Eliminée pour la troisième fois consécutive des barrages de qualification, l’Italie semblait condamnée à regarder la Coupe du Monde 2026 depuis son canapé. Mais un scénario improbable, révélé par The Athletic et lié à la situation géopolitique de l’Iran, pourrait tout changer. Décryptage.
L’Italie éliminée pour la troisième fois, la catastrophe nationale
Le 31 mars dernier à Zenica, l’Italie a vécu une nouvelle nuit cauchemardesque. Battue aux tirs au but par la Bosnie-Herzégovine (1-1, 4-1 TAB) en finale des barrages européens, la Squadra Azzurra a manqué sa qualification pour la Coupe du Monde 2026 pour la troisième édition consécutive. Après l’humiliation face à la Suède en 2017 et le traumatisme face à la Macédoine du Nord en 2022, les quadruples champions du monde s’enfoncent un peu plus dans la crise.
Les conséquences n’ont pas tardé. Le président de la FIGC, Gabriele Gravina, a annoncé sa démission dans les jours suivants. Gennaro Gattuso, le sélectionneur, et Gianluigi Buffon, chef de délégation et légende de la Nazionale, ont eux aussi quitté leurs fonctions. Un tremblement de terre sportif et institutionnel qui secoue toute la péninsule.
L’Iran, la clé d’un scénario de science-fiction
C’est là que le scénario prend un tour inattendu. La participation de l’Iran à la Coupe du Monde 2026 est menacée. Le contexte géopolitique de la région, marqué par des tensions militaires persistantes, pourrait contraindre la Team Melli à déclarer forfait avant le tournoi organisé aux États-Unis, au Mexique et au Canada (11 juin – 19 juillet 2026).
Si ce scénario se concrétise, le règlement de la FIFA prévoit une clause précise. L’article 6.7 stipule que le Conseil de la FIFA dispose d’une latitude totale pour désigner un remplaçant, selon sa « seule discrétion ». Une place se libèrerait donc, et l’Italie pourrait en bénéficier.
Mais la décision devra être prise avant le 13 mai, date limite au-delà de laquelle toute équipe se retirant serait passible d’une lourde amende.
Deux options sur la table, l’Italie favorite dans les deux cas
Selon les informations relayées par The Athletic, deux pistes sont actuellement étudiées en coulisses. La première, la plus directe, consisterait à repêcher l’Italie sans qu’elle ait à disputer le moindre match supplémentaire pour la Coupe du Monde 2026. Une option que le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, membre du Conseil de la FIFA, soutiendrait activement au nom de la représentativité du football européen.
La seconde option, plus complexe, envisage l’organisation d’un barrage intercontinental de dernière minute disputé aux Etats-Unis avant le lancement du tournoi. Ce mini-tournoi opposerait 2 nations de l’AFC et 2 nations de l’UEFA non qualifiées. L’Italie y serait presque automatiquement invitée en raison de son excellent classement FIFA, supérieur à celui de toutes les autres nations européennes éliminées.
Ce mécanisme n’est pas sans précédent. Lors de la dernière Coupe du Monde des Clubs, la FIFA avait déjà organisé un barrage similaire entre le Club América et le Los Angeles FC après l’exclusion d’un club mexicain pour multipropriété.
Un sauvetage inespéré pour un football italien en quête de reconstruction
Pour l’Italie, cette porte entrouverte représente une opportunité historique autant qu’un cadeau empoisonné. Car même si la Nazionale parvenait à décrocher ce billet miraculeux, les questions de fond, sur la formation, la structure du football italien et la modernisation de la Serie A, resteraient entières.
« Il y a tout un mouvement à redessiner, nous sommes plongés dans une très grave crise », avait conclu Gabriele Gravina lors de sa dernière conférence de presse en tant que président de la FIGC. Un constat lucide qui résume à lui seul l’ampleur du chantier.
La décision devra tomber avant la mi-mai. En attendant, toute l’Italie retient son souffle, suspendue à une improbable équation géopolitique qui dépasse largement le seul cadre du football.
