19 ans, et déjà devenu la pierre angulaire de l’attaque lyonnaise. Depuis près de 4 ans, à Lyon, tout le monde connait Rayan Cherki. Véritable espoir, dans les pas d’un Benzema dans l’attitude et le professionnalisme, d’un Fekir sur le plan technique, le futur lyonnais s’écrira avec lui.
« S’il y a bien une chose sur laquelle nous sommes tous d’accord : supporters, club, staff, joueurs, c’est qu’un talent comme Rayan va rester à l’OL. » Jean Michel Aulas compte sur sa pépite, en témoigne son message sur twitter suite aux rumeurs d’un départ cet hiver. Rayan Cherki est connu depuis bien longtemps à Lyon. Surclassé depuis son plus jeune âge, notamment à Saint-Priest, club avec lequel il a commencé le football.
Issu de l’académie lyonnaise, en maturation depuis 2010 dans le centre de formation, là aussi il a été promu rapidement dans les catégories supérieures. A 15 ans il joue avec les U19 et devient le plus jeune buteur en Youth League. Un premier contrat pro pour le natif de Bron en 2019, qui le propulsera sur le devant de la scène.
Turbulences après des débuts convaincants
Rudi Garcia lancera le jeune prodige en premier dans le grand bain, toutes ses premières fois, sous l’égide d’un coach qui aura été très controversé à Lyon, notamment dans la gestion des jeunes. 1ere titularisation avec l’OL en Coupe de France, premières minutes en LDC, premières minutes en phase finale de LDC, premiers buts… Un Final 8 où il n’aura pas pu avoir de l’impact malgré le spectacle qu’il avait offert sur Davis contre le Bayern, et un but salvateur en fin de championnat 20-21 contre Monaco (3-2).
Mais malgré des débuts impressionnants, l’arrivée de Peter Bosz va freiner son ascension. Le faisant que très peu jouer, Cherki sera mis dans les cartons et après une année compliqué, il fera sentir son mécontentement lors des discussions en vue d’une prolongation de contrat. Souvent couvert d’éloge par le coach néerlandais, il ne sera apparu avec sur le terrain que 16 fois sur la saison dernière. Un manque d’encadrement aussi, alors que Cherki proposait un jeu correspondant plus au futsal de par son individualisme.
Beaucoup critiqué pour ce défaut de trop prendre le jeu à son compte lors de ses entrées, monopolisant le jeu et se perdant dans les nombreux dribbles. Son style de jeu n’était pas perçu « compatible » avec le haut niveau, certains pointant du doigt un manque de « maturité ». Mais l’un des véritables problème était son utilisation qui ne corrélait pas avec son véritable profil, souvent cloîtré sur l’aile, là où il éprouve de nombreuses difficultés, perdu dans un rôle qui ne convient pas à sa philosophie de jeu.
Blanc, le magicien
Lyon va mal depuis 2 saisons, Laurent Blanc a rejoint la maison en octobre, dévoilant initialement vouloir miser sur l’expérience afin de remonter la pente, l’ex coach du PSG abandonnera cette idée suite à des résultats et surtout des attitudes plus que limite. Le « président » comme on le surnomme a tout de suite été très exigeant avec Rayan Cherki. Attendant beaucoup de lui, critiquant même son style et son individualisme, sa méthode a été fulgurante et a provoqué un déclic : jouer aussi bien pour lui que pour les autres.
Lancé dans le grand bain mi janvier suite à la débâcle face à Strasbourg, devenant titulaire dans une équipe très jeune qui témoigne du changement de stratégie de Laurent Blanc, Cherki s’épanouit et fait mieux à chaque match, en éblouissant les spectateurs. Depuis le début de l’année, son bilan est bluffant, entre autres depuis les 3 derniers matchs, en une semaine il est : buteur à Troyes, passeur et buteur contre Lille et passeur et buteur hier soir contre Lens. Un niveau qui corrobore avec des résultats convaincants de son équipe, qui sort la tête de l’eau.
Un profil iconoclaste
Son profil est très particulier, notamment pour ses similitudes avec deux joueurs fruits de l’académie lyonnaise : Benzema et Fekir. Le premier, notamment pour son caractère, sa manière d’être et ses ambitions, mais aussi un professionnalisme sans faille avec un amour commun : le Real Madrid. Fekir dans la technique, centre de gravité très bas, une qualité de contrôle insolente, des dribbles qui rendent fou, et une orientation du jeu, un flair, hors du commun.
Un meneur de jeu, véritable 10 derrière l’attaquant, libre et imprévisible, polyvalent avec une capacité à se sortir de toute situation, en rendant simple des mouvements que ne le sont pas. Il a démontré sa qualité de passe, notamment sur les deux derniers matchs face à Lille et Lens. Mais aussi une finition implacable en démontre ces deux derniers buts dans des angles très fermé. Une montée en puissance dû à une gestion impeccable de son talent, une prise de conscience de sa part concernant l’utilisation du ballon, Rayan Cherki a tout pour progresser, et son potentiel est scruté par toute l’Europe.
