, pour leur spots publicitaires.

Une pluie d’amendes

La ligue de son côté utilise elle de plus en plus souvent le tout-répressif pour contrer les ultras. Afin d’aseptiser nos stades et de les rendre soit disant “moins dangereux”, la commission de discipline enchaîne les amendes et les sanctions sévères d’années en années. Néanmoins, comme l’explique l’Association National des Supporters, les fumigènes sont loin d’être le principal problème du football en France. Pourquoi sont-ils alors la cible récurrente de la Ligue ? Sûrement une question de gros sous et non de sécurité.

En atteste d’ailleurs le montant total des amendes payées pour l’usage de fumigènes par les clubs de Ligue 1 à la Ligue la saison dernière : 1,62 million d’euros. Un chiffre colossal pour des actes semblent-ils très très peu dangereux et qui n’ont engendrés aucun drame.


Le Graët part en guerre

Pour beaucoup, les ultras sont des “méchants” mais il faut avant tout rappeler que ce sont des supporters cherchant à faire vivre au mieux leur enceinte qui leur est si chère. Pour vous donner un exemple assez clair, sachez que l’utilisation de fumigènes n’engendrent quasiment pas ou peu de perte de temps dans un match de football, au contraire du nouvel outil qu’est la VAR, qui elle fait perdre un temps monstre et met en pause le spectacle que devrait-être une rencontre de foot. Qui sont alors vraiment les personnes cherchant à nuire à notre sport ? Les “méchants ultras” ou ceux qui tirent les ficelles ?

Il est légitime de se poser la question. Noël Le Graet, président de la FFF, a d’ailleurs déclaré la guerre aux fumigènes depuis de nombreux mois et s’en plaint souvent comme l’atteste ses derniers propos tenus lors de l’assemblée fédéral de l’instance : “Dans cinq ou six stades, on peut difficilement jouer au football parce qu’il y a les fumigènes ou en raison de la conduite de certains spectateurs, qui veulent soit changer de président, d’entraîneur ou de joueur.”. Par ses dires, celui-ci explique clairement que les fumigènes dérangent, mais dérangent qui ?

Dire qu’on ne peut pas jouer au football et une aberration, surtout lorsque cela sort de la bouche d’un des patrons du football en France. Les fumigènes sont tolérés et même monnaie courante dans de nombreux autres événements mais visiblement pas dans le foot en France, sport le plus populaire du pays.

Un compromis semble compliqué à trouver entre toutes les parties concernées et les instances arriveront sans doute à leur fin au bout d’un moment. La lutte avec les ultras ne fait que commencer et au vu des répressions récurrentes qui leur tombent dessus, nul doute que cette guerre est loin d’être finie. Le stade Geoffroy-Guichard de l’ASSE, surnommé le Chaudron, ne va sûrement plus beaucoup bouillir cette saison, au grand dam de tous les amoureux de notre sport. 

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