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Les géants endormis #1 : Portsmouth FC

 Les géants endormis #1 : Portsmouth FC

Actuellement 4ème de League One (3ème division Anglaise), le Portsmouth FC est toujours dans la course à la montée pour le Championship. Ce club historique d’Angleterre semble peu à peu sortir la tête de l’eau après avoir plongé dans les abysses. Une reconstruction qui n’aurait pas été possible sans les supporters, dont on oublie trop souvent l’importance aujourd’hui dans le football : voici l’histoire du Portsmouth FC. 

Fondé en 1898, Portsmouth FC, club du nom de cette ville portuaire située sur la côte sud de l’Angleterre a rapidement su se faire un nom aux côtés des grands clubs Anglais. Surnommé Pompey, le club atteint l’élite en 1927 après plusieurs montées successives. S’ensuit alors deux finales perdues de coupe d’Angleterre en 1929 et 1934 puis une troisième en 1939 cette fois-ci remportée. 

Après la guerre, Les maillots bleus, shorts blancs et chaussettes rouges remportent deux titres de champions d’Angleterre en 1949 et 1950. Après avoir atteint les sommets en Premier League, Portsmouth chute au classement et lutte pour son maintien avant d’être finalement relégué en 1959. Le club alterne entre la 2ème et la 3ème division Anglaise, mais connaît de grosses difficultés financières, qui le condamne à être relégué en 4e division en 1978. Dix ans plus tard, Portsmouth n’apprend pas de ses erreurs et connaît de nouveaux problèmes financiers qui lui font faire à nouveau l’ascenseur entre 1ère et 2ème division. Les prémices d’une histoire faites de hauts et surtout de bas.

Les années 2000 : le ballet des hommes d’affaires

En 2003, Pompey parvient à retrouver la Premier League. Après une lutte difficile pour le maintien durant trois ans, le club est racheté par l’homme d’affaires franco-Israélien Alexandre Gaydamak. De nouveau moyens très importants sont mis à disposition du club. Andy Cole, Sol Campbell, Niko Kranjcar, Nwankwo Kanu, Lassana Diarra ou encore Jermain Defoe rejoignent le club et Portsmouth atteint la première moitié de tableau lors de la saison 2006-2007. L’année suivante, Pompey remporte la CUP et se qualifie ainsi pour la coupe UEFA (désormais Ligue Europa). On se dit alors que Portsmouth retrouve peu à peu son lustre d’antan. 

Seulement, le bonheur ne dure jamais très longtemps pour les supporters de Pompey, considérés parmi les plus fervents du pays. En effet, dès la saison suivante le château de cartes semble s’effondrer petit à petit avec le départ en cours de saison d’Harry Reknapp pour Tottenham. Tony Adams peine à maintenir l’équipe malgré un effectif de qualité, la saison prochaine confirmera cette descente aux enfers. Exit Peter Crouch, Diarra, Defoe, Distin et le manager. L’effectif est totalement remanié avec de nombreuses arrivées comme Piquionne, Ben Haim, Dindane, ou encore Yebda. En coulisses, le club est dans une situation financière catastrophique et Alexandre Gaydamak transfère en cachette des actifs du club à des entreprises familiales à prix réduits ce qui accentue la catastrophe. Bon dernier du championnat, Portsmouth souhaite vendre des joueurs hors mercato pour rétablir ses comptes, mais la demande est refusée par la Premier League. La descente est alors inévitable. 

Gaydamak cède alors le club à Sulaiman Al-Fahim, milliardaire Émirati représentant d’ailleurs Abu Dhabi United Group qui a racheté Manchester City en 2008. S’ensuit alors une manoeuvre financière incompréhensible pour les supporters. 40 jours plus tard, le 5 octobre 2009, Al-Fahim qui avait sous-estimé le capital nécessaire revend 90 % des parts du club à Al-Faraj, un autre Émirati. Mais nouveau rebondissement en février 2010, il est révélé publiquement qu’Al-Faraj a financé son achat grâce à un prêt relais de 17 millions de livres accordé par la société Portpin Ltd de Balram Chainrai, originaire de Hong-Kong. Finalement, c’est ce dernier qui reprend le club après un micmac pour le moins douteux. Les supporters dénoncent alors un complot et affirment qu’Al-Faraj n’était qu’un pseudonyme pour laisser place à Chainrai. Ce denier nie les faits mais n’a jamais été clair sur ses anciennes transactions avec Gaydamak. L’arrivée du nouvel investisseur s’annonce houleuse, on ne parle plus de football. 

La renaissance de Portsmouth

L’épopée Balram Chainrai ne dure qu’un an. Le club est une nouvelle fois racheté par la Convers Sports Iniatives en 2011, groupe dirigé par le Russe Vladimir Antonov, qui possède plusieurs équipes, franchises et droits et qui fait partie des promoteurs mondiaux du championnat du monde de Rallye. Ce rachat est un ultime échec. Pompey est de nouveau placé en redressement judiciaire et reçoit ainsi une pénalité de 10 points. Une sanction qui provoque la relégation de Portsmouth en troisième division. Après des années de mauvais choix financiers et sportifs, le club rival de Southampton semble retrouver la raison. Les joueurs les plus importants sont vendus et le Portsmouth mise désormais sur des joueurs libres, prêtés ou peu chers. Une assemblée de supporters se met alors en place pour tenter de racheter le club : la « Pompey supporters Trust ». 

En 2013, le club descend à nouveau en quatrième division, la troisième relégation en quatre ans. Placé en redressement judiciaire, Portsmouth est voué à disparaître. Mais c’était sans compter sans ses fidèles supporters, qui sont près de 20 000 à remplir Fratton Park à chaque rencontre. Ils sont 2300, membres de la « Pompey supporters Trust » à parvenir à rassembler 2,3 millions de livres afin de reprendre le club en main. Une initiative qui pourrait donner des idées à d’autres clubs touchés par la même situation. Résultat ? Une dette du club effacée en 2014 et une remontée en 3e division en 2017. En 2019, Portsmouth remporte l’EFL Trophy face à Sunderland devant 85 201 spectateurs à Wembley, un record pour la compétition. Ils sont d’ailleurs proches de réitérer cet exploit l’année suivante avant que le covid-19 ne reporte la finale.

Pompey a su renaître autour de son centre de formation et de jeunes joueurs en prêts ou achetés à prix bas. Le club lutte toujours pour la montée en Championship et prouve que les supporters sont le socle le plus précieux d’un club de foot, la base de tout. À bon entendeur…

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Timothée Decaudin

1 Commentaire

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  • Excellent article, tant sur le sujet que la forme

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