L’Allemagne retrouve la grande scène du Mondial face à la toute petite île de Curaçao, qui dispute là la toute première Coupe du monde de son histoire. Ce dimanche 14 juin au NRG Stadium de Houston, le choc des extrêmes ouvre le Groupe E.
C’est peu dire que l’Allemagne aborde cette Coupe du monde avec une pression particulière sur les épaules. Deux éliminations de suite dès le premier tour, en 2018 et en 2022 : une humiliation sans précédent pour une nation habituée aux finales. Sous la direction de Julian Nagelsmann, la Mannschaft a retrouvé de la sérénité, notamment grâce à une belle performance lors de l’Euro 2024 à domicile, eliminée en quarts face à l’Espagne. Le projet est clair, le groupe est de qualité, et l’ambition est affichée : remettre les pendules à l’heure. Comme le résumait Leon Goretzka en conférence de presse : « Évidemment, nous voulons remettre les pendules à l’heure. »
La préparation a été convaincante, avec des victoires contre la Suisse (4-3), le Ghana (2-1) et la Finlande (4-0), mais elle a également apporté son lot de mauvaises nouvelles. Le jeune Lennart Karl (18 ans, Bayern Munich) s’est blessé à la cuisse gauche au dernier entraînement avant le match contre les États-Unis et déclare forfait pour l’ensemble du tournoi : Assan Ouédraogo (RB Leipzig, 20 ans) a été rappelé dans l’urgence. À cela s’ajoutent les absences plus anciennes de Serge Gnabry, forfait sur blessure, et de Marc-André ter Stegen, également indisponible. Vagnoman, Andrich, Adeyemi et Füllkrug ont quant à eux été écartés de la liste.
Bonne nouvelle en revanche, et de taille : Manuel Neuer (40 ans, 124 sélections) fait son retour spectaculaire sous le maillot de la Mannschaft. Parti à la retraite internationale après l’Euro 2024, le gardien mythique du Bayern Munich, victime d’une blessure au mollet en fin de saison, a repris l’entraînement au camp de base de Winston-Salem et sera bien titulaire ce dimanche. Il entrera dans l’histoire en disputant sa cinquième Coupe du monde. Devant lui, la charnière Tah–Schlotterbeck inspire confiance, avec Kimmich repositionné en latéral droit dans le système en 4-2-3-1 de Nagelsmann. Au milieu, Pavlović et Nmecha se partageront les basses œuvres, libérant le trio offensif de luxe Wirtz–Musiala–Sané pour s’exprimer derrière Kai Havertz en pointe.
Curaçao, le conte de fées du Mondial 2026
L’histoire de Curaçao à cette Coupe du monde est l’une des plus belles du tournoi. La petite île des Caraïbes, 150 000 habitants, moins de 450 km², devient la plus petite nation jamais qualifiée pour une Coupe du monde dans l’histoire de la compétition. Un exploit réalisé sous la direction de Dick Advocaat, vétéran du banc qui a connu une rocambolesque période avant le tournoi : parti en février 2026 pour raisons familiales, l’entraîneur néerlandais a confié les rênes à Fred Rutten par intérim, avant de revenir aux commandes en mai, à la demande des joueurs eux-mêmes, après l’amélioration de l’état de santé de sa fille.
Sur le terrain, les Bleus des Caraïbes se sont qualifiés en restant invaincus en phase CONCACAF, en devançant notamment la Jamaïque. Mais la défaite 4-1 concédée en amical face à l’Écosse fin mai a rappelé la réalité du niveau européen.
Pour ce match d’ouverture, le Curaçao ne déplore aucun blessé, et Dick Advocaat dispose d’un groupe au complet. Les visages les plus connus restent les frères Bacuna : Leandro et Juninho. Tahith Chong, né à Willemstad, l’unique joueur de l’effectif né sur l’île elle-même, apportera sa vitesse et sa technique forgée dans les championnats anglais et néerlandais. En défense, Armando Obispo, l’un des rares représentants d’un club du top européen dans cette sélection, sera le patron derrière. Riechedly Bazoer et Livano Comenencia complèteront le milieu de terrain.
Les compositions probables d’Allemagne – Curaçao
- Allemagne : Neuer – Kimmich, Tah, Schlotterbeck, Brown – Pavlović, Nmecha – Sané, Musiala, Wirtz – Havertz
- Curaçao : Room – Sambo, Gaari, Obispo, Floranus – Comenencia, J. Bacuna, L. Bacuna – Chong, Locadia, Hansen
