En plaisantant à propos de la non-qualification de l’Italie à la Coupe du Monde 2026, Gianni Infantino, président de la FIFA, a provoqué un tollé de l’autre côté des Alpes.
Une blague qui ne passe pas du tout ! Hier, dans un entretien, Gianni Infantino a déclaré ceci à propos de l’échec de la sélection italienne à se qualifier pour la Coupe du Monde 2026 :
« L’Italie se qualifierait peut-être avec 64 équipes… On pourrait même aller jusqu’à 208 pour voir si elle y arrive »
Malgré le ton de l’humour clairement employé, cette blague d’Infantino ne passe pas du tout en Italie, où elle est vue comme une insulte inutile et gratuite.
La Repubblica répond à Infantino
Le quotidien italien La Repubblica a répondu aux propos d’Infantino dans ses colonnes, aujourd’hui, en ces termes :
« Comme si, pour nous Italiens, la déception de la troisième exclusion consécutive à la Coupe du Monde ne suffisait pas, nous devions aussi être tournés en dérision. Il faut encaisser également l’ironie du dirigeant le plus important de l’organisation qui gère la Coupe du Monde, le numéro un du football mondial, Gianni Infantino »
Pour rappel, l’Italie a échoué à se qualifier pour les Coupes du Monde 2018 et 2022. Cette année encore, la Nazionale s’est incliné en barrage contre la Bosnie-Herzégovine d’Edin Dzeko et manquera donc un troisième mondial d’affilée. Une anomalie dans le monde du football.
D’autres personnalités s’en sont d’ailleurs pris à Infantino par la suite après ses propos. Le champion du monde 1982 Mario Tardelli était particulièrement en colère envers le patron du football mondial :
« Il a été irrespectueux envers l’Italie et un type comme lui n’est pas un supporter de l’Italie. Il ne devrait pas se permettre de dire de telles choses, surtout en tant que Président de la FIFA. Depuis qu’il fréquente Trump, il accumule les erreurs »
Des politiques italiens répondent à Infantino
Cette affaire secoue même l’Italie jusque dans sa sphère politique. Membre de la Chambre des députés, Gaetano Amato s’en est pris à Infantino, jugeant scandaleux qu’il prenne :
« plaisir à se moquer de l’Italie. N’oublions pas qu’il ne parle pas comme un simple supporter dans un bar, pas comme président de la FIFA. Un rôle qu’il occupe grâce au soutien de la fédération italienne et qui devrait imposer respect et sens des responsabilités. Nous sommes les premiers à avoir honte du déclin de notre équipe nationale et du désastre que traverse le football italien. Nous n’avons pas besoin de ces plaisanteries de mauvais goût pour le constater. Se moquer de l’Italie est d’une mesquinerie rare, surtout de la part de quelqu’un qui devrait représenter le football mondial tout entier, Italie comprise »
Le ministre des Sports et de la Jeunesse italien lui-même s’est exprimé sur l’affaire. Andrea Abodi a choisi de tempérer les propos du patron de la FIFA, estimant néanmoins nécessaire d’engager une discussion à ce propos :
« Les informations rapportées sont une chose, mais il est préférable de l’entendre directement. Je préfère d’abord vérifier les faits avant de me prononcer. Vais-je lui parler ? Je pense et l’espère vraiment. Je souhaite connaître son point de vue directement »
Infantino se s’attendait sans doute pas à ce qu’une chambrade de la sorte devienne une petite affaire d’Etat en Italie.
