Danemark 🇩🇰 : un Euro déjà historique

 Danemark 🇩🇰 : un Euro déjà historique

C’est la belle histoire de cette compétition. Les évènements survenus au sein de l’équipe danoise ne sont plus à expliquer et pourtant, les rouges et blancs se sont qualifiés en 1/2 finales au terme d’un match abouti face à la République Tchèque. Retour sur une participation déjà gravée dans l’Histoire.

Une entrée en matière des plus particulières

Samedi 12 juin 2021, aux alentours de 18h45, le football est sur le point de vivre un tournant dramatique. Le Championnat d’Europe a commencé depuis vingt-quatre heures, le moment est festif pour ce Danemark-Finlande, et pourtant. Christian Eriksen s’effondre sur la pelouse du Parken Stadium de Copenhague, victime d’un arrêt cardiaque. Les images sont insoutenables et comme le milieu de l’Inter Milan va beaucoup mieux, on ne retiendra que les belles valeurs qu’ont montrées l’ensemble des acteurs de la rencontre. Des premiers soins réalisés par Simon Kjær à la volonté d’encercler le capitaine pour éviter que le monde ait les yeux rivés sur le joueur inconscient, en passant par la réactivité des staffs médicaux mais également de l’arbitre Monsieur Anthony Taylor.

Presque deux heures plus tard et à la surprise générale, alors qu’Eriksen est de nouveau conscient mais hospitalisé d’urgence, le match s’apprête à reprendre. A cours d’une rencontre que l’on imagine impossible à disputer, les Danois s’inclinent 0-1 face à la Finlande. Le capitaine Simon Kjær en est le symbole : remplacé à la 63ème minute de jeu, il ne s’estime plus capable de jouer dans ces conditions. Sur le rectangle vert, le Danemark a proposé un jeu séduisant avant le tragique évènement. Avec plus de dix frappes réalisées en une mi-temps et de nombreuses occasions dangereuses sur les cages de Lukas Hradecky, ils ont dominé leur adversaire du jour de la tête et des épaules. Sur leur seul tir du match, les Finlandais prennent les trois points grâce à Joel Pohjanpalo. On n’imagine alors difficilement comment les joueurs vont pouvoir se relever d’une situation si particulière.

Un visage métamorphosé face aux Diables Rouges

Cinq jours après la Finlande, le Danemark retrouve le Parken Stadium de Copenhague, autorisé à recevoir 10 000 spectateurs de plus pour la rencontre contre la Belgique, ce qui élève sa capacité totale à 23 500 places. Pour ce match, il est bien plus simple de parler football, même s’il est logique que les joueurs restent choqués par l’arrêt cardiaque de leur coéquipier. Mais à la surprise de tous, les hommes de Kasper Hjulmand arrivent sur la pelouse comme des lions affamés. Leur première période est celle d’une nation qui viserait la victoire finale dans la compétition. Face à l’une des meilleures équipes de cet Euro 2020, Thomas Delaney et ses coéquipiers montrent un visage des plus séduisants.

La Belgique ne parvient pas à tenir le ballon plus de trente secondes, les Diables Rouges sont étouffés par le pressing du 3-4-3 danois. Dans un schéma de jeu similaire, les Belges voient leurs pistons contraints à défendre alors que ceux des rouges et blancs éblouissent la rencontre de leur talent offensif. Pour les citer, Daniel Wass et Joakim Mæhle réalisent une performance de rang international. Surtout le second, le latéral droit de l’Atalanta, positionné piston gauche, a été le pire cauchemar de Thomas Meunier et Dries Mertens, incapables de stopper les vagues incessantes de l’ancien de Genk. Les Danois avaient su concrétiser cette domination au bout de seulement 100 secondes de jeu, mais n’ont pas su aggraver le score et retrouvent les vestiaires avec le plus petit des avantages. Durant cette première période, les Belges n’auront tenté leur chance qu’une fois, sans jamais réussir à mettre en place leur jeu.

Au coup de sifflet de la deuxième mi-temps, le match n’est plus le même. Les coéquipiers de Youri Tielemans ont retrouvé des couleurs, bien aidés par l’entrée de Kévin De Bruyne. Le mancunien délivre une passe décisive et inscrit un but d’une frappe sèche à l’entrée de la surface, permettant à son pays de l’emporter 1-2 au bout des 90 minutes de jeu. Les Danois ont été contraints de subir face à une équipe meilleure qu’elle. Mais cette première période reste dans les esprits : ces joueurs ont la capacité de pratiquer un football de haut niveau.

La délivrance après 270 minutes

0 point en 2 rencontres, c’est le triste bilan qu’affiche le Danemark de Kasper Hjulmand à l’aube d’affronter la Russie. Pourtant, grâce aux résultats adverses, ils sont favoris pour se qualifier au sein de ce groupe B. En cas de victoire et si la Finlande s’incline contre la Belgique, leur aventure continuera. Conscients de l’enjeu et de nouveau devant un Parken Stadium en fusion, les joueurs vont livrer une performance à la hauteur des attentes. Dans leur 3-4-3 habituel et de nouveau face à ce même schéma instauré par la Russie, les Danois ont du mal à concrétiser une possession de balle très élevée mais trop stérile.

