Luis Campos : l’homme qui fait gagner des millions !

 Luis Campos : l’homme qui fait gagner des millions !

L’AS Monaco est parvenu, lors de la saison 2016-2017, à contrarier l’hégémonie parisienne, qui n’en finissait plus d’enfiler les sacres depuis 2013, en remportant le 8ème titre de son histoire. Depuis, le PSG a repris sa routine mais pourrait bien être une deuxième fois contrarié, par Lille cette fois-ci, qui vire en tête, à 6 journées de la fin. Mais quel est le point commun entre ces deux équipes ? Elles ont toutes les deux été entre les mains d’un homme, Luis Campos.

En effet, le Portugais est passé par le Rocher (2013-2016) avant d’atterrir à Lille, club qu’il a quitté en décembre. Et dans les deux clubs, ce scénariste de l’ombre, qui a fait l’équivalent de dix tours du monde en 2018, est régulièrement parvenu à bâtir des équipes très fortes, bien huilées et capables de lutter pour les sommets.

Pourtant, la tâche était loin d’être simple : chaque été, Campos voyait les joueurs qu’il avait déniché partir, le plus souvent à l’étranger. Bâtisseur puis vendeur : voilà la grande mission qu’il occupait. Sans club depuis son départ du LOSC, nous vous dévoilons un grand dossier sur le Portugais !

Campos, l’homme dénicheur de pépites…

Luis Campos dispose de scouts, qui partent explorer dans les quatre coins du monde et qui envoient des analyses ainsi que des rapports sur les joueurs détectés au logiciel du Portugais, intitulé “Scouting Système Pro“. Si trois de ses scouts accordent une note de 4 sur 5 à un joueur, Campos consulte alors les vidéos du joueur et se déplace, si le joueur en vaut la peine.

À l’issue des observations, une nomenclature est établie pour classer les joueurs en 6 catégories et les premiers noms sont présentés à l’entraîneur.

Les pépites suivantes ont donc été détectées grâce à cette organisation hors pair :

1. Fabinho

Le gestionnaire. Quand il est arrivé sur la pointe des pieds à l’été 2013 (faible option d’achat en provenance de Rio Ave), au milieu des Falcao et des James, impossible de prédire qu’il deviendrait l’un des plus gros coups de Luis Campos, tant son CV n’avait rien d’impressionnant. Mais très vite, Fabinho s’est imposé, dans un premier temps en tant qu’arrière droit avant de découvrir le poste de sentinelle, un soir de Ligue des Champions, face aux Gunners où l’ASM s’était brillamment imposé 3-1. Sa saison la plus aboutie sera celle qui verra son club être sacré champion de France, après un parcours formidable, en 2016-2017.

Doté d’un sang-froid à toute épreuve, le joueur des Reds s’est aussi fait connaître sur pénalty où sa précision chirurgicale lui a longtemps valu le surnom “Monsieur 100%.” Longtemps convoité par le PSG où il était à deux doigts de signer en août 2017, Fabinho restera une saison de plus car Monaco l’avait bloqué et ne manquera pas de professionnalisme. Une très belle mentalité. Le milieu défensif, cédé environ 50M€ du côté de la Mersey arrive, logiquement, en tête de cette première rubrique.

     2.  Gabriel

Le patient. Gabriel, arrivé à Lille lors du lancement Lopez, a été l’archétype du joueur qui attend patiemment sa chance et qui ne baisse pas les bras. Après un prêt écourté à Troyes puis un rebond obligatoire à Zagreb parce que le LOSC avait atteint son quota d’extra-communautaires en février 2018, Gabriel est le cinquième choix de Christophe Galtier la saison suivante. Derrière Edgar Ié et Yves Dabila, le Brésilien, mine triste, n’est pas sur la pelouse malgré des entraînements sérieux et appliqués.

Mais le déclic arrive ensuite… avec le départ d’Ié vers Nantes au mercato hivernal et une blessure de Soumaoro, l’ancien joueur d’Avaí a l’opportunité de jouer et l’a saisit face à Guingamp. Convaincant face aux Bretons, Gabriel ne lâche plus sa place, devenant inamovible.

