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Mediapro : On a aimé / On a pas aimé

 Mediapro : On a aimé / On a pas aimé

Mediapro et le football français, c’est définitivement fini depuis ce mardi 22 décembre et l’homologation de l’accord entre les deux parties par le tribunal de commerce de Nanterre. Le feuilleton Mediapro, démarre lors du premier confinement. Jaume Roures, le dirigeant de Mediapro déclare qu’il ne comprend pas la décision de Canal + et de BeinSports de ne pas payer la dernière tranche des Droits TV. Selon lui, Mediapro aurait, dans la même situation, honoré la dernière tranche afin de soutenir le football français.

9 mois plus tard, le football français ne se sent pas soutenu par Mediapro mais abandonné et trahi. La rédaction de BeFoot fait alors un bilan sur ce qui a plu ou pas dans l’éphémère aventure de Mediapro sur le sol français.

✅ Ce qui a plu :

La lucidité de Maxime Saada :

Maxime Saada, PDG du groupe Canal+ depuis le 11 avril 2018.

Dans les jours suivants l’OPA de Médiapro sur le football français, Maxime Saada, le dirigeant de Canal +, annonçait dans les médias radiophoniques  l’impossibilité pour Canal + de pouvoir proposer de telles sommes pour acquérir les droits de la Ligue 1. Il ajoutait, d’une façon quelque peu prémonitoire que MediaPro rencontrerait certainement de grandes difficultés à honorer toutes ses échéances. En effet, il rappelait à juste titre que acquérir des droits n’engendre pas une obligation immédiate de paiement et donc qu’il fallait attendre deux ans avant de juger sur pièce.

Maxime Saada est un grand spécialiste des questions de droits télévisuels, nul ne peut affirmer le contraire. De cette affaire, lui et Canal + en ressortent forcément grandis. Dans le futur, la prudence sera de mise pour les prochains appels d’offres et Canal + aura alors plus de possibilités de rafler la mise sur certains lots. La patience de Canal + aura porté ses fruits. En refusant en 2018 de s’aligner sur les prix pratiqués par Mediapro, la chaîne cryptée devient désormais la partie forte dans les négociations avec la LFP. La négociation se fera certainement aux conditions de Canal +, semblant être des conditions se rapprochant des prix du marché.

Certains lots vont rapidement être remis en jeu. Du fait de la décision du tribunal de commerce Nanterre d’homologuer l’accord entre la Ligue de Football Professionnel et Médiapro, l’instance dirigée par Vincent Labrune va rapidement enclencher la procédure afin de trouver un nouveau diffuseur pour les lots délaissés du groupe sino-espagnol.

Nul doute que Canal + se positionnera sur certains lots à des prix raisonnables.

Le professionnalisme des salariés de Mediapro

Depuis l’annonce des difficultés financières de Mediapro puis de l’arrêt des chaînes Téléfoot à terme, l’ensemble des salariés de Médiapro continuent à travailler et à proposer l’ensemble des programmes avec professionnalisme à l’ensemble des abonnés. Non sans pointe d’humour avec des séquences ayant fait le tour de la toile.

❌ Ce qui n’a pas plus :

La négligence de la Ligue

Le groupe sino-espagnol ne s’est jamais caché de sa stratégie. Acheter cher puis obtenir plusieurs contrats de sous-licence afin de rentabiliser cet investissement.

Alors qu’à l’heure actuelle, les paroles libérées des acteurs du football français dans les médias dénoncent la tricherie et le mensonge du groupe de Jaume Roures, il est essentiel de rappeler que pour signer un contrat, toutes les parties doivent apposer leur signature ce qui est censé emporter consentement. La LFP pourrait alors prétendre que son consentement était vicié et que les dirigeants de l’instance au moment d’apposer leur signature n’avaient pas les mêmes éléments que Mediapro pour apprécier la situation.

Pourtant, les décideurs du football français ne peuvent raisonnablement avancer cet argument sans réaliser un bilan de leur propre négligence. En effet, au moment de l’attribution des lots pour la période 2020-2024, MediaPro rencontre des difficultés en Italie où les décideurs transalpins rompent le contrat les liant au diffuseur pour défaut de garanties bancaires. Ces mêmes garanties bancaires, non présentes dans le contrat avec la LFP et faisant particulièrement défaut quand Jaume Roures déclarait son groupe dans l’incapacité d’honorer les échéances.

Cela peut donc conduire à s’interroger sur la responsabilité de la LFP dans cette affaire qui n’a pas jugé opportun de placer des garanties dans un contrat avec un cocontractant devant verser 875 millions euros annuellement.

Enfin, certainement aveuglé par la poule aux œufs d’or que représentait Mediapro, les dirigeants du football français n’ont pas perçu le danger de l’attribution de ces lots au regard du modèle économique de Mediapro. Certes, Jaume Roures avance à de multiples reprises l’argument de la COVID-19 pour expliquer les déboires financiers de son groupe. La réalité est certainement à chercher autre part. Malgré la vente de sous-licence à d’autres diffuseurs, le seuil d’abonnés pour arriver à la rentabilité était tout simplement inatteignable au vue de l’offre proposée.

Cet objectif était un mirage. Dans sa chute, Mediapro entraîne le football français qui se retrouve désormais dans le brouillard pour son avenir.

La faillite à venir du football français

Le défunt président de la république française, Jacques Chirac disait « Les emmerdes, ça vole toujours en escadrilles ». C’est exactement ce que doivent se dire l’ensemble des présidents de Ligue 1 et de Ligue 2. Brexit, Covid et désormais le retrait de Mediapro, cela risque de faire beaucoup trop en si peu de temps.

Le plus douloureux étant bien entendu le Brexit et le retrait de Mediapro, qui vont affecter les deux postes de recettes les plus importants pour les clubs français c’est-à-dire les recettes droits tv et les recettes sur mutations de joueurs. D’autant plus que les budgets des clubs étaient préparés à cet afflux important de liquidités. Les conséquences en seront d’autant plus profondes.

Désormais, dans l’avenir, il faudra forcément réfléchir à ralentir le train de vie des clubs français. Dans ce sens, certains présidents de clubs de Ligue 1 (les plus impactés), dont Jean-Michel Aulas,  sont entrés en contact avec l’UNFP (ndlr: Union nationale des footballeurs professionnels) afin de pouvoir négocier une baisse généralisée des salaires des joueurs professionnels, devant permettre de réduire drastiquement la masse salariale.

Par ailleurs, des clubs importants de l’élite sollicitent des prêts afin de faire face à leurs dépenses courantes. C’est notamment le cas de l’Olympique Lyonnais qui a obtenu un nouveau prêt garanti par l’état au début du mois de décembre en plus de celui déjà accordé en juillet dernier.

Tous ces évènements doivent permettre au football français de repenser son modèle de développement basé sur les transferts et les droits tv afin de perdurer dans le temps.

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Aurelien Schwartz

1 Commentaire

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  • C été sur sa ne pouvais pas tenir cette chaîne diffusé uniquement par internet ne pouvait pas tenir en plus seul les nouvelles télé de 2020 pouvaient télécharger l application comment la ligue a pue accepter sa … de plus par de vrai direct du à une connexion lente 1 a 2 minute de décalage en faite c été une chaîne de …..j espère qu une chose c’est que la ligue va enfin ouvrir les yeux maintenant…..

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