Ce vendredi soir au SoFi Stadium d’Inglewood, la Coupe du monde 2026 offre l’un de ses plus beaux chocs. L’Espagne, invaincue et sans le moindre but encaissé en cinq matchs, affronte une Belgique transfigurée depuis les huitièmes de finale, privée de son métronome mais armée de ses plus grands joueurs.
La Roja de Luis de la Fuente est tout simplement l’équipe la plus régulière du tournoi. Neuf buts marqués, zéro encaissé en cinq rencontres : une stat qui n’appartient qu’à elle dans cette Coupe du monde. En huitièmes de finale, la victoire 1-0 contre le Portugal s’est dessinée dans le temps additionnel, grâce à un but de Mikel Merino entré en jeu, confirmant que la Roja sait trouver la faille y compris dans les matchs les plus verrouillés. L’Espagne égale par ailleurs son record historique de 35 matchs sans défaite (26 victoires, 9 nuls) en équipe nationale.
L’Espagne, perfection défensive et instinct de finisseur
La principale absence du camp espagnol reste celle de Nico Williams (Athletic Bilbao), victime d’une blessure à l’adducteur droit depuis le match contre l’Uruguay en phase de groupes. Il est resté sur le banc face au Portugal et un retour avant la fin du tournoi est jugé improbable par la fédération espagnole. C’est Alex Baena qui occupera à nouveau le couloir gauche, dans un 4-2-3-1 conduit par Rodri (Manchester City, 75 sélections) et Pedri (FC Barcelone, 74 sélections) au double pivot.
Lamine Yamal (18 ans, 1 but dans le tournoi) est décrit par Dani Olmo comme un joueur en constante progression : « Il apporte énormément avec ses dribbles et sa présence. Il monte en puissance. » Sur les cinq matchs joués, il totalise 17 tirs et représente la menace offensive numéro un sur le flanc droit. Mikel Oyarzabal (Real Sociedad, 4 buts dans le tournoi, 17 buts lors de ses 16 dernières titularisations en sélection) reste l’homme le plus dangereux devant. Unai Simón dans les buts, charnière Pau Cubarsí (19 ans) et Aymeric Laporte devant lui. Aucune absence ni suspension à signaler dans le camp espagnol.
La Belgique, la force mentale et le coup dur Onana
De l’autre côté du terrain, la Belgique de Rudi Garcia arrive en quarts avec la folie de ses derniers matchs. La remontada 3-2 contre le Sénégal en huitièmes (menée 2-0 à la 85e minute), puis la démonstration 4-1 contre les États-Unis en quarts, avec le doublé de Charles De Ketelaere et les buts de Hans Vanaken et Romelu Lukaku : les Diables Rouges ont inscrit 12 buts lors de leurs cinq derniers matchs, le total le plus élevé parmi toutes les équipes encore en lice dans le tournoi. La Belgique a marqué lors de chacune de ses rencontres, à l’exception du 0-0 contre l’Iran.
Mais le coup dur est immense : Amadou Onana (Aston Villa, 42 sélections) s’est rompu le ligament croisé antérieur du genou droit lors du huitième contre les États-Unis. Un forfait qui prive la Belgique de son meilleur équilibreur défensif au milieu et oblige Garcia à recomposer son entrejeu. Zeno Debast reste également incertain (blessure à la jambe depuis mai). La bonne nouvelle en revanche : Kevin De Bruyne (123 sélections, 38 buts), reposé lors du huitième contre les États-Unis, a participé à l’entraînement du mardi et devrait retrouver le onze de départ.
Garcia devrait aligner un 4-2-3-1 avec Thibaut Courtois dans les buts, la charnière Nathan Ngoy et Brandon Mechele, et Maxim De Cuyper à gauche. Le double pivot Hans Vanaken et Youri Tielemans (2 buts dans le tournoi) compensera l’absence d’Onana. Jérémy Doku (46 sélections) et Leandro Trossard (2 buts, 2 passes décisives) seront les dynamiteurs sur les côtés. La grande incertitude porte sur la pointe : De Ketelaere (doublé contre les USA) ou Lukaku (130 sélections, 3 buts dans le tournoi, premier joueur à marquer lors de 4 matchs consécutifs de Coupe du monde en débutant sur le banc) ?
La Roja et les Diables Rouges se sont affrontés 22 fois dans leur histoire : 12 victoires espagnoles, 5 nuls, 5 succès belges. Les deux nations ne se sont plus rencontrées en Coupe du monde depuis 1986, lors de la phase finale remportée par l’Espagne.
Les compositions probables d’Espagne – Belgique
- Espagne (4-2-3-1) : Unai Simón – Porro, Cubarsí, Laporte, Cucurella – Rodri, Pedri – Yamal, Olmo, Baena – Oyarzabal
- Belgique (4-2-3-1) : Courtois – Castagne, Mechele, Ngoy, De Cuyper – Vanaken, Tielemans – Doku, De Bruyne, Trossard – De Ketelaere