Avec l’avantage d’être gaucher, il est devenu l’élément incontournable de la défense nordiste l’an passé en étant le deuxième meilleur tacleur (85,4 % de tacles réussis) des cinq grands championnats, derrière Francesco Acerbi (90,8 %). Vendu une trentaine de millions d’euros à Arsenal, Campos a su parfaitement le remplacer.

     3. Zeki Çelik

La révélation. Recruté en provenance d’un club de deuxième division turque (Istanbulspor) pour un montant avoisinant les 1M€, Zeki Çelik a connu une ascension fulgurante et est sans aucun doute l’une des plus belles trouvailles de Luis Campos. Alors qu’il était arrivé dans l’optique d’être le suppléant de Kévin Malcuit, le numéro 2 des Dogues a profité du départ de l’ancien stéphanois vers le Napoli pour s’imposer très rapidement.

Titulaire dès les premiers matchs où il délivre une première passe décisive en amical contre Leicester puis bis repetita quelques jours plus tard face à Rennes pour Mothiba, Campos ne sent pas le besoin de remplacer Malcuit mais plutôt de doubler le poste du jeune turc avec l’arrivée de Jérémy Pied. Précurseur de l’arrivée de ses compatriotes (Yazici, Yilmaz, Kapi), Çelik a beaucoup progressé et est titulaire en équipe nationale.

Même s’il peut traverser une période de moins bien dans la saison, le latéral droit dispose d’une belle qualité technique et aime aller vers l’avant dans son couloir. Suscitant régulièrement les convoitises à chaque mercato et avec l’opportunité de se montrer à l’Euro cet été, difficile de le voir rester. Une nouvelle plus-value à prévoir donc sur ce dossier.

     4. Thomas Lemar

Le remuant. Pensionnaire du Stade Malherbe de Caen, le Guadeloupéen ne joue que des bouts de matchs avec les Normands (6 titularisations) et pourtant, le talent est là. Mais Campos prend le risque et le résultat parle pour lui. Une très belle progression avec deux premières saisons étincelantes où l’international français marquera des buts cruciaux (Marseille, Tottenham).

Un joueur très technique, qui évolue aujourd’hui à l’Atlético Madrid, où il est enfin devenu performant après deux saisons plutôt décevantes. Vendu près de 72M€, Monaco s’est bien frotté les mains à l’époque puisque Lemar sortait d’une dernière saison décevante, la tête ailleurs selon certains supporters.

     5. Rafael Leão

Le joyau. Avec Rafael Leão, Luis Campos aurait pu s’embarquer dans une situation très risquée puisque le jeune avant-centre portugais sortait d’un litige juridique avec son club formateur, le Sporting Portugal. Le joueur des Rossoneri avait en effet rompu unilatéralement son contrat après un scandale financier et une intrusion au centre d’entraînement du club lisboète. Mais finalement, Lille n’a pas été condamné et est sorti indemne de l’affaire alors que le club portugais réclamait 40M€, soit le montant de sa clause libératoire.

Gratuit, “le Mbappé portugais” ne passe qu’une saison dans le Nord, suffisant pour démontrer toutes ses qualités techniques à Pierre-Mauroy. Précoce, rapide et spectaculaire, Leão inscrit 8 réalisations en 26 matchs (TCC) à 19 ans. Un véritable crack, que Milan s’offrira en déboursant 35M€ (+ 20%), à l’été 2019. Un passage bref mais intense.

Le directeur sportif lillois profite par ailleurs de cette opération pour récupérer le prometteur Tiago Djaló, qui s’est parfaitement rattrapé face au PSG le 4 avril dernier alors qu’il avait pris l’eau deux semaines plus tôt. Dépannant essentiellement sur le côté droit de la défense suite aux absences régulières des habitués au poste cette saison grâce à sa vitesse, son avenir s’inscrit dans l’axe. Performant en un contre un grâce à de beaux tacles, nul ne doute qu’il s’installera en défense et sera une très belle vente dans les prochaines années.

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Boubakary Soumaré ne fait pas de bruit et est très discret. Loin du monde des réseaux sociaux, l’international espoir français, formé au PSG, a été repéré par Luis Campos en 2017 dans les équipes de jeunes parisiennes. Avec son gros potentiel athlétique, le milieu lillois rayonne par sa capacité à récupérer le ballon, sortir de la pression et se projeter vers l’avant. Dans une forte concurrence en club, composée d’André, Sanches ou encore Xeka, Soumaré a très souvent répondu présent et n’a jamais souhaité brûler les étapes en partant à l’étranger alors qu’il attise à chaque mercato les convoitises.

