Ce mercredi soir au BC Place de Vancouver, la troisième journée du Groupe B ressemble à une véritable finale de poule. La Suisse et le Canada, à égalité parfaite avec quatre points chacun, se disputent la première place et un huitième de finale à domicile pour les Canadiens.
Invaincue lors de ses éliminatoires, la Suisse de Murat Yakin dispute sa sixième Coupe du monde consécutive, une constance qui dit tout du sérieux de cette nation footballistique. Accrochée par le Qatar sur le score de 1-1 lors de la première journée, avec un but d’Embolo sur penalty dans le temps additionnel insuffisant à arracher la victoire après un but encaissé dans les arrêts de jeu, la Nati a parfaitement répondu lors de la deuxième journée.
Face à la Bosnie-Herzégovine, longtemps tenue en échec par un bloc très bas, c’est l’entrée en jeu du jeune Johan Manzambi (20 ans, 15 sélections, 5 buts) qui a tout changé : le milieu offensif a ouvert le score, provoqué une expulsion adverse, puis inscrit un second but pour signer un doublé décisif. Granit Xhaka a scellé le score sur penalty en toute fin de match pour un 4-1 convaincant.
La Nati dans l’obligation d’attaquer
Mathématiquement, la situation est claire : seule une victoire permet à la Suisse de terminer première du Groupe B pour la première fois depuis 2006. Yakin devrait opérer un ajustement notable par rapport au onze qui a battu la Bosnie : Gregor Kobel remplacerait Yann Sommer dans les buts, un changement pressenti par plusieurs sources, le gardien du Borussia Dortmund étant titulaire habituel lors des matchs clés. La défense centrale Akanji–Elvedi reste inchangée, avec Widmer à droite et Rodríguez à gauche.
Au milieu, le double pivot Freuler–Xhaka assure l’équilibre, avec la grande question de la titularisation ou non de Manzambi dans l’axe à la place d’Aebischer : la majorité des sources le donnent dans le onze après sa prestation étincelante. En attaque, Ndoye, Embolo (88 sélections, 25 buts, en quête de son premier but en phase de jeu) et Vargas forment le trio offensif pressenti. À noter qu’Embolo pourrait être replacé plus haut dans un 4-2-3-1, avec Manzambi en position de créateur entre les lignes.
La clé défensive suisse sera de contenir les transitions canadiennes, notamment en couvrant le couloir gauche pour limiter les projections offensives d’Alphonso Davies, dont le retour dans le groupe après sa blessure est une information majeure pour ce match. Côté absences : Muheim est signalé incertain, mais le reste du groupe est disponible. Yakin a toutes ses options.
Le Canada, confort comptable mais méfiance tactique
À l’opposé, le Canada de Jesse Marsch vit une Coupe du monde incroyable. Après un nul décevant 1-1 contre la Bosnie-Herzégovine à Toronto, un scénario qui avait souligné les difficultés des Canadiens face à un bloc défensif bien en place, les hommes de Marsch ont explosé face au Qatar avec un 6-0 historique au BC Place, avec un Jonathan David de gala auteur d’un triplé retentissant : le premier joueur d’un pays hôte à inscrire un hat-trick en Coupe du monde depuis Geoff Hurst en 1966. Larin avait également marqué pour le deuxième match de rang, confirmant la puissance offensive collective de cette sélection.
Mathématiquement, le Canada a un avantage : sa différence de buts (+6 contre +3 pour la Suisse) signifie qu’un nul suffit pour terminer premier du groupe. Marsch pourrait en tenir compte dans son approche tactique, avec un bloc plus compact et défensif en attendant les espaces au retour. Ce plan fonctionnerait d’autant mieux avec le retour potentiel d’Alphonso Davies dans le onze : le latéral du Bayern Munich, absent des deux premiers matchs pour une gêne aux ischio-jambiers, est désormais rétabli et pourrait retrouver sa place sur le couloir gauche, en lieu et place de Laryea. Il reste toutefois incertain pour une titularisation directe après plusieurs semaines sans compétition.
La grande absence reste celle d’Ismaël Koné, victime d’une fracture de la jambe lors du match contre le Qatar, sa Coupe du monde est terminée. Nathan Saliba, entré en jeu et auteur d’un but sur coup franc contre le Qatar, devrait le remplacer dans le onze aux côtés d’Eustáquio et d’Ali Ahmed. En défense, le retour de Moïse Bombito, seulement incertain avant le tournoi, il a joué toute la seconde période contre la Bosnie, devrait lui valoir une place dans le onze aux côtés de Cornelius et de Fougerolles, avec Johnston à droite. Jonathan David (79 sélections, 42 buts) et Cyle Larin (92 sélections, 32 buts) formeront le duo de pointe redoutable.
Les compositions probables de Suisse – Canada
- Suisse : Kobel – Widmer, Akanji, Elvedi, Rodríguez – Freuler, Xhaka – Ndoye, Manzambi, Vargas – Embolo
- Canada : Crépeau – Johnston, Cornelius, de Fougerolles, Laryea – Buchanan, Eustáquio, Saliba, Ahmed – David, Larin
