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Hugo Boumous : Découverte du meilleur joueur du championnat indien

 Hugo Boumous : Découverte du meilleur joueur du championnat indien

Formé à Rennes et Laval, international espoirs marocain, Hugo Boumous exporte désormais son talent dans le championnat Indien. Elu meilleur joueur de l’Indian Super League la saison dernière, découverte d’un joueur qui pourrait rapidement faire parler de lui en Europe. 

  • Si tu devais comparer l’Indian Super League à une division française, ce serait laquelle ?

“C’est compliqué de répondre à cette question. A vrai dire, le niveau de jeu est très hétérogène. Ce qui permet de hausser le niveau de jeu, c’est la règlementation de l’Indian Super League qui admet 5  joueurs étrangers maximum sur le terrain et 7 en tout dans le groupe.

Parmi ces 7 joueurs étrangers, il doit forcément y avoir un joueur australien car l’Australie est affiliée à la confédération asiatique. Les joueurs australiens ont un très bon niveau de manière globale. Les joueurs étrangers auraient tout à fait leur place en Ligue 1 ou Ligue 2. A contrario, les joueurs locaux possèdent un niveau plus faible. En France, les joueurs indiens évolueraient  très certainement en National 1 ou National 2.”

  • Comment se situe le championnat indien par rapport aux autres championnats asiatiques ?
Le ATK Football Club est le vainqueur de la dernière édition de l’Indian Super League (2019 / 2020).

“Avant de comparer l’ISL avec le reste des championnats asiatiques, il s’agit de préciser que le championnat indien est jeune. Il a seulement 6 ans d’existence. Il n’est donc pas à maturation en matière de développement.

De plus, l’ISL fonctionne sous forme de franchises, cela ne repose pas sur le modèle européen des montées-descentes mais plus sur le modèle américain ou australien. Il faut donc acheter une équipe pour pouvoir prétendre jouer dans ce championnat. En étant plus libre sur les quotas de joueurs étrangers, le championnat indien se développe plus que les autres championnats asiatiques dont le quota est de 3 joueurs étrangers plus 1 asiatique.

Beaucoup d’investissements sont réalisés dans le football indien, ce qui me fait dire que cela peut rapidement devenir un championnat important sur la scène asiatique. Les structures sont aussi de qualité, ce qui constitue un bon indice de développement.

Les contrats offerts aux joueurs et entraîneurs sont intéressants, en restant tout de même en cran en dessous de la Corée, du Japon de la Chine ou des Pays du Golfe de ce que je sais mais en se plaçant au-dessus de l’Australie ou de la Malaisie par exemple. J’ai constaté, lors du dernier mercato, un important exode de joueurs australiens vers l’ISL. La crise de la COVID-19 oblige les joueurs de l’A-League à réduire leurs salaires. Combiné à un niveau de vie élevé, cela pousse à l’exode.”

  • Quel est ton ressenti par rapport à la formation des jeunes talents ?

“D’un point de vue formation, je dois constater que la différence est importante par rapport à ce qui peut se faire en Europe. Cependant, l’Europe s’intéresse à l’Inde. Des clubs comme Dortmund, Leipzig (avec le club de Goa) ou les Glasgow Rangers nouent des partenariats avec des clubs locaux.

Même l’ISL a crée sa propre académie. Au-delà du système de formation, de manière générale, les compétences des entraîneurs et les structures d’entraînement restent nettement inférieures à ce qu’on peut trouver en Europe.”

  • Qu’est ce que cela apporte à ta carrière de jouer en Inde ? Les indiens sont-ils passionnés par le football ?
Hugo Boumous, sous les couleurs de sa première équipe indienne, le FC Goa.

“Jouer en Inde donne une certaine exposition médiatique. Les clubs et l’ISL réalisent un véritable travail sur les réseaux sociaux pour conquérir une fan-base. La venue de nombreux étrangers aide, selon moi, à l’amélioration du spectacle. Les indiens voient les matchs de football comme un spectacle et tout est mis en place pour que ce soit un véritable show.

Pour moi, le plus gros inconvénient, c’est la durée du championnat. Elle est de seulement 6 mois ce qui est très problématique pour un joueur de mon âge qui cherche à enchaîner les matchs. L’ISL réfléchit à intégrer plus d’équipes au fur et à mesure des saisons. Comme cela se fait en A-League, il pourrait avoir un 3rd round (ndlr: affronter dans une même saison 3 fois la même équipe).