Citons également le jeune Angel Gomes, qui avait quitté Manchester United libre l’été dernier. Prêté par le LOSC à Boavista, l’Anglais est l’une des seules satisfactions de la saison du club, qui lutte pour le maintien. Avec 5 buts et 6 offrandes, il sera de retour à Lille cet été et son évolution sur les pelouses françaises sera à surveiller de très près.

Campos, l’homme de coups…

Bien entendu, Campos sait détecter les bons joueurs du fait de sa méthode de classement des joueurs désormais largement connue. Certains joueurs sont présents pendant un long moment dans ses classements et nul doute que quand l’opportunité d’acquérir un joueur bien placé dans son classement arrive, le natif d’Esposende l’a saisi.

1. Bernardo Silva

Le pied de velours portugais. Si un joueur matérialise à la perfection cette réflexion, c’est Bernardo Silva. Certainement repéré dans les équipes de jeunes du Benfica, le directeur technique du club le fait d’abord venir de manière temporaire à l’AS Monaco avant qu’il ne soit muté définitivement en janvier 2015 pour 15,75 millions d’euros.

Pleinement intégré dans l’équipe du titre en Ligue 1, il est l’un des nombreux symboles de cette belle époque. Bernardo Silva devient champion d’Europe en 2016 et s’envole ensuite pour évoluer sous les ordres de Pep Guardiola. Monaco en tire 50M€ (+ bonus).

     2. Victor Osimhen

La flèche. Dans notre classement, les deux prochains beaux coups de Campos proviennent de son époque lilloise. Le premier, c’est le Nigérian Victor Osimhen en provenance du RC Charleroi à l’été 2019. Nul doute là aussi que l’ancien du VFL Wolfsburg était dans les petits papiers du DS et que l’opportunité arrivant, Luis Campos a placé ses pions.

Durant sa saison à Lille, il crève l’écran dès son premier match par ses qualités, notamment, de percussion et de vitesse où il sera flashé, à de multiples reprises, au-dessus de 35km/h. Campos aura donc très bien remplacé Leão par l’ancien joueur de Wolfsburg, qui a rapporté plus de 50M€ à son club.

     3. Sven Botman

Le roc. Visiblement, le Portugais ne garde pas un œil que sur ses réseaux traditionnels, notamment ceux de la péninsule ibérique et ils se tournent de plus en plus vers le Bénélux. C’est encore le cas quand il va chercher Sven Botman, formé à l’Ajax Amsterdam et qui sort d’une saison pleine avec Heerenveen, l’été dernier.

Connaissant la qualité de formation de l’Ajax, réussir à acheter un joueur de cette qualité lorsque la concurrence est rude n’est pas chose aisée et Campos peut réussir ces deals. Son utilisation en défense centrale avec José Fonte est très performante cette année. Les deux hommes sont parties prenantes de la solidité défensive des Dogues (meilleure défense de l’élite avec seulement 19 buts encaissés). Liverpool a d’ailleurs manifesté son intérêt l’été dernier pour le jeune néerlandais.

     4. Tiémoué Bakayoko

Le puissant. À ses débuts dans les clubs évoluants en Ligue 1, Luis Campos fait honneur à sa réputation de bâtisseur. À Monaco, il construit un effectif vraiment solide. Un joueur pouvant symboliser cela, parmi d’autres, est Tiémoué Bakayoko. Lorsqu’on évoque le milieu de terrain moderne, box-to-box, Tiémoué Bakayoko peut remplir ce rôle, notamment grâce à ses prestations sous le maillot monégasque.

À l’été 2014, il est recruté pour 8 millions d’euros au Stade Rennais, ce qui pouvait sembler un pari au moment du transfert entre les deux clubs. Ses performances monégasques donnent, une nouvelle fois, raison au choix de l’ancien scout du Real Madrid. Vendu ≈ 40M€.

