Dans la nuit de dimanche à lundi à l’Estadio BBVA de Monterrey, au Mexique, la Suède retrouve enfin la Coupe du monde face aux Aigles de Carthage tunisiens pour le match d’ouverture du Groupe F.
La qualification de la Suède pour cette Coupe du monde 2026 restera comme l’une des plus rocambolesques de toute l’histoire de la compétition. Sous l’ère de son prédécesseur, la Suède avait terminé bon dernière de son groupe de qualification derrière la Suisse, le Kosovo et la Slovénie, avec seulement deux points en six matchs et aucune victoire.
Jon Dahl Tomasson avait été limogé, et c’est l’Anglais Graham Potter, auparavant à Östersund, Brighton, Chelsea et West Ham, qui a pris les commandes en octobre 2025, quelques mois seulement avant les barrages décisifs. Parlant couramment le suédois après sept ans passés à entraîner Östersund, il a immédiatement redonné confiance, guidant les Blågult vers deux victoires en barrages face à l’Ukraine (3-1), grâce notamment à un triplé de Viktor Gyökeres, puis face à la Pologne (3-1) en finale. Prolongé jusqu’en 2030, Potter arrive au Mondial avec une mission claire.
Les Blågult, le sauvetage miracle
La grande force de cette Suède réside dans son duo d’attaquants, l’un des plus redoutés de cette Coupe du monde. Viktor Gyökeres, buteur décisif dans les barrages, y compris lors de la finale de la Ligue des Champions le 30 mai, forme avec Alexander Isak, de retour d’une fracture du péroné contractée en saison, une association qui fait trembler les défenses. Les deux hommes ont repris ensemble en amical contre la Grèce (2-2) le 4 juin, et Gyökeres y a trouvé le chemin des filets.
La grande interrogation reste de savoir comment Potter parviendra à les faire briller ensemble de manière régulière. En défense, le retour du capitaine Victor Lindelöf stabilise l’arrière-garde, même si Potter doit composer sans Dejan Kulusevski et Roony Bardghji, tous deux absents sur blessure. L’incertitude plane également sur Gabriel Gudmundsson, touché par un virus ces derniers jours. En 3-4-1-2, Benjamin Nygren occupera le rôle de meneur de jeu derrière le duo d’attaque, avec Yasin Ayari et Jesper Karlström au milieu.
La Tunisie en quête d’histoire
La Tunisie dispute sa sixième Coupe du monde, mais n’a jamais franchi le premier tour de la compétition. C’est précisément avec cet objectif historique en tête que Sabri Lamouchi, le sélectionneur franco-tunisien nommé en début d’année, a chamboulé l’effectif avec un coup de pied dans la fourmilière. Les cadres Ferjani Sassi et Yassine Meriah ont été écartés, confirmant la volonté de renouvellement. Un jeune attaquant, Louey Ben Farhat, initialement convoqué, a quant à lui refusé la sélection, provoquant l’agacement public du sélectionneur.
Lamouchi s’appuie sur un groupe rajeuni, composé à plus des trois quarts de joueurs évoluant hors de Tunisie, avec un noyau fort autour du capitaine Ellyes Skhiri (83 sélections), seul élément du groupe à avoir disputé une compétition européenne de clubs en 2025-26, et de Hannibal Mejbri (45 sélections), leader technique de 23 ans, symbole de cette nouvelle génération. Ce dernier souffre cependant d’une gêne musculaire à la cuisse et sera réévalué dans les dernières heures avant le coup d’envoi.
En cas de forfait, Ismaël Gharbi ou Khalil Ayari pourraient prendre sa place dans l’axe. Lamouchi devrait s’appuyer sur un 4-2-3-1 avec Skhiri et Rani Khedira en double pivot, et Firas Chaouat en pointe. En défense, Montassar Talbi et Omar Rekik formeront la charnière, avec Yan Valery en latéral droit et Ali Abdi à gauche.
Les compositions probables de Suède – Tunisie
- Suède : Nordfeldt – Lagerbielke, Hien, Lindelöf – Svensson, Karlström, Ayari, Gudmundsson – Nygren – Gyökeres, Isak
- Tunisie : Chamakh – Valery, Talbi, Rekik, Abdi – Skhiri, Khedira – Achouri, Mejbri, Ben Slimane – Chaouat
