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Série A : Focus sur… l’histoire du derby de Rome

 Série A : Focus sur… l’histoire du derby de Rome

Ce soir à 20h45, la ville de Rome est le théâtre d’un derby historique entre l’AS Roma et la Lazio. Deux clubs d’une même ville et d’un même stade mais surtout une rivalité considérée comme la plus forte d’Italie. Voici l’histoire du derby Capitolino !

Le stadio Olimpico de Rome va sonner creux ce soir pour la rencontre opposant l’AS Rome et la Lazio Rome à cause de la crise sanitaire. Habituellement, ce match transforme la capitale Italienne en volcan prêt à exploser.

Une rivalité historique

L’animosité qui anime cette rencontre remonte à la fin des années 1920. En Italie, ce sont les clubs du Nord qui dominent le championnat. Pour les contrer, plusieurs clubs de Rome fusionnent : ceux de l’Alba Audace, du Roman et du Fortitudo. Cette fusion donne naissance à l’Associazione Sportiva Roma. La Società Sportiva Lazio est invitée à participer à cette fusion mais décline l’offre afin d’être le deuxième représentant Romain.

Un premier match oppose les deux équipes le 8 décembre 1929 et c’est l’AS Roma qui le remporte un but à zéro grâce à Volk, l’un des grands buteurs de l’histoire de ce derby. La première victoire de la Lazio intervient en 1932. À l’origine, les deux équipes évoluent dans un stade différent mais en 1953, le Stade Olympique accueille les deux équipes.

Le derby des tribunes

Si ce match diffusé dans plus de 170 pays dans le monde est connu pour sa rivalité exacerbée, c’est en grande partie lié par l’opposition entre les Tifosi des deux équipes. D’un côté, la Curva Sud des ultras Romanisti (commando ultra Curva Sud), de l’autre, la Curva Nord des Laziali (Irriducibili). La passion et l’attachement profond à leur club provoquent parfois des comportements excessifs en tribune comme en dehors. La bataille se joue d’abord sur les tifos, les fumigènes et les drapeaux mais peut basculer dans le jet de bombes artisanales et dans les banderoles et chants provocants voire haineux. Le 28 octobre 1979 déjà, un supporter laziale Vincenzo Paparelli décède des suites de ses blessures à un œil, après avoir reçu une fusée lancée depuis la tribune opposée de l’AS Rome. Le groupe des supporters de la Lazio, les Irridicubili s’est également fait connaître pour ses dérives racistes. En 1998, une banderole est déployée depuis la Curva Nord :

« Auschwitz votre patrie, les fours votre maison ».

Source : Le Matin

Un message qui avait créé la polémique dans tout le pays tout comme. Les ultras Laziales ont également étaient sanctionnés plusieurs fois pour des cris de singes, mais aussi pour des stickers à l’effigie d’Anne Franck avec un maillot de la Roma collés dans la Curva Sud. Les supporters des deux camps se sont pourtant déjà rassemblés dans la violence, lorsqu’en 2004, la rumeur court d’un enfant qui aurait écrasé par une voiture de police. Les supporters s’allient, descendent sur le terrain et demandent à Francesco Totti d’arrêter la rencontre, avant que des émeutes éclatent avec la police. Les nombreux incidents qui entourent ce match ont conduit la ligue à décaler régulièrement cette rencontre en journée.

Un affrontement politique

Les supporters de la Lazio ont la réputation d’être proche de l’extrême droite tandis que ceux de la Roma seraient plutôt placés à gauche sur l’échiquier. Une opposition qui pourrait s’expliquer par l’origine sociale des supporters. Ceux de l’AS Roma seraient issus des milieux populaires, d’où l’écusson du club avec la Louve, Rémus et Romulus qui rappellent la plèbe. Ceux de la Lazio seraient issus des populations plus aisées. Leur blason bleu et blanc fait référence à la Grèce Antique tandis que l’aigle est symbole de l’empire. Une distinction à mettre en perspective.

En réalité, il est surtout vrai que l’AS Roma est le club le plus populaire de Rome, tandis que les supporters de la Lazio sont concentrés dans les quartiers Nord du Parioli, Tomba di Nerone et Tor di Quinto à Rome. Les supporters Romanisti parlent souvent de leurs adversaires comme des étrangers, car les Laziales représentent la région du Latium et non la ville de Rome. Les Laziales revendiquent quant à eux leur ancienneté. Quant à la supposée appartenance politique des deux camps, elle est aussi à relativiser car des supporters d’opinion extrémiste existent également dans la Curva Sud. Toutefois, certains joueurs ont joué de cet affrontement politique.

Source : L’Express

C’est le cas de Paolo Di Canio, joueur historique de la Lazio. Il s’est notamment distingué par des saluts fascistes après un but, devant la Curva Sud. Francesco Totti, capitaine de l’AS Roma et grand buteur des derbys s’est lui plutôt fait remarqué par ses chambrages sur ses t-shirts après chaque but marqué. Historiquement, l’AS Roma a davantage gagné que la Lazio : 66 victoires contre 49 pour la Lazio et 65 matchs nuls toutes compétitions confondues. La Roma est aussi le club ayant remporté plus de trophées. 

Le derby Capitolino ce soir a de gros enjeux pour les deux équipes. L’AS Roma de Paulo Fonseca est 3ème (34 points) à seulement trois points de l’Inter Milan. Quant à la Lazio, 8ème avec 28 points, elle a l’occasion d’intégrer le top 5 en remportant ce derby. C’est face à leur écran de télévision que les supporters Romains vont retenir leur souffle dès 20h45.

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Timothée Decaudin

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