     5. Jonathan Bamba – Jonathan Ikoné

Les détonateurs. Dans cette catégorie, la dernière place du classement est occupée par deux joueurs dont le profil, autant dans le transfert que dans le jeu, peut apparaître comme similaire. Les deux joueurs, ce sont Jonathan Bamba et Jonathan Ikoné.

Arrivés tous les deux à Lille pour préparer la saison sportive 2018/2019, les deux se sont aguerris dans différents clubs de l’hexagone (ndlr : Bamba fut prêté par Saint-Etienne à Saint-Trond). Bamba viendra libre à Lille tandis qu’Ikoné ne coûtera que 5 millions d’euros, ce qui n’apparaissait pas excessif pour les transferts de l’époque.

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En terre lilloise, d’autres bons coups sont à mettre à l’actif de Campos comme Xeka (<6M€), qui est réputé pour son impact et son agressivité. Reinildo (≈3M€), aussi, qui ne s’arrête plus de monter en puissance au fil des semaines et l’ancien marseillais Lihadji, même si le board lillois attend encore beaucoup de lui. Hervé Koffi, actuellement en prêt au Royal Mouscron, et qui réalise une excellente saison. De son époque monégasque, on peut aussi noter le bon coup que représente le recrutement de Rony Lopes auprès de Manchester City en août 2015.

Campos, l’homme bon vendeur…

Si les talents de Campos et sa méthode de recrutement sont connus, le Portugais possède des capacités de négociateur, lui permettant de réaliser de très belles ventes. Ce sont d’ailleurs l’ensemble de ses belles ventes qui donnent toute latitude à Campos de prospecter de manière efficace.

1. Nicolas Pépé

L’éclair. Le plus beau coup du côté des départs pour Campos, c’était à son époque lilloise quand Nicolas Pépé, l’ancien angevin, a signé à Arsenal pour 80 millions d’euros.

À la sortie d’une grosse saison lilloise, marquée par 22 buts en championnat, il s’en va en Premier League. Depuis, désormais presque deux ans, ses prestations sont en dents de scie et la vente de Campos apparaît comme un réel bon coup notamment au vu du prix payé par les Gunners. Le talent de l’ivoirien n’est pas remis en cause, mais en obtenir 80 millions dénote les qualités de vendeur du Portugais.

2. Anthony Martial

Le golden boy. Ce n’était pas sa première belle vente du côté de l’Angleterre pour Luis Campos. En effet, à son époque monégasque, la vente d’Anthony Martial à Manchester United est un beau fait d’armes pour lui. Au-delà de l’indemnité de transfert de 60 millions d’euros, celle-ci s’agrémente de nombreux bonus permettant de faire monter la somme à presque 80 millions d’euros.

Somme non négligeable pour un joueur acheté à l’Olympique Lyonnais, 5 millions d’euros, alors qu’il n’évoluait pas forcément dans le groupe professionnel.

3. Fodé Ballo-Touré

L’étoile filante. Même après avoir quitté le club de la principauté, Luis Campos garde des contacts avec son ancien employeur et cela lui permet de réaliser de belles affaires.

Que ce soit les supporters lillois ou les supporters monégasques, tous seront presque unanimes pour dire que le transfert de Fodé Ballo-Touré de Lille à Monaco est une belle vente réalisée par Campos (11 millions d’euros), tant le niveau du joueur formé au PSG est fluctuant et que sa progression n’est pas forcément linéaire. D’ailleurs, on remarque que sous l’ère Niko Kovac sur le Rocher, son temps de jeu est largement contrarié, que ce soit par la concurrence ou par les blessures.

4. Geoffrey Kondogbia

Le box to box. Un autre transfert réalisé par le directeur sportif, lors de son passage monégasque, apparaissant comme une réelle belle affaire pour le club vendeur, c’est le transfert de Geoffrey Kondogbia à l’Inter de Milan pour 32 millions d’euros.

Le niveau du joueur né à Nemours n’est ici pas remis en cause, mais la belle affaire réside notamment dans l’indemnité de transfert payée par le club intériste. Cette somme récoltée permet de contribuer au modèle économique de Monaco qui recrutait et recrute beaucoup de joueurs.

5. Hamza Mendyl

Le pistonné. Une autre belle vente pour le conseiller spécial de Gérard Campos n’est certainement pas un transfert qui restera dans les annales.

