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Les nouvelles conséquences du Brexit sur la Premier League

 Les nouvelles conséquences du Brexit sur la Premier League

La fédération anglaise de football a annoncé ce mardi 1er décembre les nouvelles restrictions qui s’appliqueront aux transferts de joueurs européens vers les clubs anglais. Des mesures mises en place pour anticiper la sortie prochaine du Royaume-Uni de l’Union Européenne. 

Rappelons le contexte. Le Brexit fait suite au référendum britannique du 23 juin 2016, où 52% de la population s’est exprimée POUR la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Depuis le projet a été repoussé de maintes et maintes fois. Mais la victoire du camp conservateur du Premier Ministre Boris Johnson, lors des élections anticipées de décembre 2019, lèveront les incertitudes. Le Royaume-Uni ne fera plus partie officiellement de la famille européenne et de son marché commun le 1er janvier 2021. Ce qui impliquera donc des restrictions au niveau de la liberté de circulation et des permis de travail sur le sol britannique.

C’est dans ce contexte que la Football Association (fédération de football anglaise) a publié ce 1er décembre un communiqué annonçant un plan, co-construit avec la Premier League et la Ligue anglaise de football (EFL), approuvé par le gouvernement britannique.

Le plan du football anglais pour restreindre les transferts

Ce plan contient 2 mesures importantes.

Premièrement, les clubs anglais ne pourront pas recruter plus de 3 joueurs étrangers de moins de 21 ans lors d’une seule fenêtre de transfert, et pas plus de 6 par saison. Par ailleurs, avec le Brexit, l’Angleterre retombera sous le coup des règles de la FIFA, qui interdisent le recrutement de joueurs étrangers de moins de 18 ans. Ce qui va rendre impossible des achats tels que nous avons pu le voir par le passé avec Paul Pogba à Manchester United ou encore Gaël Kakuta à Chelsea.

Deuxièmement les joueurs ressortissants de l’Union Européenne devront disposer d’un permis de travail, comme actuellement pour les joueurs étrangers, pour pouvoir jouer en Angleterre après le Brexit. Un permis de travail qui sera attribué en fonction d’un système par points.

Les points seront calculés en fonction de plusieurs critères vis à vis du joueur :

  • le nombre de sélections internationales (en A et en espoirs)

  • le nombre de minutes jouées lors des apparitions en club

  • la “qualité” du club vendeur, en fonction de la ligue dans laquelle il se trouve et de sa progression en compétition continentale

Selon une étude de la BBC, avec les critères du permis de travail, c’est près de 332 joueurs des ligues anglaises qui n’auraient pas pu évoluer en Angleterre en 2016 On peut penser à l’époque au cas de N’Golo Kanté qui n’avait pas de sélection internationale avant de rejoindre Leicester.

Des exceptions pour attirer les meilleurs joueurs en Premier League

Toutefois, il existera des exceptions pour obtenir le précieux sésame. Le permis de travail pourra être automatiquement accordé aux joueurs qui ont disputé au moins 70% des matchs internationaux d’une équipe nationale sur une période 2 ans, équipe qui doit être classée parmi les 50 premières du classement FIFA.

Une autre clause permettra de contourner le système à points, si le joueur est considéré par les instances du football anglais comme apportant une « bonification au championnat » grâce à son talent hors-norme. Cette clause « Haaland / Mbappé » a notamment été utilisée pour que le transfert de Mohamed Salah à Liverpool soit accepté en 2017.

Améliorer le niveau de l’équipe nationale d’Angleterre

L’objectif est double s avec ces mesures d’anticipation du Brexit :

  • Permettre aux meilleurs joueurs locaux de pouvoir jouer dans les meilleurs clubs anglais, et ainsi améliorer le niveau des équipes d’Angleterre pour remporter un titre international.

  • Restreindre les conditions d’obtention des permis de travail pour ne recruter que les meilleurs joueurs étrangers. Et ainsi que la Premier League garde sa place de ligue de football la plus lucrative et la plus médiatisée au monde.

Le tout a été résumé par Richard Masters, Président de la Premier League, lors de l’annonce du communiqué :

« En continuant à recruter les meilleurs joueurs, la Premier League restera compétitive tout en complétant notre philosophie de développement des meilleurs talents étrangers aux côtés des meilleurs joueurs locaux »

Toutefois, ces mesures auront des conséquences sur les pays et les clubs qui vendent le plus de joueurs aux clubs anglais.

Conséquences à venir pour les clubs français et la vente des joueurs

Au premier rang desquels, les clubs français. Selon l’Observatoire du Sport Business, les clubs de Premier League ont investi plus de 1,25 milliard € sur les joueurs de Ligue 1 et de Ligue 2 durant la période 2010-2019. On peut donc s’interroger sur les conséquences de telles mesures sur l’économie du football français. Par exemple dans de telles conditions, le transfert de Wesley Fofana à Leicester cet été pour 35M€ aurait-il pu avoir lieu ?

Au-delà de cet aspect sportif, il en va aussi de la survie des clubs français, dont le budget pour beaucoup dépendent pour moitié des revenus liés aux transferts. L’économie du football français étant déjà fragilisée par les conséquences de la crise de la Covid-19 ainsi que par le flou autour de Mediapro et des revenus qui sont liés aux droits TV.

Vers des modèles à la City Football Group ?

La donne est donc claire, la Premier League et les ligues anglaises se referment sur elle-même pour que le football anglais soit plus victorieux. Il faut dire qu’au début de la Premier League en 1992, 70% des effectifs étaient composés de joueurs anglais, contre à peine 30% aujourd’hui. De quoi donner envie à l’Angleterre de découvrir les nouveaux talents pour accompagner le Jack Grealish FC.

Certains clubs ont toutefois peut-être trouvé la parade pour toujours avoir la main sur les meilleurs talents internationaux. Comme Manchester City qui vient de racheter en septembre, via la société du City Football Group, le club de l’ESTAC, pour garder ainsi un lien privilégié avec l’important vivier de pépites françaises.

L’avenir nous dira si la mère patrie du football qu’est l’Angleterre redeviendra la première puissance du ballon rond sur tous les terrains.

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Kévin Veyssière / FC Geopolitics

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