La fin de la suprématie munichoise ?

 La fin de la suprématie munichoise ?
7 années de dominations. 7 saisons d’hégémonie où tout aura été parfait, ou presque. C’est un fait, le Bayern domine le football allemand, et personne ne vous dira le contraire. Que ce soit en Allemagne ou dans toute l’Europe, le nom du Bayern Munich fait trembler.

Aucun championnat national ne leur a échappé depuis la saison 2012/2013. Un véritable récital : une démonstration. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et les bavarois ont peut être affiché leurs limites. Après 16 journées écoulées, la saison du FCB semble mal embarquée, bien que rien ne soit perdu.

3ème de Bundesliga, les joueurs d’Hans-Dieter Flick pointent à 4 points des leader, le Borussia M’Gladbach et le RB Leipzig. Ce dernier, club juvénile promu pour la première fois en Bundesliga en 2016, inflige une cadence que même le grand Bayern peine à suivre. Die Roten n’est que très peu habitué à vivre cette situation, étant plus accoutumé de se retrouver en position de chassé plutôt que de chasseur.

En Allemagne, le Bayern règne en maître.

Depuis le Dortmund de Jurgen Klopp en 2012, aucune équipe n’est parvenue à rafler le titre national aux munichois. Lors de cette saison, le Bayern avait terminé avec 8 points de retard sur le Borussia. S’en suit alors 7 ans de pouvoir avec au maximum 91 points au compteur, et jusqu’à 25 points d’avance sur son dauphin. Le FC “Hollywood” parvient à franchir la barre des 88 buts à 5 reprises en 7 saisons, dont 98 buts inscrits lors de la saison 2012/2013, preuve d’un attaque sans pitié. Malgré les changements fréquents d’entraîneurs (6 changements depuis 2013), les bavarois sont souvent parvenus à maintenir un niveau de jeu élevé, notamment en Bundesliga. Du Tiki Taka de Pep Guardiola au jeu offensif de Carlos Ancelotti, l’équipe a toujours su s’adapter.

Le Bayern avait l’avantage (et l’a toujours) de compter dans ses rangs de nombreux joueurs cadres, comme Manuel Neuer, Philipp Lahm, Bastian Schweinsteiger, Thomas Müller, Franck Ribéry, Arjen Robben ou encore Robert Lewandowski. Un effectif riche, avec des postes doublés qui ont permis, et qui permettent encore au club de jouer sur plusieurs tableaux. En atteste ces 17 titres glanés en 7 ans, dont la Ligue des Champions et la Coupe du Monde des Clubs en 2013, plusieurs Coupe et Super Coupe d’Allemagne ainsi que sept Bundesliga. 

À la recherche d’un second souffle

Malgré un Lewandowski extraordinaire (19 buts en 16 journées de championnat) et un Thomas Müller chirurgical (10 passes décisives), les rouges et blancs luttent péniblement pour garder leur couronne cette saison. Les débuts semblaient pourtant partir comme à l’ordinnaire avec 4 victoires et 2 nuls en 6 matches. Mais depuis octobre, la machine semble s’être grippée. Une première défaite 2-1 à domicile face à Hoffenheim lors de la 7ème journée puis un nul dans la foulée à Augsburg (2-2). L’entraîneur, Niko Kovac, en poste depuis juillet 2018, se retrouve rapidement en danger. Ce dernier est vivement critiqué, coupable de proposer un jeu pauvre, indigne des ambitions du Bayern. Son équipe ne séduit plus, même lorsqu’elle enchaine 3 victoires d’affilées fin octobre, dans 3 compétitions différentes et face à des adversaires largement à leur portée (Olympiakos en Ligue des Champions, Union Berlin en championnat et Bochum en DFB Pokal, club de deuxième division où Munich est mené jusqu’à la 83′).

