Vingt-trois joueurs, cinq novices, huit visages absents du Mondial, et un ancien champion du monde 2018 écarté. La première liste de Zinédine Zidane, dévoilée le 18 septembre au siège de la Fédération, ne ressemble pas à une transition en douceur. Les Bleus se sont retrouvés ce lundi à Clairefontaine, et le premier match tombe vendredi 25 septembre à Kocaeli, en Turquie, sans période d’essai.
Quatre rencontres suivent en dix jours. Un déplacement à Bruxelles le 28, puis l’Italie le 2 octobre et de nouveau la Belgique le 5, les deux au Stade de France, toutes à 20h45.
Parier sur l’équipe de France pendant cette fenêtre revient à choisir entre deux logiques. Match par match, les Bleus partent favoris des quatre rencontres, mais un groupe aussi renouvelé rend les compositions imprévisibles, et la cote d’une victoire française bougera à chaque annonce de onze. Sur la durée, le marché du vainqueur de groupe efface cette incertitude, la France y étant cotée favorite au titre de sa troisième place au classement FIFA, et un accroc isolé en Turquie ne suffit pas à la faire dérailler sur six matchs. Pour se positionner avant vendredi, il suffit de récupérer le code bonus de 200% de Betwinner proposé par Topmercato, en gardant à l’esprit qu’un bonus n’agit jamais sur la cote mais sur la mise de départ, ce qui pèse davantage sur un marché de saison que sur un pari sec.
Une liste qui tranche plus qu’elle ne rassure
Le trio offensif du Mondial est préservé, Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et Michael Olise. Tout le reste bouge. Guillaume Restes dans les buts, Andy Diouf et Jérémy Jacquet en défense, Lucas Da Cunha au milieu et Esteban Lepaul en attaque découvrent l’équipe de France. Jacquet a 21 ans et vient d’être acheté 70 millions d’euros par Liverpool à Rennes. Lepaul, 26 ans, a terminé meilleur buteur de Ligue 1 la saison passée.
Les absents font plus de bruit que les nouveaux. N’Golo Kanté, 35 ans, 69 sélections, champion du monde 2018, ne figure pas dans le groupe, et Zidane n’a pas cherché de formule pour l’expliquer, rappelant qu’il avait quatre ans devant lui et qu’il avait fait des choix. Marcus Thuram, Maghnes Akliouche et Jean-Philippe Mateta sortent également, tout comme les frères Hernandez, Lucas Digne et Malo Gusto. Aurélien Tchouaméni reste à Madrid en phase de reprise, William Saliba est blessé au dos. Adrien Truffert, une sélection fin 2022, Pierre Kalulu et Eduardo Camavinga reviennent.
Huit joueurs nouveaux sur 23 et une défense presque entièrement renouvelée : personne ne sait ce que Zidane alignera à Kocaeli, ni s’il le conservera trois jours plus tard à Bruxelles. Les compositions changeront d’un match à l’autre, et la lecture de chaque rencontre avec elles.
Un groupe où tout le monde repart de zéro
Le tirage a placé la France dans le groupe 1 de la Ligue A avec l’Italie, la Belgique et la Turquie. Sur le papier, c’est la poule la plus dense de la compétition. Dans les faits, c’est surtout une poule où deux sélectionneurs sur quatre n’ont jamais dirigé leur équipe en match officiel.
Mark van Bommel a succédé à Rudi Garcia à la tête des Diables Rouges le 24 juillet, quatre jours avant que Zidane ne soit nommé à Paris. Le Néerlandais fera ses débuts à Rome contre l’Italie le 25 septembre, à l’heure même où Zidane dirigera son premier match à Kocaeli. Deux sélections en pleine découverte le même soir, dans la même poule.
La Turquie de Montella, de retour au premier plan
Le premier adversaire n’a rien d’un tirage aimable. Vincenzo Montella dirige la Turquie depuis 2023 et l’a menée en quarts de finale de l’Euro 2024, en écartant la Géorgie, la Tchéquie et l’Autriche avant de céder face aux Pays-Bas. Cet été, la sélection a mis fin à vingt-quatre ans d’absence en Coupe du monde.