Les indiens, dans la globalité, ne sont ni des grands connaisseurs, ni des grands passionnés de football. Ils connaissent les grandes équipes anglaises ou espagnoles. Alors oui, le football se développe vite et les indiens viennent de plus en plus au stade pour voir le spectacle mais l’Inde ne possède pas vraiment de culture sport. Le football reste encore bien en dessous d’un sport ultra médiatisé: le cricket.”

  • Comment vis-tu la bulle sanitaire mise en place pour la reprise du championnat ?

“D’un point de vue personnel, je ne le vis pas extrêmement bien pour le moment. Depuis mon arrivée en Inde, je n’ai pas eu la possibilité de rencontrer mes nouveaux coéquipiers ainsi que le staff puisque je dois observer une quatorzaine obligatoire.

Cette saison, chaque équipe loge dans un des hôtels de Goa, lieu dans lequel va se dérouler la totalité du championnat. Nous ne pouvons pas avoir de contacts avec le monde extérieur et ce pendant toute la durée du championnat.

Même si ces restrictions sont loin d’être agréables, nous gardons à l’esprit que l’objectif est de ne pas avoir de cas de Covid durant la compétition et c’est ce qui est le plus important. Le club de Mumbai City FC met tout en œuvre pour cela, nous sommes testés 3 fois par semaine, des membres du personnel de l’hôtel nous sont spécialement dédiés et certaines infrastructures de l’hôtel nous sont aussi exclusivement réservés.”

  • Rejoindre le city Group via le club de Mumbai peut-il constituer un tremplin pour ta carrière ?
En juillet dernier, Hugo Boumous s’engage pour une somme record (en Inde) au Mumbay City FC.

“À la fin de la saison dernière, j’avais quelques offres concrètes. Après la bonne saison que j’avais réalisée, ma priorité était de trouver un projet ambitieux dans un club qui me permette de gagner en visibilité.

Lorsque le City group m’a fait part de son intérêt, j’ai tout de suite été intéressé car ce groupe est une référence dans la sphère du football mondial. Dès les premiers échanges, j’ai senti une réelle volonté de construire quelque chose avec moi. La priorité est d’effectuer avec le Mumbai City FC une grande saison et de répondre aux objectifs que nous nous sommes fixés avec le club.

Évidemment, je sais que le City Football Group est propriétaire de plusieurs clubs. Après plus de deux saisons passées en Indian Super League, je serai attentif aux propositions que pourraient me faire mes dirigeants à la fin de la saison. Des équipes comme Troyes, New York City ou Girona pourraient être des challenges intéressants…

  • Quels sont les objectifs de Mumbai City FC cette saison ? Ressens-tu une certaine pression autour de l’équipe ?

Avec le recrutement ambitieux que le club a effectué, nous serons les favoris de la ligue et nous le savons. L’idée n’est pas de se cacher mais d’assumer ce statut. Des joueurs de qualité ont rejoint le groupe comme Adam Lefondre qui est un joueur confirmé de Championship et qui était à Sydney la saison dernière ou encore Ogbeche qui est passé par la Ligue 1.

A titre personnel, il y a forcément un peu de pression car j’arrive à Mumbai avec l’étiquette du plus gros transfert de l’histoire de l’Indian Super League.”

  • Est ce que le Mumbai City FC doit respecter une philosophie de jeu prônée par le City Group ?

L’idée est de jouer le football le plus attractif possible à l’image de ce que fait Manchester City en Angleterre et sur la scène européenne. Le recrutement des joueurs mais aussi celui du coach a été réalisé en ce sens. Avec l’arrivée de Sergio Lobera qui est un entraîneur issu de la Masia et qui était mon coach la saison dernière à Goa, la volonté est de jouer un football spectaculaire et offensif qui repose sur la possession du ballon.

Dès les premiers contacts, j’ai senti que j’étais dans un grand groupe. Les négociations se sont déroulées de manière sérieuses, les membres du City Group ont fait preuve d’un grand professionnalisme.”

  • Des contacts pour un retour en Europe ? 

“J’avais quelques contacts lors du précédent mercato pour un retour en Europe. Les problèmes liés au Covid ont rendu les négociations plus compliquées et dans le même temps j’avais une offre très intéressante formulée par le City Group, je ne me suis pas posé de questions.”

La saison 2020-2021 de l’Indian Super League doit débuter le 20 novembre prochain. Nul doute qu’Hugo Boumous sera l’une des attractions de cette nouvelle saison. Meilleur joueur la saison passée, il doit confirmer son statut afin d’intégrer les clubs les plus huppés du City Group.

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Aurelien Schwartz

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