Dans la nuit de jeudi à vendredi au BC Place de Vancouver, la Suisse et l’Algérie s’affrontent dans un seizième de finale au parfum de roman. Un duel entre deux équipes offensives et perméables, mais aussi une confrontation unique : Vladimir Petkovic, actuel sélectionneur des Fennecs, connaît la Nati sur le bout des doigts pour l’avoir dirigée pendant sept ans entre 2014 et 2021.
La Nati de Murat Yakin a accompli son objectif de première phase avec autorité. Première du Groupe B avec 7 points, elle a aligné un nul inaugural décevant 1-1 contre le Qatar, avant de totalement renverser la dynamique : une démonstration 4-1 contre la Bosnie-Herzégovine lors de la deuxième journée, avec le doublé en sortie de banc de Johan Manzambi (20 ans, SC Freiburg, 15 sélections, 6 buts en carrière internationale), dont une volée spectaculaire qui a fait le tour des réseaux sociaux.
La sensation de ce Mondial suisse a confirmé lors de la troisième journée avec son troisième but de la compétition dans le succès 2-1 contre le Canada, dans ce même BC Place où la Suisse dispute ce soir son seizième de finale. 12 buts inscrits en cinq matchs toutes compétitions confondues, et une candidature sérieuse au titre de Meilleur Jeune Joueur du tournoi selon la FIFA.
La Suisse, sept points et la sensation Manzambi
La seule incertitude dans le groupe suisse concerne Miro Muheim, absent lors du dernier match sur une gêne physique et dont la présence est toujours en suspens. Pour le reste, Yakin dispose de son groupe complet. Gregor Kobel, qui a définitivement supplanté Yann Sommer dans les buts au terme d’une saison brillante, sera entre les perches.
La défense à quatre Widmer, Akanji, Elvedi, Rodriguez reste inchangée. Le double pivot Granit Xhaka (149 sélections, 18 buts, Sunderland) et Remo Freuler (91 sélections, 11 buts, Bologna) représente à lui seul plus de 240 sélections cumulées : une expérience inestimable en phase à élimination directe. Djibril Sow, Manzambi et Rubén Vargas animeront le milieu offensif, avec Breel Embolo en pointe. Yakin a été clair : son ambition pour ce Mondial est d’atteindre les quarts de finale, et ce soir marque le premier pas.
L’Algérie de Petkovic : revanche ou trahison ?
L’histoire de ce seizième de finale a un angle romanesque que peu de matchs de Coupe du monde offrent. Vladimir Petkovic, le sélectionneur des Fennecs, a dirigé la Suisse de 2014 à 2021, conduisant la Nati en quarts de finale de l’Euro 2020 lors de son meilleur résultat.
Ce soir, il sera assis en face de sa propre formation, avec une connaissance intime du système de Yakin, des habitudes défensives du double pivot Xhaka-Freuler, et des zones à attaquer sur les côtés. Petkovic lui-même a déclaré sobrement en conférence de presse : « La première chose à dire, c’est qu’il ne s’agit pas d’un match opposant Vladimir Petkovic à la Suisse. C’est la rencontre entre deux équipes. » Une manière d’évacuer la pression, tout en sachant que tous les observateurs le regarderont de très près.
Le parcours algérien dans ce Mondial a été tout sauf linéaire. Une défaite 0-3 contre l’Argentine lors de l’entrée en lice, avec le triplé historique de Messi lors de sa 200e sélection, avait mis le groupe sous pression immédiate. La réaction est venue d’une victoire 2-1 contre la Jordanie, avec un Nadhir Benbouali égalisateur et Amine Gouiri décisif. Puis est venu l’un des matchs les plus intenses du tournoi : le 3-3 contre l’Autriche lors de la dernière journée, sauvé par un but de Mahrez dans les arrêts de jeu, après avoir mené 2-1 puis été rejoint à 3-3.
Ce résultat, suffisant pour se qualifier en tant que meilleur troisième malgré une troisième place dans le Groupe J, reste une performance collective remarquable. 7 buts encaissés en trois matchs demeurent toutefois la grande fragilité des Fennecs.
La principale incertitude porte sur Mohamed Amine Amoura (19 buts en 48 sélections), avant-centre du Wolfsburg dont la présence reste très incertaine sur blessure. Gouiri a comblé son absence lors des matchs de groupe. Autre question dans les buts : Oussama Benbot avait gardé les cages contre l’Autriche, mais Luca Zidane pourrait récupérer le statut de numéro un pour ce seizième de finale.
Le capitaine Riyad Mahrez (35 ans), auteur d’un doublé décisif contre l’Autriche, reste l’arme offensive numéro un des Fennecs. Ibrahim Maza (20 ans, Bayer Leverkusen), confirmé comme l’un des éléments les plus réguliers au milieu offensif, et Houssem Aouar, Farès Chaïbi et Nabil Bentaleb complèteront le dispositif.
Les compositions probables de Suisse – Algérie
- Suisse (4-2-3-1) : Kobel – Widmer, Elvedi, Akanji, Rodriguez – Freuler, Xhaka – Sow, Manzambi, Vargas – Embolo
- Algérie (4-2-3-1) : L. Zidane – Belghali, Mandi, Bensebaini, Aït-Nouri – Bentaleb, Chaïbi – Mahrez, Maza, Aouar – Gouiri
