Les règles qui ont changé le foot : le Hors-Jeu #1

 Les règles qui ont changé le foot : le Hors-Jeu #1

Les 17 lois du football ont toujours fait débat dans l’histoire de ce sport. Pour ce premier article, c’est la règle du Hors-Jeu que nous allons décrypter.

Aujourd’hui les débats se concentrent sur l’utilisation ou non de la VAR. Celle-ci est très clivante et les amoureux de football sont très partagés sur le sujet. Les mains dans la surface et les hors-jeux sifflés par la VAR sont les principales sources de débats. Ces deux règles nous paraissent évidentes à mettre en place mais quand le football a été créé, cela ne l’était pas. Dans cette mini-série, nous allons nous intéresser à ces règles, ces évolutions que le football a connu afin de devenir le jeu que l’on connaît actuellement.

La naissance du Hors-Jeu :

Le football est créé par les anglais dans les années 1860. A la base, les premières règles du foot appelées « Cambridge Rules » puisqu’elles ont été érigées à l’Université de Cambridge en 1863 ne parlent pas de hors-jeu. Pour attaquer il faut soit passer le ballon en arrière soit dribbler, cela nous rappelle le sport ovale que les anglais adorent. En 1866 le Hors-Jeu est créé, 3 défenseurs doivent se situer derrière l’attaquant lorsqu’il reçoit le ballon sinon il est hors-jeu. Le Hors-jeu se décide alors au moment où le joueur touche le ballon et non au départ de la passe comme aujourd’hui.

Les 1ère modifications :

Il faut noter que les règles du football deviendront uniques qu’en 1886, lors de la création de l’IFAB (l’International football association Board). Jusqu’alors, les règles changent d’un club ou d’une université à l’autre. Entre les différents pays britanniques les règles ne sont pas les mêmes et certains pays n’ont pas de Hors-Jeu dans leurs règles. Le rôle de l’IFAB est alors d’unifier ces règles pour créer un code commun. Cela facilitera l’organisation de rencontres internationales.

L’IFAB est d’ailleurs toujours actif puisqu’il est l’organisme qui modifie et fait évoluer les règles aujourd’hui encore. Cet organisme est critiqué car il est composé essentiellement de britanniques (anglais, écossais, gallois, nord-irlandais) car ce sont les créateurs du jeu. L’avis de la FIFA est important mais les grands pays de foot n’ont pas assez d’importances dans cet organisme selon beaucoup de spécialistes. Toujours est-il qu’en 1886 cet organisme est très utile. Pour autant le hors-jeu n’est pas encore celui que l’on connait actuellement.

Une révolution :

C’est dans les années 20’ qu’un tournant va se faire. Cette règle agace tout le monde en Angleterre à cause d’une tactique défensive mise en place qui dénature le jeu. Un attaquant est hors-jeu s’il n’y a pas au moins 3 joueurs entre lui et le but adverse quand il a le ballon. Les équipes laissent donc un joueur systématiquement aux abords de sa propre surface et qui ne monte jamais. Ce rôle était appelé « sweeper », le balayeur en français. Ainsi, si un attaquant partait en profondeur, il y avait toujours un défenseur derrière pour l’arrêter. En 1921, le hors-jeu sur touche et corner n’existe plus et le joueur est hors-jeu que s’il fait action de jeu, ce qui n’était pas toujours le cas au début du XXème siècle. Cette évolution ne changea pas grand-chose et le football devenait ennuyeux. Les anglais ont connu à cette époque une baisse du nombre de spectateurs dû en grande partie à un spectacle inexistant et des buts de plus en plus rares.

En 1925, l’équipe de Newcastle va être à l’origine de la très grande révolution. Cette équipe était adepte du « sweeper » et venait de faire 6 matchs de suite conclus par un 0-0. Les instances décidèrent alors de changer le hors-jeu et de passer à deux défenseurs pour le couvrir au lieu de trois. Ainsi, le dernier défenseur ne pouvait pas rester trop bas sinon l’attaquant adverse jouerait plus haut. La différence est énorme, en 1925-1926, un match de football anglais se jouait avec 2,5 buts en moyenne. La saison suivante, après le changement de règle, les matchs se jouent avec 3,7 buts par match. Un spectacle retrouvé et un football plus alléchant ont permis au football de retrouver ses spectateurs.

Une règle quasiment inchangée :

Le hors-jeu en 1926 et le hors-jeu aujourd’hui sont quasiment les mêmes. En 1978, une modification a été faite, l’attaquant n’est plus hors-jeu si le ballon lui est arrivé par un geste involontaire de l’adversaire. Heureusement que cette règle existe, elle a permis de valider le magnifique but de Giroud lors du match aller des 1/8 de finales de Ligue des Champions entre Chelsea et Atlético, sans celle-ci, il aurait été refusé. A part cela, le hors-jeu est resté le même tout ce temps, mais il revient à la surface avec un grand débat.

Doit-on modifier la règle du hors-jeu ?

Sur le principe, le hors-jeu ne changera pas, il est la 11ème des 17 lois du football et est essentielle au jeu. Cependant, nous voyons de plus en plus de voix s’élever pour une modification de la règle. Arsène Wenger a proposé il y a quelques mois de considérer le hors-jeu d’un joueur s’il est 10 centimètres au-delà du défenseur. Cela permet d’avoir une marge et d’éviter les hors-jeux qui se jouent au millimètre. Le problème étant qu’un arbitre assistant ne peut pas voire si un joueur est au-delà de ces 10 centimètres, seule la VAR avec ses mesures peut le faire, ce qui en demanderait l’intervention encore plus systématique. Cette règle semble difficile à mettre en place.

D’autres, à l’image de Di Meco que l’on entend souvent aux commentaires de RMC Sport, pensent que l’assistant ne doit pas attendre la fin de l’action pour lever son drapeau. La règle étant que l’assistant doit attendre la fin de l’action car s’il lève son drapeau et que le jeu s’arrête alors qu’il s’est trompé, alors une occasion de but est ratée. Di Meco comme tant d’autres, pensent qu’il ne faut pas attendre car des blessures peuvent arriver au cours de l’action et qu’il est inutile de la poursuivre si l’assistant est sûr de lui.

Comme vous le voyez, le hors-jeu a, fait et fera toujours débat au sein du monde du football. Tous les assistants du monde, professionnels ou amateurs, se sont fait insultés par les supporters et les joueurs suite à une décision. Si la règle peut changer, une chose est sûre, c’est que les insultes resteront et ce pour l’éternité.

kilian Murtos

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