Stade Rennais : Un mercato parfait jusqu’à…

 Stade Rennais : Un mercato parfait jusqu’à…

Pour la première participation en Ligue des Champions de son histoire, le Stade Rennais se devait de gérer au mieux son mercato estival, pour tenter de bien figurer dans cette compétition, qui a vu ces dernières années certains clubs français totalement se louper. Ainsi, le board rennais, géré par Nicolas Holveck, a donné les clés à Florian Maurice pour s’occuper de la politique sportive du club. En contact permanent avec Julien Stéphan, les deux hommes ont ainsi coopéré et géré les différents dossiers. Mais est-ce que ce duo a-t-il réussi à mettre en place un effectif plus compétitif que la saison passée, taillé pour l’Europe ? Décryptage.

Camavinga est resté, Maouassa et Traoré ont prolongé !

La première grande satisfaction est forcément d’avoir pu garder une saison supplémentaire, Eduardo Camavinga. Plus jeune joueur à vêtir le maillot de l’Équipe de France depuis 1914 et buteur hier soir, le natif de Miconje a en effet décidé de rester à Rennes, au plus grand bonheur des supporters. Convoité par de grandes écuries européennes dont le Real Madrid, le joyau de Julien Stéphan va pouvoir continuer de progresser et de démontrer toute sa maturité technique à moins d’un an de l’Euro.

Il sera aligné avec Nzonzi, dont l’option d’achat a été automatiquement levée suite à la qualification du club breton en Ligue des Champions. Placé devant la défense, l’ancien sévillan commence à retrouver son meilleur niveau, à la plus grande satisfaction de son entraîneur.

«  Il a une intelligence tactique largement au-dessus de la moyenne et pour un entraîneur, c’est visible et très précieux. »

Ayant déjà disputé plus de 40 matchs de Coupe d’Europe, le champion du monde 2018 pourra donc apporter son expérience et permettre au SFRC de compter sur le même milieu de terrain que la saison passée.

Camavinga et Nzonzi se côtoient en club et en sélection (Crédit photo : SRFC Médias)

L’autre principal enjeu était de garder les deux latéraux du club breton et c’est chose faite. Si Traoré a prolongé de deux saisons soit jusqu’en 2023, Faitout Maouassa, lui, a prolongé d’un an, malgré les intérêts à l’étranger. En effet, ce dernier était dans la shorlist d’Éric Abidal pour venir doubler le poste de Jordi Alba car l’ancien directeur sportif catalan appréciait beaucoup le profil de l’international espoir français, capable de répéter les efforts sur son côté.

Maouassa tentant de protéger son ballon face à Zeki Çelik, le 22 août dernier (Crédit photo : SRFC Médias)

Derrière, les départs ont été compensés par des arrivées !

Dans les buts, Édouard Mendy est parti à Chelsea contre un chèque estimé à 25M€. Les Rennais le retrouveront en C1 avec son coéquipier sénégalais, Alfred Gomis. Arrivé en provenance de Dijon, ce joueur âge de 27 ans semble être une excellente pioche, lui qui comptabilisait une moyenne de 4,4 arrêts par match la saison dernière.

Très acrobatique et discret, Gomis avait hautement participé au maintien de son équipe la saison précédente, avant de se blesser.

Alfred Gomis, lors de sa présentation au Roazhon Park (Crédit photo : SRFC Médias)

Morel parti libre, Gnagnon de retour à Séville et Gélin prêté à Antwerp : Rennes devait aussi trouver deux défenseurs centraux, expérimentés si possible. Et la recherche fut longue et éprouvante… Après avoir tenté Kouassi, espéré Salisu, sondé Disasi, frôlé Godín et pensé Saliba, les Rouges et Noirs ont finalement recruté Nayef Aguerd, en provenance du DFCO, et Daniele Rugani.

Ce premier, où Rennes a dépensé 5M€, est déjà très bien acclimaté en Bretagne où il rayonne par son calme et son aisance technique. Buteur à Nîmes puis à Saint-Étienne le 26 septembre, l’international marocain fut la première belle révélation de l’été.

Ce deuxième, lui, est arrivé dans le cadre d’un prêt payant, qui n’inclut pas d’option d’achat. Barré par la concurrence à la Juve, Rugani doit se relancer, après ses dernières années assez compliquées où il n’est jamais parvenu à prendre la relève dans l’arrière-garde de la Vieille Dame. Sur le papier, son arrivée va permettre à Rennes de disposer d’un joueur expérimenté qui pourra concurrencer Aguerd et le capitaine Da Silva.

