Ce soir à Anfield, Liverpool doit remonter deux buts de retard pour éliminer le PSG champion d’Europe en titre. Arne Slot y croit dur comme fer et le clame haut et fort. Il a même un plan. Mais pour les supporters parisiens, le mot « remontada » réveille des cauchemars bien réels. Retour sur une histoire d’amour et de terreur.
Slot n’a pas peur, il a « 200 exemples »
Lundi en conférence de presse, Arne Slot n’a rien joué l’abattu. Le coach néerlandais de Liverpool sait pourtant ce que 2 buts de retard signifie sur la scène européenne. Mais il a une réponse.
« Tout d’abord, rappelez-leur quel était le score, qu’il était de 2-0. Ensuite, nous avons démontré à de nombreuses reprises cette saison que nous sommes capables de réaliser une belle performance. » Son argument massue ? Ses Reds ont marqué plus de deux buts à 36 reprises cette saison. Et ils ont derrière eux un stade qui a une longue tradition d’exploit européen.
Le plan de Slot est clairement offensif. Fini le bloc bas subi au Parc des Princes. « On doit prendre des risques, on doit les presser même si on sait que c’est très difficile de le faire face à cette équipe. » L’attaquant Mo Salah sera en pointe, et toute l’Angleterre attend de voir si le jeune Rio Ngumoha, héros du week-end contre Fulham, sera titularisé d’entrée. Une chose est sûre : Anfield sera en feu à 21h ce soir sur Canal+.
2017, la mère de toutes les remontadas
Pour comprendre pourquoi le mot « remontada » glace encore le sang des supporters parisiens, il faut remonter au 8 mars 2017 au Camp Nou. Vainqueur 4-0 à l’aller, le PSG avait le match dans la poche. À la 88e minute, le score est encore de 3-1. Puis l’impensable : Sergi Roberto inscrit le 6e but barcelonais en prolongation du temps additionnel. Le Barça se qualifie 6-5 sur l’ensemble des deux matchs. C’est l’une des remontées les plus incroyables de l’histoire de la Ligue des Champions. Et le traumatisme fondateur du PSG moderne en Europe.
La malédiction se répète : Manchester United (2019)
Deux ans plus tard, rebelote dans une version encore plus absurde. Le PSG reçoit Manchester United avec un avantage de 2-0 acquis à Old Trafford. En face, une équipe décimée : une dizaine de blessés, Paul Pogba suspendu. La victoire semble acquise d’avance. Résultat du match retour au Parc des Princes : défaite 1-3. Un penalty sifflé à la 94e sur consultation VAR achève les Parisiens. Le match entre dans l’histoire comme un symbole absolu de la « remontada-phobie » du PSG.
2022 : Benzema, le triplé de l’horreur à Madrid
Troisième acte. Huitième de finale retour 2022 au Stade Santiago Bernabeu. Le PSG mène 1-0 après sa victoire à l’aller. Mbappé inscrit même un but en première période. Tout va bien. Puis Karim Benzema prend feu : triplé en 17 minutes (61e, 76e, 78e). Le Real Madrid renverse la situation 3-1. Paris est éliminé, sonné. Le spectre catalan avait fait des petits.
2024 : le PSG écrit enfin sa propre remontada
Ce n’est que lors du quart de finale retour 2024 que le PSG a finalement retourné la malédiction. Battu 2-3 à domicile à l’aller par le Barça, Paris arrive au Camp Nou avec un but de retard et rapidement mené 0-1 dès la 12e minute. Puis tout bascule dans l’autre sens. Le PSG s’impose 4-1, avec notamment l’expulsion de Ronald Araújo. Luis Enrique, l’homme qui avait orchestré la remontada côté Barça en 2017, avait retourné l’histoire.
Ce soir, Paris veut fermer le dossier
L’histoire du PSG et des remontadas, c’est donc un mélange de trauma, de résilience et de guérison progressive. Mais les guerres précédentes, c’était avec des avantages de 1 ou 2 buts. Ce soir à Anfield, les Rouge et Bleu partent avec exactement 2 buts d’avance, comme lors du match contre Man United en 2019. La mémoire collective fait le reste.
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Arne Slot le sait. Luis Enrique le sait. Et les 54 000 supporters d’Anfield comptent bien faire savoir ce soir que leur stade a lui aussi une longue histoire de remontadas. La plus célèbre ? Liverpool avait remonté 3 buts à la mi-temps contre le Milan AC en finale 2005 avant de s’imposer aux tirs au but. Ce soir, il n’en faut « que » deux.
Rendez-vous à 21h sur Canal+ pour une nuit européenne qui promet d’être historique dans un sens ou dans l’autre.