En effet, le transfert d’Hamza Mendyl de Lille à Schalke 04 en août 2018 n’a pas marqué la planète football à l’époque. Pourtant, Lille réalisera une belle plus-value de 6 millions d’euros en contractant avec le club de la Ruhr. Régulièrement par Vahid Halilhodžić en sélection tout de même.

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Des exemples moins marquants de départs réussis pour Luis Campos mais qui restent tout de même des réussites sont les transferts de Layvin Kurzawa de Monaco au Paris-Saint-Germain, pour un montant avoisinant les 25M€ et celui de Thiago Mendes, de Lille à l’Olympique Lyonnais pour la même somme. L’OL, qui a aussi recruté Martin Terrier en janvier 2018 (11M€) pour un résultat peu concluant. Le joueur formé à Lille évolue désormais à Rennes, depuis cet été et a été recruté par le club breton pour un montant similaire.

Campos, l’homme recruteur de tauliers…

Pour encadrer les jeunes, le Portugais cherche des joueurs expérimentés, très compétitifs, pour les entourer et les aider à progresser.

1. José Fonte

Le patron. À son arrivée, le LOSC sort d’une saison cataclysmique à tous les étages et vient de frôler la relégation. Conscient d’un manque criant d’expérience au sein de l’effectif, Luis Campos active son réseau et cherche un défenseur central expérimenté, capable de guider le LOSC vers les sommets. Ricrac financièrement, l’ancien DS sait qu’il ne pourra pas faire de grosses folies et devra se montrer malin.

Quoi de mieux que d’attirer un Champion d’Europe 2016 avec le Portugal, qui a côtoyé pendant très longtemps les pelouses de Premier League et qui sera un relai précieux avec la communauté brésilienne.

Si le public s’est montré dans un premier temps sceptique à son arrivée, puisque Fonte avait 35 ans, sortait d’une saison en Chine, le coéquipier de CR7 en sélection a très rapidement conquis son monde. Trois ans plus tard, le voilà toujours au top de sa forme, le fruit d’une nutrition très stricte (sans matières grasses, ni sucre) et d’un sommeil très cadré.

2. Benjamin André

Le sous-coté. Partout où il est passé, Benjamin André (30 ans) a toujours tout donné. D’une Coupe de France glanée avec Rennes à la lutte pour le titre avec Lille, le numéro 21 des Dogues incarne le style de joueur qu’on n’aime pas affronter, à savoir celui qui s’acharne à tout récupérer et qui n’hésite pas à donner des taquets. Celui qui est très précieux pour son équipe.

Sur ce transfert, Campos a montré qu’il était aussi capable de recruter les expérimentés du championnat français en récupérant l’ancien rennais pour 8M€, ce qui est très clairement bien payé pour celui qui, chaque saison, termine sur le podium du classement des duels gagnés. Les Rennais s’en mordent les doigts.

Depuis son arrivée, il applique son rôle à merveille sur le terrain en alliant gnac et combativité à chaque match. Présent également pour encadrer la jeunesse et l’insouciance, son travail de l’ombre ne lui a pourtant jamais valu de convocation dans le groupe de Didier Deschamps. Avec une telle régularité et par rapport aux autres joueurs habituellement appelés, n’aurait-il pas sa pierre à apporter  ?

3. Burak Yilmaz

Le Kral. Quand Loïc Rémy a quitté Lille, Campos a du recruter un buteur expérimenté pour accompagner la progression des jeunes attaquants nordistes. Et le nom de Burak Yilmaz apparaît vite dans l’esprit du directeur sportif lillois : celui-ci est une légende du pays turc, est libre et est proche de Çelik et Yusuf Yazici.

L’homme aux 28 buts en sélection arrive donc au LOSC l’été dernier et démontre très rapidement qu’à 35 ans, il est encore très affûté et toujours aussi adroit devant les buts. Auteur de 12 buts cette saison, Yilmaz a donc mis logiquement les supporters lillois dans sa poche par sa détermination et son absence, pendant deux mois, s’est faite ressentir. Une très belle surprise.

