À 35 ans, dans ce qui est sa dernière campagne européenne avant de partir en MLS, Antoine Griezmann a délivré la passe décisive qui a tué le FC Barcelone. En conférence de presse, Diego Simeone a craqué. Et il a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
Griezmann, 35 ans, et toujours aussi décisif
Mardi soir au Metropolitano, quand l’Atlético de Madrid s’est retrouvé sous pression, bousculé par un Barça en feu avec Lamine Yamal et Ferran Torres qui venaient de remettre les deux équipes à égalité au cumulé (2-0 pour le Barça en 25 minutes), c’est Antoine Griezmann qui a changé le cours de l’histoire.
À la 31e minute, Griezmann a décroché pour recevoir le ballon, a vu la course de Marcos Llorente dans son dos et a glissé une passe en profondeur d’une touche, précise comme une lame, pour lancer son coéquipier. Llorente a centré pour Ademola Lookman, qui a conclu. 1-2. L’Atlético reprenait l’avantage au cumulé. Et cette fois, il ne le lâchait plus.
Une passe. Mais quelle passe. La passe qui a tout changé. Et qui a remis tout le match, et la qualification, dans le sens des Colchoneros.
Simeone : « On ne réalisera que plus tard ce qu’on a eu »
En conférence de presse d’après-match, Diego Simeone était ému. Visiblement touché par la qualification, par la performance de son équipe, mais surtout par ce qu’il voit depuis des années et qui lui tient à coeur. Il a rendu hommage à son numéro 7 d’une façon qui en dit plus long que n’importe quelle statistique.
« C’est un génie. Ce n’est que dans quelque temps que nous réaliserons que nous avions dans nos rangs un joueur de classe mondiale qui a fait la différence. »
Une citation qui prend une résonance particulière quand on sait ce qu’elle implique. Car Griezmann ne sera plus là la saison prochaine. L’attaquant français quitte l’Atlético de Madrid cet été pour rejoindre Orlando City, en MLS. Ce quart de finale contre le Barça est l’une de ses dernières grandes affiches européennes. Et il l’a jouée comme il a joué toute sa carrière : dans l’ombre des grands noms, mais décisif quand il le fallait.
Griezmann lui-même le reconnaît
Interviewé après le match, Griezmann a lui-même résumé l’état d’esprit avec cette sincérité qui le caractérise : « L’Atlético c’est ça, c’est courir, souffrir jusqu’au coup de sifflet final. Avec les supporters qui nous poussent, c’était exceptionnel. »
Et sur le Club qu’il va quitter, il avait confié lors du match aller au Camp Nou : « Au Camp Nou, j’ai vécu des moments incroyables. J’en ai beaucoup profité, c’était une très belle expérience. » Une façon de regarder derrière lui tout en sachant que le chapitre européen se referme bientôt.
L’Atlético en demi-finale pour la première fois depuis 2017
Pour le club, cette qualification a une valeur historique. L’Atlético de Madrid retrouve le dernier carré de la Ligue des Champions pour la première fois depuis 2017, soit neuf ans d’absence des demi-finales. En face, lors du match aller, c’était déjà le FC Barcelone qui avait été battu par les Colchoneros. La symétrie est parfaite.
En demi-finale, l’Atlético affrontera le vainqueur de la double confrontation Arsenal – Sporting CP. Un adversaire a priori plus accessible que le PSG ou le Bayern-Real, et qui pourrait laisser les hommes de Simeone rêver encore plus loin.
Mais avant de penser à la suite, à Munich, à Budapest, il faudra prendre le temps de réaliser ce que le football espagnol est en train de vivre. Un génie de 35 ans, à quelques semaines de son dernier match de Ligue des Champions, qui délivre la passe qui tue le meilleur club du monde en titre.
Simeone a raison. On ne réalise pas encore.
