Après le passage à 48 équipes pour 2026, la FIFA envisage déjà une nouvelle expansion du Mondial. Un projet titanesque qui suscite autant d’enthousiasme que d’inquiétudes dans le monde du football.
Gianni Infantino, fidèle à sa philosophie d’un football toujours plus grand et toujours plus inclusif, n’a jamais caché son envie d’aller encore plus loin. C’est dans ce contexte que l’idée d’un Mondial à 64 équipes a commencé à germer sérieusement. Le déclencheur vient de la CONMEBOL, la confédération sud-américaine qui co-organise le Mondial 2030 avec l’Europe et l’Afrique.
Son président Alejandro Dominguez a exprimé publiquement son souhait de voir cette édition du centenaire se tenir avec 64 nations, arguant que la structure actuelle, qui n’accorde que trois matchs à l’Amérique du Sud pour l’occasion, n’est pas à la hauteur de l’événement. Le format envisagé serait simple : 16 groupes de quatre équipes, avec les deux premiers de chaque groupe qualifiés pour les seizièmes de finale. Un tournoi de 128 matchs étalé sur plus de cinq semaines.
Un mondial plus inclusif et plus lucratif
Les partisans de cette expansion avancent des arguments solides. Un Mondial à 64 équipes, c’est d’abord une représentation bien plus juste de la réalité mondiale du football. L’Afrique, l’Asie et les Amériques réclament depuis des années une meilleure exposition sur la scène internationale, et cette formule leur offrirait enfin des places supplémentaires en rapport avec leurs populations et leur développement footballistique.
Sur le plan économique, le raisonnement est imparable pour la FIFA. Quand le passage de 32 à 48 équipes a généré des perspectives de revenus supplémentaires d’un milliard de dollars, on imagine aisément ce que 64 nations représenteraient en termes de droits télévisés, de sponsors et de billetterie. La FIFA, qui n’a jamais prétendu être indifférent à ces questions financières, voit dans cette expansion une opportunité de financer encore davantage le développement du football dans les pays émergents
La crainte d’une overdose de football
Mais l’opposition est réelle, forte, et vient de ceux qui font tourner le football au quotidien. L’UEFA, par la voix de son président Alexander Ceferin, s’est montrée clairement hostile au projet. L’argument central repose sur le fait que le calendrier du football professionnel est déjà au bord de l’implosion. Les joueurs accumulent les matchs à un rythme intenable, et ajouter encore des semaines de compétition internationale ne ferait qu’aggraver une situation déjà critique. Les clubs, qui prêtent leurs joueurs sans compensation lors des rassemblements internationaux, ne voient pas d’un bon oeil cette inflation de rencontres.
La question de la qualité sportive se pose également. Un Mondial à 64 équipes, c’est mécaniquement l’entrée de nations de second rang dans une compétition où elles risquent de se retrouver très largement dépassées. La crainte de matchs à sens unique lors de la phase de groupes, déjà pointée du doigt avec le passage à 48 équipes, serait encore plus présente. Et même au sein de la FIFA, certains responsables reconnaissent en privé qu’il serait peut-être plus sage d’attendre les retours de l’édition 2026 avant de relancer ce débat. Le football mondial n’a peut-être pas encore fini de digérer sa dernière révolution.
