En pleine phase finale de la Coupe du Monde 2026, une révélation venue des États-Unis vient jeter une ombre bien plus sérieuse sur le football argentin. Le FBI enquêterait sur les flux financiers de la Fédération argentine de football (AFA), au lendemain d’une qualification déjà entachée par une polémique arbitrale retentissante.
La qualification de l’Argentine pour les quarts de finale, arrachée 3-2 face à l’Égypte après avoir été menée de deux buts, aurait dû rester dans les mémoires comme l’un des plus beaux scénarios du tournoi. Mais les décisions de l’arbitre François Letexier ont immédiatement déclenché une vague de critiques, le sélectionneur égyptien Hossam Hassan dénonçant un match faussé, quand plusieurs de ses joueurs évoquaient une FIFA favorable à l’Albiceleste.
Un climat de suspicion déjà alimenté depuis plusieurs semaines par les liens affichés entre le président de la FIFA, Gianni Infantino, et plusieurs responsables politiques, notamment Donald Trump, dont l’intervention aurait pesé dans l’annulation du carton rouge de Folarin Balogun face à la Belgique. Plusieurs élus européens réclament d’ailleurs davantage de transparence sur la gouvernance de l’instance mondiale.
Le FBI s’intéresse aux finances de l’AFA
C’est dans ce contexte tendu qu’est tombée l’information la plus sensible : des agents du FBI et des procureurs fédéraux américains ont ouvert une enquête portant sur les opérations financières de l’AFA, présidée par Claudio Tapia. Les investigations visent à retracer plusieurs centaines de millions de dollars liés aux contrats commerciaux de la fédération, ayant transité par le système bancaire américain via des établissements comme Citibank, Synovus, Bank of America, JP Morgan et PNC Bank.
Plusieurs témoins ont déjà été entendus, dont l’homme d’affaires Guillermo Tofoni, longuement auditionné en visioconférence par des enquêteurs spécialisés dans les crimes financiers. Les investigations se concentrent notamment sur TourProdEnter LLC, la société qui gérait une partie des contrats internationaux de l’AFA, et qui aurait manié au moins 260 millions de dollars issus des activités commerciales de la fédération. Une partie de ces sommes n’aurait pas de destination clairement justifiée dans les documents bancaires consultés par les enquêteurs.
Une bataille judiciaire qui s’annonce longue
Les procureurs envisageraient également d’entendre d’anciens responsables du gouvernement de Javier Milei, susceptibles d’avoir eu accès à des informations sensibles sur ces opérations. En Argentine, les procédures judiciaires liées à ce dossier avancent toutefois beaucoup plus lentement, plusieurs recours ayant été déposés par les personnes visées pour contester l’usage des documents obtenus aux États-Unis, ainsi que la compétence des tribunaux saisis.
Aucune culpabilité n’est établie à ce stade, et la présomption d’innocence reste entière. Mais le simple fait qu’une enquête fédérale américaine vise l’AFA en pleine Coupe du Monde, disputée sur le sol américain, suffit à provoquer un séisme dans le monde du football. Un climat de défiance qui s’ajoute désormais aux polémiques arbitrales entourant l’Albiceleste, et qui pourrait continuer à peser sur la fin de ce tournoi.