4. Dimitar Berbatov

Le van Nistelrooy bulgare. Après Yilmaz, voilà Berbatov. Ce dernier a fréquenté le Stade Louis II qu’une saison et représentait un vrai pari à son arrivée pour le club monégasque. De part son âge (33 ans) et sa forme, déclinante à Fulham, club qu’il quittait. Mais une nouvelle fois, Campos a eu raison.

Sobre et élégant, Berbatov a réussi à l’ASM en marquant des buts fantastiques comme son lob face à l’OGC Nice ou décisif comme face à Arsenal, en C1. La classe à l’état pur.

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Quand Monaco a retrouvé l’élite, un certain standing est arrivé en prime. Avec Radamel FalcaoJoão Moutinho ou encore James Rodríguez, le promu fait sauter la banque et Campos a joué un rôle sur ces transactions, bien aidé par l’influent Jorge Mendes. Il s’agit d’un véritable coup de projecteur pour le club de la Principauté, que de voir arriver une star colombienne, qui n’en finissait plus de planter avec les Colchoneros (une moyenne de 0,76 but par match), un talent hors du commun et un joueur très technique. Citons aussi Toulalan, passé deux saisons pour apporter son expérience et devenu vite l’un des pions indispensables du dispositif de Claudio Ranieri ou Éric Abidal.

Quant au LOSC, Loïc Rémy a fait trembler les filets à de multiples reprises et n’a pas eu la fin que lui et les supporters auraient espéré. À la suite d’un désaccord contractuel avec la direction, l’ancien marseillais n’a pas prolongé son contrat et a plié les bagages, au grand désarroi du peuple lillois qui voyait partir un joueur qui faisait beaucoup de bien, sur et en dehors du terrain. En effet, Rémy avait inscrit 14 buts, toutes compétitions confondues, sur sa deuxième saison. On soulignera donc le flair de Luis Campos d’être aller chercher l’ex international français (30 sélections), qui s’était égaré en Espagne pour performer et accompagner la progression de Leão et de Victor Osimhen.

Campos, l’homme qui commet un nombre infime d’erreurs…

Mais comme tout être humain, le Portugais peut arriver à se tromper mais c’est d’une extrême rareté…

1. Farès Bahlouli

Le talent brisé. C’est l’une des rares fois où il s’est trompé : avec Farès Bahlouli, Luis Campos a eu faux sur toute la ligne. Une première fois, en le recrutant à l’AS Monaco pour 3,5 millions d’euros, en 2015, en provenance de l’OL. Puis une deuxième, un an et demi plus tard, en l’accueillant dans le Nord, lors du lancement de l’ère Lopez, comme s’il n’avait pas appris de ses erreurs. Pourtant, le Portugais voyait en lui « un talent pur, un numéro dix à l’ancienne qui est capable de ravir tous les amoureux du football spectaculaire » et Marcelo Bielsa, qui avait flashé sur lui lors d’un tournoi de Toulon, était du même avis. Ce dernier avait demandé à Campos de le récupérer avant son arrivée sur le banc du LOSC.

Mais les louanges sur son potentiel se sont vite avérées trompeuses. Bahlouli n’aura jamais répondu aux espoirs placés en lui, ne jouant qu’une trentaine de matchs, en l’espace de cinq saisons, avant de disparaître complètement de la circulation. Emprunté et moqué, il se fera plutôt remarquer par ses 18 % de masse graisseuse lors de tests physiques qu’il avait réalisé sur le Rocher. Recalé lors de la visite médicale par Clermont (L2) en juillet 2019 puis libéré au bout de 6 mois par Lyon Duchère, le milieu offensif franco-algérien a rebondit récemment au FC Metal, un club de D3 ukrainienne, où il a inscrit un énorme coup franc, il y a quelques jours. De quoi ravir le fan club bahlouliste, qui a vu 900 de ses membres s’arracher pour récupérer son maillot !

     2.  Thiago Maia

Le gros flop. À Lille, sortir le chéquier n’est pas tout le temps synonyme d’efficacité et Thiago Maia en est l’exemple parfait, après Marvin Martin. Plus gros transfert du club à son arrivée, le milieu brésilien ne s’est jamais imposé lors de son passage dans le Nord de la France. Luis Campos était pourtant sûr de son coup avant de le recruter. Face à une concurrence rude, composée notamment de Chelsea et du PSG, le LOSC n’hésitait pas à mettre 14 millions sur la table pour l’ancien joueur de Santos.

