Les Réservistes : Une vision du football et du journalisme

 Les Réservistes : Une vision du football et du journalisme

Les Réservistes est une émission de football indépendante qui a vu le jour fin 2017 sous l’impulsion de Mikael Marciano, personnage passionné et ambitieux. Son collègue et ami, Yasser Salfiti a, lui, rejoint l’équipe très tôt et a pu assister à l’évolution spectaculaire de ce programme qui, doucement mais surement, est en train de se faire une place parmi les émissions de football. Double entretien.

Mikael Marciano (à gauche) et Yasser Salfiti (à droite)
Comment a débuté votre aventure avec Les Réservistes ?

Mikael : Avec mon cousin on a eu l’idée de créer une émission de football hebdomadaire qui traite de football et uniquement de football (européen). On a eu la chance d’avoir dès le départ du matériel car les premières versions de l’émission ont eu lieu à l’Institut Européen de Journalisme, l’école où j’étais étudiant. Et de fil en aiguille on a augmenté le rythme en faisant plusieurs émissions par semaine sur un vrai plateau, alors qu’avant on était sur des canapés, c’était un peu plus à « l’arrache » mais c’est comme ça que ça a débuté.

Yasser : Au moment où je débute, je bosse à Sud Radio, à Canal + en tant que JRI, je m’occupe aussi de Sidney Govou, ce qui fait que, forcément, j’ai un pied dedans. Mais dès le départ, le ton et la ligne éditoriale de l’émission m’ont plu, ce qui m’a amené petit à petit à faire de plus en plus d’émissions. J’ai directement voulu m’investir dans ce projet.

Le studio de l’émission dans les locaux de l’IEJ Paris.
L’émission a dû trouver son rythme, son ton, qu’est-ce qui définit Les Réservistes aujourd’hui ?

Mikael : Je crois que dès la 4/5ème émission, je définis les grandes lignes de ce que seront le ton et la ligne du programme. J’ai toujours eu horreur de la place donnée à l’extra sportif dans ce pays et dès le départ j’ai voulu marquer ma position afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté vis-à-vis de ça. Pour l’anecdote, quand j’étais étudiant, j’ai dit à un de mes professeurs que je n’aimais pas les journalistes. Il l’a pris pour lui mais je lui ai dit que c’était général et qu’en France, le traitement de l’information me rendait fou. Ça c’est le point principal, mais s’est ajouté avec le temps un humour, une ambiance, une certaine idée de la manière de traiter le football qui, pour moi, n’existe pas en France. 

Yasser : Pas de hors terrain tout simplement. Je pense que c’est ce qui définit le plus clairement l’émission. Je n’ai pas la virulence et l’engagement de Mikael vis-à-vis de ça mais je suis totalement d’accord avec lui sur ce point.

L’émission est en train de vraiment trouver sa place, comment s’est passé l’évolution ?

Mikael : On est resté plus d’un an à l’IEJ, on a essayé une tonne de trucs là-bas et on les remercie, mais il a fallu se détacher de l’école et passer ce cap. On est donc arrivés à VL grâce en grande partie à Yasser (locaux de radio et de diffusion) le 13 novembre dernier, et pour être honnête, c’est aller plus vite que prévu. Parce que entre juillet et novembre, on poste du contenu sur les réseaux certes, mais on fait plus d’émissions, et on s’attendait à perdre beaucoup de monde, finalement, tout s’est très bien passé et on commence à pouvoir distinguer un public qui s’est fidélisé. 

Yasser : On a voulu stopper cette dépendance à l’école, il fallait qu’on prenne notre envol pour pouvoir mettre en place tout ce qu’on voulait. Je connaissais les dirigeants de VL et ça s’est fait très rapidement. Aujourd’hui on a beaucoup plus de possibilités et l’évolution coïncide avec ce changement de locaux. 

Le nouveau studio de l’émission dans les locaux de VL Média.
Il y a eu des moments très difficiles avant tout cela, comment avez-vous affronter ça ?

Mikael : Je n’ai jamais perdu espoir, mais des fois j’étais à deux doigts, quand tu as du matériel qui déconne, des problèmes inattendus, que tu gagne pas d’argent, que ton entourage et ta famille te disent que ça sert à rien, tu es abattu mais tu lâches rien et heureusement, c’est la passion qui t’anime et qui te permet de continuer. J’aurais pu faire des piges pour des médias, faire des stages, faire le chemin classique, mais je n’ai jamais eu envie de ça, au fond de moi je savais qu’il y avait quelque chose à faire. Il y a avait un manque à combler dans le paysage footballistique en France, et Les Réservistes a le potentiel pour le faire, et ça je l’ai toujours su. 

Yasser : J’ai une anecdote : Après une émission, tu as la mère de Mikael qui l’appelle et qui l’incendie au téléphone, ils s’engueulaient. Elle ne comprenait pas pourquoi il s’obstinait. Pareil pour ma mère, j’étais fier de lui montrer quand on avait 1000 abonnés, elle ne comprenait pas à quoi ça rimait. Aujourd’hui elles partagent toutes les émissions (rires) et sont admiratives. 

C’est des sacrifices au quotidien, des détracteurs, comment vous l’avez vécu ?

Mikael : Je savais que la ligne que je défendais ne plairait pas à tout le monde, mais je m’en fous, je fais ça pour les passionnés, ceux qui aiment le foot et pas ce qu’il y a autour. 

Yasser : Tu auras toujours des mecs pour critiquer, et quand tu fais ce métier tu le sais, tu t’y prépares. 

L’émission a trouvé son rythme de croisière, un dernier mot sur vos attentes pour le futur ?

Mikael : Après une soixantaine de chroniqueurs essayés, des centaines d’émissions, on y voit un peu plus clair, il faut continuer à bosser et à conserver ce qui fait notre force : l’authenticité et le football, rien que le football. 

Yasser : On n’a pas d’objectifs chiffrés, mais on sait ou on va. Il faut continuer ainsi, on est sur la bonne voie.

L’émission qui vient de réaliser son record d’audience (150 000 vues cumulées), semble avoir trouver sa ligne directrice. Mais les deux hommes gardent la tête froide et savent que le plus dur reste à faire, tout en restant authentique pour garder cet esprit « Réservistes » qui est petit à petit en train de s’installer dans le monde médiatique.

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Guillaume D.

Etudiant en journalisme à IEJ Paris. Chroniqueur chez "Les Réservistes". 19 ans.

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