Mais hormis cet élément, les Bretons ne bâtiront pas un projet à long terme avec l’international italien qui veut se relancer avant de rentrer à Turin. La formation entraînée par Stéphan devra prendre en charge son salaire, estimé à 3,5M€ (annuel), en plus des 2M€ déboursés pour le prendre en prêt. C’est un effort financier.

« Gigi Buffon m’a parlé de la finale de Coupe de France. Il m’a dit que le Stade Rennais était une équipe très structurée tactiquement. Il m’a même dit que c’était ”une équipe pas très française”, tant elle est bien organisée. »

Rugani était dans les tribunes pour assister au dernier match du Stade Renais (Crédit photo : SRFC Médias)

Aussi, le Stade Rennais s’est fait prêter Dalbert pour remplacer Maouassa, blessé à la cheville droite. Une option d’achat à hauteur de 13M€ a été intégrée dans les modalités de ce prêt d’une saison. Le brésilien, qui portera le numéro 5, pourra se relancer dans un championnat qu’il connaît.

Déceptions offensives…

En attaque, Serhou Guirassy et Martin Terrier sont arrivés. L’arrivée de Guirassy a été longue car Rennes ne souhaitait pas débourser plus de 20M€ sur l’ancien Lillois. Ainsi, Amiens a poliment repoussé Rennes et attendu l’arrivée des puissants clubs Anglais pour espérer recevoir une plus belle offre.

De fait, les dirigeants Rennais reverront leur plan dans un premier temps et contacteront Slimani avant d’être rappelé par Amiens. En effet, Guirassy finissait par s’impatienter et aucun autre club ne semblait être intéressé. L’ASC indiquera donc qu’une offre à hauteur de 15M€ sera désormais acceptée et Guirassy signera 5 ans en Bretagne.

Serhou Guirassy, lors d’un avant match au Roazhon Park (Crédit photo : SRFC Médias)

Si Guirassy est déjà très performant et indiscutable (3 buts en 5 matchs) aux yeux de Stéphan, les débuts de Terrier sont plutôt timides. 

Des bonnes pioches, jusqu’à ce que les derniers instants terniront un peu le bilan Rennais. Premièrement, Raphinha s’est engagé à Leeds pour un montant estimé à 17M€. Capable de faire des différences grâce à ses dribbles, le brésilien rêvait de Premier League et on se doute tous que le discours de Marcelo Bielsa l’a confirmé dans son choix de quitter le championnat français.

Vendu moins chère que ce que Rennes l’avait recruté (21M€), son départ va considérablement affaiblir son ancienne équipe, qui avait pourtant essayé de le retenir après son excellent match face à Reims, dimanche dernier. Auteur de 7 buts la saison passée pour 5 passes décisives, l’ancien joueur du Sporting continuait de progresser et d’apporter offensivement.

Ses qualités vont donc cruellement manquer et Jérémy Doku aura la responsabilité de le remplacer, lui qui découvrira ses nouveaux coéquipiers pour la première fois après la trêve internationale. L’international belge, qui est le plus cher transfert de l’histoire du club (26,5M€), dispose d’un grand potentiel, certes. Mais arrivera-t-il à être performant rapidement quand on sait que Rennes enchaînera les matchs dès la mi-octobre ? Une réflexion s’impose.

Deuxièmement, Mbaye Niang pourrait, lui aussi, quitter le club et rejoindre l’AS Saint-Étienne, en prêt (sans OA), dans les prochaines heures. Son départ laisserait son club sans autre buteur, si ce n’est Hunou, qui a plutôt l’étiquette du supersub que du titulaire en puissance. Mais est-ce assez pour pouvoir pleinement rivaliser en LDC ? Là aussi, une réflexion s’impose. 

Mbaye Niang, lors d’un match amical de pré-saison (Crédit photo : SRFC Médias)

En outre, Rennes a réalisé un mercato correct où les principaux objectifs ont été remplis. Des joueurs sont partis et ont été très bien remplacés avant que Raphinha fasse faux bond dans les ultimes moments et fragilise le club breton. De multiples interrogations surgissent donc… Doku, Terrier, Tait ou encore Del Castillo feront-ils le travail en Ligue des Champions ? Prêter Niang à Sainté est-il une bonne chose ? Place à l’avenir.

Victor Girerd

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