La levée surprise de la suspension de Folarin Balogun continue d’empoisonner le Mondial 2026, deux jours après la décision de la FIFA. Après la stupeur de la Fédération belge, c’est au tour de l’UEFA de dénoncer publiquement une instance qui aurait, selon elle, franchi une ligne rouge.
Tout part d’une expulsion. Buteur contre la Bosnie-Herzégovine (2-0) lors du 16e de finale disputé le 1er juillet à Santa Clara, Folarin Balogun avait ensuite été exclu pour une intervention jugée dangereuse sur le défenseur Tarik Muharemovic, synonyme en théorie d’un match de suspension automatique. Coup de théâtre dimanche 5 juillet : la FIFA a annoncé suspendre l’exécution de cette sanction pour une période probatoire d’un an, en s’appuyant sur l’article 27 de son code disciplinaire. L’attaquant de l’AS Monaco, meilleur buteur américain du tournoi avec trois réalisations, est donc autorisé à disputer le 8e de finale face à la Belgique.
Selon des informations du New York Times et de The Athletic, confirmées à l’AFP par une source proche du dossier, le président américain Donald Trump aurait personnellement appelé le président de la FIFA Gianni Infantino dès mercredi pour réclamer un réexamen du dossier, une démarche à laquelle se serait associé le secrétaire d’État Marco Rubio. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a remercié la FIFA d’avoir réparé selon lui une injustice, tandis que la fédération US Soccer s’est dite satisfaite. Le sélectionneur Mauricio Pochettino a jugé la sanction disproportionnée et l’ailier Christian Pulisic a évoqué un sérieux coup de pouce pour son équipe.
Un carton rouge effacé sous pression politique
La décision a immédiatement provoqué la colère de la Fédération belge de football (RBFA), qui s’est dite stupéfaite dans un communiqué invoquant l’article 10.5 du règlement de la compétition, jugé incompatible avec l’article 66.4 appliqué jusqu’ici à tous les autres joueurs expulsés du tournoi. La Belgique a depuis obtenu le droit de faire appel. Le sélectionneur Rudi Garcia a ironisé en comparant la date de la décision à un poisson d’avril, tandis que le gardien Thibaut Courtois a dénoncé un précédent dangereux à la veille d’un match aussi important.
Bruxelles scandalisée, l’UEFA hausse le ton
C’est finalement l’UEFA qui a porté l’estocade ce lundi 6 juillet, avec un communiqué d’une sévérité rare. L’instance européenne affirme que la FIFA a franchi une ligne rouge en suspendant une règle qu’elle qualifie de principe intangible, rappelant que d’autres joueurs se sont trouvés dans la même situation durant ce Mondial et ont purgé leur suspension sans contestation possible. Selon l’UEFA, cette décision qualifiée d’inédite, incompréhensible et injustifiable menace l’intégrité du jeu et la crédibilité de la compétition, et crée un précédent qui obligera à traiter identiquement toute situation similaire jusqu’à la fin du tournoi.
Même l’ancien président de la FIFA Sepp Blatter s’en est mêlé sur X, rappelant qu’un carton rouge ne devrait pas s’annuler par un appel téléphonique politique mais par des règles et des instances indépendantes. À la veille du choc entre les États-Unis et la Belgique à Seattle, Gianni Infantino et la FIFA se retrouvent sous forte pression, avec une crédibilité sportive désormais clairement contestée par le football européen.
