OM 2-1 OL : Match sous haute tension

 OM 2-1 OL : Match sous haute tension
Un match attendu, car considéré comme le potentiel nouveau classique du championnat de France. Les retrouvailles de Rudi Garcia avec l’OM donnaient une saveur particulière, saveur rendue encore plus piquante par les déclarations de Dimitri Payet en conférence de presse.

Prévenus d’une forte pression de la part du peuple marseillais, les lyonnais ont reçu la recommandation de venir en bus banalisé. Celle-ci ne fut pas suivie et à l’arrivée près du stade, le bus subit une attaque.  En réponse à cette attaque, Jean Michel Aulas menaça de ne pas jouer le match car il considère cette attaque comme un guet apens.

Cette tension s’est traduite dès l’entrée sur le terrain des joueurs avec un tifo exceptionnel de la part des ultras marseillais pour fêter les 120 du club phocéen. Une entrée sur le terrain rendue encore plus exceptionnelle par la ferveur des supporters, battant d’ailleurs le record d’affluence du Vélodrome.

Dès le début du match, celle-ci ne redescend pas avec un premier corner lyonnais rendue extrêmement compliquée par les supporters marseillais. André Villas Boas a tiré les leçons de la défaite au PSG sur sa composition d’équipe en plaçant Kamara en pointe basse du milieu mais aussi en alignant au milieu Sanson et Rongier et Lopes en tant qu’ailier mais qui par sa qualité technique et son volume de jeu rend de nombreux services au milieu de terrain.

Le plan d’AVB, basé sur un pressing coordonné de ses milieux et sur une pression accentuée sur le bloc lyonnais fonctionne parfaitement en première mi-temps. Cette pression marseillaise partait déjà de Mandanda qui a toujours cherché à relancer loin et vite. Les lyonnais ne sont pas rentrés de la même manière dans le match, et l’absence de Tousart s’est considérablement ressenti au milieu lyonnais avec une absence totale d’agressivité. Le choix de Garcia de placer Aouar à côté de Mendes au milieu ne s’avère pas payant. Totalement dépassé en première mi-temps, le milieu lyonnais a subi les vagues adverses. Paradoxalement, la première occasion était dans les pieds de Maxwell Cornet qui perdait son face-à-face contre Mandanda.

Totalement déstabilisé par le début marseillais, Mendes provoque un penalty évitable en touchant le ballon de la main (10ème) dans la surface alors qu’il n’était pas particulièrement sous pression.

Le premier tournant : le penalty

Le penalty, ni contesté ni contestable, mit près de 6 minutes à être tirer notamment dû à une intervention de la VAR après une altercation entre Dubois et Benedetto dans un moment de grande tension. Payet, très fort mentalement pour gérer ce temps d’attente et surtout répondre à la pression d’avant-match avec ses déclarations, ne laisse aucune chance à Anthony Lopes en tirant le penalty près du poteau gauche du gardien lyonnais.

Le deuxième but de Dimitri Payet (39ème) est encore une fois symptomatique d’un manque d’agressivité des lyonnais en laissant un espace et un temps trop conséquent au réunionnais pour armer sa frappe. Payet, impliqué sur toute l’action, démontre sur ce but sa grande motivation dans ce match en étant à l’origine de la récupération au début de l’action.

Du coté marseillais, l’axe Alvaro-Kamara symbolise l’agressivité nécessaire à ce genre de rencontres. Le jeune joueur formé à l’OM a ratissé toute la largeur du terrain notamment pour aider ses latéraux face à la rapidité des ailiers lyonnais et a surveillé de près le plus grand danger lyonnais en première période, Jeff Reine Adelaïde. Cette aide réussit alors par moment à annuler les velléités de Traoré et de Cornet même si Traoré ne fit pas toujours les meilleurs choix, notamment sur une contre-attaque après un corner phocéen (43ème)

Le deuxième tournant : Le choix tactique de Garcia à la mi-temps

Au retour des vestiaires, dans la volonté de remettre de l’agressivité au milieu de terrain, Garcia procède au changement de Reine-Adelaïde par Jean Lucas. Au premier abord, on pensait à un pépin musculaire pour l’ancien Angevin mais cela résulte uniquement d’un choix tactique. Dès le retour, les lyonnais haussèrent l’agressivité et le bloc était plus haut. L’entrée de Jean Lucas a permis à Aouar de se retrouver dans un poste qu’il affectionne plus. Malheureusement pour Garcia, il perd son deuxième dépositaire du jeu sur blessure remplacé par Cherki (53ème).

Garcia ne réussit pas son retour à l’OM, pas aidé par les circonstances. Très conspué par ces anciens supporters, il s’est montré très discret en première mi-temps et a beaucoup tenté de remobiliser ses troupes en seconde.

Le troisième tournant : Alvaro Gonzalez plonge l’OM dans le doute

Revenu avec de meilleures intentions, les lyonnais bénéficient au retour des vestiaires d’un pression moins intense du côté marseillais. Malgré cela, ils gardent le match en moins et ne concèdent pas d’occasions. Cependant, à la 59ème minute, sur un centre venant de la droite de Traoré, Alvaro semble avoir tout le temps de dégager de la tête ce centre. Visiblement alerté par Mandanda, il décide soudainement de s’effacer et laisse l’opportunité à Dembélé d’inscrire son 9ème but de la saison.

Dans la foulée de cette action, Mendes lance Dembelé dans la profondeur. Gonzalez, mal placé au départ de l’action, voit l’attaquant lyonnais foncer seul vers le but et provoque une faute. Logiquement, Monsieur Gautier sanctionne l’espagnol d’un carton rouge.

AVB réagit immédiatement en sortant Benedetto pour Strootman. Kamara se replace alors en défense centrale. Les marseillais, dans une bonne gestion de fin de match, réussirent à contenir les quelques assauts lyonnais. Afin de combler l’infériorité numérique, les phocéens ont produit beaucoup d’efforts à l’image de Morgan Sanson qui continua les courses à haute intensité jusqu’à la fin. La dernière opportunité lyonnaise fut l’œuvre de Martin Terrier (90ème) entré en jeu à la 72ème à la place de Traoré sorti en boitillant.

La satisfaction des marseillais au coup de sifflet démontré bien l’importance pour ce groupe de gagner dans un match capital face à un adversaire de qualité dans ce championnat. Sous l’ère Garcia, ce groupe rencontrait de grandes difficultés face aux cylindrées de ce championnat. Sur ce plan comptable, cette victoire est particulièrement importante. AVB poursuit son objectif et place l’OM à la deuxième place avec 22 points laissant l’OL à distance, 14ème avec 16 points.

Aurelien Schwartz

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