Le football français au bord de la faillite

 Le football français au bord de la faillite

Comme affirmé dans l’Equipe du jour, la Ligue de Football professionnel ainsi que l’ensemble des clubs de football professionnel français risquent de se retrouver dans une position très délicate, si tenté qu’elle ne le soit pas déjà.

En effet, depuis le début de l’automne, le football français se trouve dans une crise majeure. Le robinet d’où coule sa principale source de revenus est fermé.

Plus de 875 millions d’euros : c’était la somme que promettait de verser chaque année Mediapro pour retransmettre la Ligue 1 et la Ligue 2. Le problème est que le groupe détenu par Jaume Roures ne souhaite pas verser les échéances à la LFP. Les clubs pâtissent alors de cette décision car c’est à eux que la ligue redistribue les sommes de ce contrat de diffusion.

Dans l’empressement, l’assemblée générale ordinaire de l’instance dirigée par Vincent Labrune a au cours de l’automne voté la possibilité de contracter un ou différents prêts pour subvenir aux besoins des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. Cela doit permettre de combler dans les budgets des structures l’absence de versement de Mediapro.

Eventuellement, cela peut être le troisième prêt au passif de la LFP après le prêt garanti par l’Etat au tout début de la crise du coronavirus palliant le manque de matchs officiels pour les clubs de L1 et de L2 et après celui de début de l’automne compensant le non-versement d’une échéance de Mediapro.

L’objectif de ces prêts est ne pas perturber le football français. Pour l’instant c’est une réussite car les clubs français ne ressentent pas le non-respect des obligations contractuelles de Mediapro. Mais les charges d’intérêt et le remboursement du capital pénaliseront pendant longtemps le développement de la Ligue.

De manière évidente, la ligue ne rencontre aucune difficulté lors de la souscription du premier emprunt. Avec une garantie telle que l’Etat français, les banques sont forcément moins fébriles. Malgré l’obtention du deuxième prêt, l’institution rencontre des difficultés et les banques prêteuses ne se bousculent pas au portillon. En effet, elle avance aux prêteurs l’argument selon lequel les remboursements seront assurés par le versement des sommes dues par Mediapro.

2 mois plus tard, la donne a changé. La garantie d’Etat est absolument inenvisageable. Emmanuel Macron, le président de la république, confirmait ces derniers mois que l’état français n’a pas vocation à soutenir de manière indéfinie le football français. Pour convaincre une banque d’octroyer un nouveau prêt, les négociations seront ardues car on ne peut guère affirmer que la situation contractuelle entre Mediapro et le football français s’est améliorée. Les banques ne bénéficient d’aucune garantie quant à un remboursement, ou de garanties extrêmement faibles.

D’autant plus que la conciliation devant le tribunal de commerce de Nanterre, devant aider les parties à trouver une solution, n’est toujours pas à son terme. Qu’une solution ne soit pas trouvée à l’issue de la procédure est pleinement envisageable. Poussant alors le football français à s’enliser dans la crise.

Le temps presse car la non-conclusion d’un prêt dans les prochains jours aurait des conséquences gravissimes sur le football français. Sans argent frais, la LFP sera tout simplement dans l’impossibilité de distribuer de l’argent aux clubs, eux qui comptent sur cette manne financière pour vivre au quotidien.

Les conséquences sur la vie quotidienne des clubs sont largement imaginables quand on regarde les conséquences en Serie A.

De nombreux joueurs de la première division italienne se plaignent, récemment, de non-paiement de leurs salaires. Le tweet de Luiz Alberto, milieu de la Lazio Rome, ironisant sur le fait que le club romain achète un avion aux couleurs du club alors que les salaires ne sont pas payés au club met en exergue une problématique qui risque de devenir grandissante. D’autres clubs importants comme l’Inter Milan ne peuvent, eux-aussi, pas payés les salaires démontrant que tout club peut subir de fortes turbulences dans cette période.

Depuis des mois, plusieurs présidents de clubs français ont averti de cette possibilité. Cela paraît logique étant donné que les salaires sont le plus gros poste de dépenses dans ce type de structure.

Une solution évidente pourrait être de négocier à la baisse le salaire des joueurs. En France, cette modification ne peut être réalisée sans l’accord du joueur. Si le joueur refuse, son employeur, le club, peut le licencier en respectant la procédure de licenciement. Tout licenciement s’accompagnera de fortes indemnités venant plomber le budget des clubs français. La situation idéale n’existe donc pas…… A cette situation, comment vont réagir les joueurs ? Mais aussi le syndicat des joueurs ?

Ce qui est certain, c’est qu’au-delà des chiffres, au-delà des budgets des clubs, la compétitivité des clubs français va encore se dégrader au détriment des ligues allemandes ou anglaises surtout…….

Aurelien Schwartz

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