Hakan Çalhanoğlu en est le capitaine et le métronome, fort de deux titres de Serie A avec l’Inter sur les trois dernières saisons et de deux finales de Ligue des champions. Recevoir la France puis l’Italie à trois jours d’intervalle donne aux Turcs l’occasion de frapper fort à domicile avant deux déplacements. Pour Zidane, débuter à Kocaeli contre une équipe qui a tout à gagner est la pire entrée en matière possible. Ou la meilleure, si l’on considère qu’un sélectionneur se juge d’abord sur les soirs difficiles.
La Belgique, deux fois, et un sélectionneur qui découvre
Les Diables Rouges reviennent deux fois au programme, à Bruxelles le 28 septembre puis à Saint-Denis le 5 octobre. Van Bommel, auteur du doublé Coupe-Championnat avec l’Antwerp en 2023, a dévoilé une liste de 28 joueurs pour absorber les quatre rencontres. Thibaut Courtois manque à l’appel, forfait, tandis que Roméo Lavia, Loïs Openda, Malick Fofana et Mika Godts retrouvent le groupe après avoir manqué le Mondial.
La Belgique sort d’un quart de finale mondial perdu contre l’Espagne, résultat conforme aux objectifs fixés à Garcia, qui n’a pourtant pas été prolongé. Un chiffre encadre cette double confrontation : les Diables Rouges n’ont plus battu la France depuis 2015. Deux occasions en huit jours de mettre fin à cette série, dont une à domicile.
L’Italie, le 2 octobre à Saint-Denis
L’Italie viendra au Stade de France le 2 octobre pour la seule rencontre entre les deux nations de cette fenêtre. La Nazionale a traversé une période difficile, contrainte de passer par les barrages en mars pour tenter d’accrocher le Mondial après deux éditions manquées.
Les deux dernières confrontations donnent la mesure de ce duel. En septembre 2024, l’Italie s’était imposée 3-1 au Parc des Princes, avant que la France ne rende la monnaie 3-1 à Milan deux mois plus tard. Le match aller de cette fenêtre se joue à Rome contre la Belgique, ce qui renseignera sur l’état de forme italien avant Saint-Denis.
Ce que le choix Kanté révèle
Écarter un champion du monde de 69 sélections dès sa première liste dit quelque chose de la méthode. Zidane a cité Aimé Jacquet et Roger Lemerre comme références, les deux sélectionneurs qui l’ont dirigé en équipe de France et dont il retient la proximité avec les joueurs. Il a aussi précisé qu’il ne voulait pas voir des joueurs en tribunes, d’où un groupe de 23 plutôt que 26.
Didier Deschamps a quitté son poste sur une quatrième place mondiale, après une élimination en demi-finale puis une défaite contre l’Angleterre pour la troisième place. Son successeur hérite d’un secteur offensif que tout le monde envie, d’une défense qu’il vient de renouveler presque entièrement, et de 1 888 jours passés loin d’un banc depuis son départ du Real Madrid en mai 2021.
Quatre matchs en dix jours, sans filet
D’ordinaire, une trêve internationale comprend deux rencontres. Ici, chaque sélection en dispute quatre entre le 25 septembre et le 5 octobre, ce qui impose des rotations et interdit d’aligner le même onze à chaque fois.
Pour un sélectionneur qui vient de convoquer cinq novices et trois revenants, c’est un cadeau et un piège. Un cadeau parce qu’il verra tout son groupe en conditions réelles en dix jours. Un piège parce qu’une entrée manquée à Kocaeli suivie d’un revers à Bruxelles placerait la France en difficulté avant même d’avoir joué à domicile, avec une défense reconstruite et un milieu privé de ses deux cadres habituels. Vendredi, à 20h45, il n’y aura plus de conférence de presse pour amortir.