Maia deviendra rapidement un énorme échec. Fébrile, maladroit et spécialiste des passes vers l’arrière, le champion olympique 2016 n’aura jamais convaincu, reculant même à la cinquième place de la hiérarchie l’an dernier, avant son retour au pays (André, Sanches, Xeka voire Soumaré). Problème d’adaptation comme souvent avec les sud-américains ? Possible car il a retrouvé des couleurs avec Flamengo avant sa grave blessure aux ligaments croisés.

     3.  Lacina Traoré

Le géant. Il est vrai que le duo Eto’o – Traoré faisait saliver les supporters de l’Anji Makhatchkala. À l’affût dans la surface, le natif d’Abidjian était l’une des armes fatales du club russe avant son départ pour le Rocher. Il se montrait en effet très régulier puisqu’il marquait en moyenne un but tous les deux matchs et intéressait fortement Campos. Ce dernier, toujours très opportun, ne pouvait pas se permettre de manquer l’immense brocante de l’Anji, en pleine crise financière et par conséquent contraint de céder tous ses meilleurs éléments.

Débarqué donc en janvier 2014 à l’ASM, Traoré sera immédiatement prêté les 6 premiers mois à Everton, Ranieri ne comptant pas sur lui dans l’absolu. Après une courte expérience anglaise non-concluante, le géant ivoirien aura l’occasion de se montrer mais décevra, avant de voir sa carrière dégringoler lentement mais sûrement. Maladroit, imprécis et lent : tant de mots pour décrire l’image qu’ont gardé les Monégasques des matchs de l’Éléphant (13 sélections). Placé sur la liste des transferts, Lacina Traoré fera son retour en Russie en 2016 où il marquera par ailleurs un but contre… ses anciens coéquipiers en Ligue des Champions avant d’enchaîner les prêts et quitter définitivement la Principauté, en août 2018.

     4.  Elderson Echiéjilé

Le boulet. En bref, les supporters monégasques n’ont jamais accroché avec Elderson Echiéjilé et étaient soulagés à la résiliation de son contrat, en août 2018.

Le nigérian, qui était très faible techniquement et pris à défaut systématiquement, est la quatrième erreur commise par Campos.

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À un degré moindre, d’autres joueurs ne sont pas parvenus à s’imposer et à justifier l’intérêt que Campos leur avait porté. À Monaco, le croate Mario Pašalić et l’italien Stephan El Shaarawy, prêtés de 2015 à 2016, n’ont pas brillé tandis que Matheus Carvalho n’a pas convaincu. À Lille, le néerlandais Anwar El Ghazi (7M€), formé à l’Ajax Amsterdam, a déçu et n’a pas laissé d’impérissables souvenirs. Notons également le centre de formation qui n’aura été que très peu exploité par Luis Campos, lors de son passage au LOSC puisque très peu de joueurs sont sortis (seulement Chevalier et Niasse).

Campos est donc un directeur sportif recherché, apprécié des clubs. En effet, ses capacités collent parfaitement au business model de nombreux clubs. Ce business model qui consiste à dénicher des pépites pour les revendre au prix fort fut largement éprouvé dans deux clubs de Ligue 1, Monaco et Lille. Néanmoins, résumer Campos à cela serait réducteur. Le Portugais a réussi à établir une méthodologie efficace et pertinente pour trouver des joueurs pertinents par rapport aux clubs dans lesquels il a pu travailler. Cette méthodologie n’est qu’une seule face de son travail.

Au-delà du recrutement, la vente de joueurs et la recherche de plus-value financière pour ses employeurs est une autre facette de son travail. Quelques erreurs de casting sont à mettre à son actif, même si ces réussites tendent à les effacer dans les esprits des suiveurs assidus du football.

Le caractère de Luis Campos peut parfois susciter des remous dans les clubs au sein desquels il travaille. Pourtant, il reste réputé et depuis son départ du Nord, des rumeurs l’envoie dans de nombreux clubs, pas les moins huppés. Nul doute que dans une période économiquement compliquée, son profil suscite encore plus de convoitises. Dans quel prochain club Luis Campos va-t-il délivrer sa méthode ? À vos pronostics !

Victor Girerd

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