Il faudra un éclair de génie du jeune Mikkel Damsgaard. A l’entrée de surface, le joueur de la Sampdoria enroule une frappe qui vient se loger dans la lucarne de Matvey Safonov. Avec moins de 5 sélections sur les épaules, il confirme un niveau de jeu élevé déjà affiché lors du match face à la Belgique. En seconde mi-temps, les coéquipiers de Yussuf Poulsen vont dérouler. Le buteur de Leipzig profite d’une erreur de Roman Zobnin pour alourdir le score. La rencontre s’équilibre ensuite et la Russie revient à un but d’écart grâce au pénalty inscrit par Artem Dzyuba. Kasper Hjulmand voit bien que son équipe est sur un faux rythme et décide de changer de système.

Andreas Christensen est placé un cran plus haut, faisant passer l’équipe dans un schéma à quatre défenseurs. Ce choix s’avère payant lorsque, positionné haut sur le terrain, le défenseur de Chelsea vient reprendre un ballon traînant à l’entrée de surface de plein fouet, catapultant le ballon au fond des filets. Trois minutes plus tard, Joakim Mæhle vient inscrire le quatrième but et concrétise un nouveau match réussi. Le Parken Stadium peut exploser, car la Finlande a perdu et les Danois sont qualifiés.

La concrétisation face aux gallois

Pour ce premier match à élimination directe, les danois affrontaient le Pays de Galles de Gareth Bale. Durant le premier quart d’heure, alors que l’on pense les hommes de Kasper Hjulmand favoris, ces derniers sont totalement dépassés. Les gallois font plus que faire face à leur adversaire du jour et les mettent en danger à de nombreuses reprises. La réaction ne se fait pas attendre et le sélectionneur danois décide de changer de système. Comme face à la Belgique, Andreas Christensen est replacé milieu défensif et la défense à 3 devient une défense à 4.

A partir de ce moment, le Danemark va dynamiter son adversaire. Kasper Dolberg, qui a peu joué lors de la phase de poule, vient confirmer que tous les joueurs sont prêts à répondre présent. Au terme d’une action de classe mondiale, orchestrée par les flamboyants Mæhle et Daamsgard, le niçois marque le premier but de la rencontre. Bien aidée par une relance catastrophique de la défense adverse, il s’offre un doublé et porte le score à 2-0. En fin de match, l’inépuisable Mæhle inscrit son second but de la compétition avant que Braithwaite ne vienne infliger le coup final, du gauche. Le score est sans appel : 4-0.

Rien n’est jamais simple

En 1/4 de finales, le Danemark affronte la République Tchèque au sein d’un match qui réunit les deux belles surprises de la compétition, même si les attentes sont plus élevées pour les scandinaves, que l’on a vu très impressionnants. Sous 30 degrés, et devant le peu de spectateurs du Stade Olympique de Bakou, les 22 acteurs ont disputé une rencontre difficile. C’est le match où l’on aura le plus vu les hommes de Kasper Hjulmand en difficulté, par le contexte d’une part, mais surtout à cause des tchèques. Cela, malgré l’ouverture du score dès la 5ème minute de jeu sur un corner où Thomas Delaney se trouve étonnamment seul, et malgré le but du break inscrit par Kasper Dolberg servi par un petit bijou technique de Joakim Mæhle juste avant la pause. Au retour des vestiaires, l’entrée de Michael Krmencik change la physionomie du match et très vite, Patrick Schick trouve le chemin des filets pour la cinquième fois dans cet Euro, faisant de lui le meilleur buteur de la compétition, à égalité avec Cristiano Ronaldo.

Il permet à son équipe de revenir à un but d’écart. Les danois souffrent, et même si Yussuf Poulsen fait une belle entrée en jeu, il est le symbole de la difficulté que rencontre les danois, contraint de jouer bas face aux assauts des coéquipiers de Tomas Soucek. Le Danemark recule, subit, et ne sortira que très peu de son camp lors du dernier quart d’heure. Finalement, le verrou ne saute pas et les Rouges et Blancs peuvent exulter. Au cours de cette rencontre, le Danemark réalise son match avec le moins de tir tenté, et se place même derrière son adversaire du jour en terme d’XG (2.1 vs 1.74). Le match fut équilibré, il aurait pu tourner d’un côté comme de l’autre.

Bientôt un mois après les terribles images de Christian Eriksen, le Danemark est toujours en lice et espère bien accrocher une place en finale. En délivrant l’un des jeux les plus séduisants de la compétition, et à cause des évènements, le Danemark a réussi à créer ce petit quelque chose à propos duquel il est difficile de poser des mots. Une équipe est née, et elle compte bien aller chercher des résultats encore plus historiques.

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Guillaume Tabbara

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