À l’entame de la 10ème journée de Bundesliga, le Bayern Munich est deuxième à 1 petit point du Borussia M’Gladbach, et devance de peu ses poursuivants (3 points d’avance sur le Bayer Leverkusen, 8ème). Autant dire qu’une victoire face à Francfort est grandement attendue. L’entame de match est catastrophique, la VAR accordant un pénalty à l’Eintracht et l’arbitre excluant Jérôme Boateng pour celle-ci dès la 9′. À la mi-temps, Munich est mené 2-1, mais va sombrer en seconde période pour finalement s’incliner 5-1. Dans le même temps, le leader M’Gladbach remporte son duel sur Leverkusen et prend 4 points d’avance sur le Bayern. Leurs principaux concurrents, Leipzig et Dortmund, décrochent tout deux la victoire dans leurs matchs respectifs. Les joueurs bavarois sont relégués à la 4ème place du championnat, à 4 points du leader et avec seulement 3 points d’avance sur la 10ème position. L’entraîneur munichois est lâché par ses joueurs et la direction émets des doutes quant à sa légitimité au poste d’entraîneur du club. Le quotidien Bild titre : “Quels arguments reste-t-il pour garder Kovac, abandonné par sa propre équipe ?”. Kicker, l’autre grand tabloïd allemand, indique que les joueurs sont de plus en plus critiquent envers leur coach : “les joueurs dénoncent le manque de souplesse tactique et de solutions de jeu en attaque” ainsi qu’un “entraînement trop axé sur la défense”.

De plus, cela faisait 10 ans que le club n’avait pas perdu par 4 buts d’écart (défaite 5 buts à 1 le 4 avril 2009 sur la pelouse d’un Wolfsburg futur champion). C’est la défaite de trop pour Karl-Heinz Rummenigge et Uli Hoeness qui décident de licencier Niko Kovac au lendemain de cette lourde défaite. Les deux patrons de l’ogre allemand choisissent Hans-Dieter Flick, arrivé cette saison au club en temps qu’adjoint pour occuper le poste d’entraîneur.

Repartir de l’avant

Avec un nouvel entraîneur à sa tête, le Bayern tente de remettre la machine en marche. Flick étrenne son nouveau costume de manager à l’occasion de la 4ème journée de Ligue des Champions face à l’Olympiakos, trois jours après sa nomination. Le Bayern l’emporte 2-0, une victoire sans panache et une équipe qui ne convint toujours pas.

Paradoxalement, c’est face à son ennemi, le Borussia Dortmund, que le Bayern Munich va brutalement repartir de l’avant. Dans le Klassiker, les bavarois sont irrésistibles et foudroient un Dortmund inoffensif (0 tir cadré) en l’emportant 4-0. Après la trêve internationale, le Bayern enchaine avec une nouvelle victoire 4-0 sur la pelouse de Düsseldorf, puis un succès probant sur la scène européenne face à l’Étoile Rouge de Belgrade (6-0). 16 buts en 4 matches et une cage inviolée : les débuts d’Hans-Dieter Flick sont idyllique et le Bayern Munich semble avoir retrouvé des couleurs. Mais le club de Bavière est toujours mal en point. Au bout d’un match serré et avec beaucoup d’occasions, Münich s’incline face au Bayer Leverkusen (2-1). La maladresse et un manque de chance cruel (4 poteaux) empêchent le club bavarois d’arracher un bon résultat. Ce sont les premiers buts encaissés et les premiers points perdus pour Flick. Avec ce mauvais résultat, son équipe est dans l’obligation de battre Mönchengladbach, leader du championnat avec 4 points d’avance sur les rouges et blancs.

Mais là encore, le Bayern trébuche. Menant au score grâce à Ivan Perisic, les bavarois sont surpris sur corner par l’ancien rennais Bensebaini qui égalise, avant que ce dernier n’offre la victoire aux siens sur pénalty en toute fin de rencontre. Le Bayern est bel et bien malade. Contrairement aux saisons passées, l’équipe peine à plier un match, et cela devient récurrent. “Comme contre le Bayer, c’est un match qui aurait dû être plié plus tôt. L’équipe a de la qualité pour marquer, mais malheureusement, nous ne le faisons pas pour l’instant” commente Hans-Dieter Flick. Une situation frustrante donc, et Joshua Kimmich tire la sonnette d’alarme : “Je suis énervé. C’est à devenir fou. les signaux d’alarme nous étaient déjà adressé avant le match, l’équipe savait. ceux qui n’ont pas encore compris la situation sont de mauvaise foi, et ceux qui pensent qu’il va se passer la même chose que la saison dernière se trompent”. Malgré deux récentes victoires sur Brême (6-1) et Fribourg (victoire 3-1 sur le fil), les doutes ne sont pas levés.

Affichant autant de défaites que sur toute la  saison passée en championnat (4 défaites), Hans-Dieter Flick doit trouver la bonne formule pour guérir une équipe en souffrance. D’autant plus que si leur parcours en Ligue des Champions venait à se prolonger, la tâche du Bayern pour refaire sont retard en Bundesliga n’en serait que plus compliquée. Sur le trône d’Allemagne depuis 2013, le club munichois n’a jamais été aussi menacé. 

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Raphaël LG

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