OM : La crise… bis repetita

 OM :  La crise… bis repetita

Le retour de l’hymne de la Ligue des Champions au Vélodrome en faisait rêver plus d’un à l’intersaison, qui plus est, qu’un mercato estival intéressant venait d’être réalisé et que le coach Villas-Boas affirmait qu’il ne quitterai pas le navire en cours de route. 2020-2021 avait tout de parfait pour l’OM, mais la saison idyllique qui devait se profiler est en train de virer au cauchemar pour les Phocéens. Ces moments de crises, comme le vivent les Olympiens actuellement, ne sont pas nouveau du côté de la Canebière. Revenons ensemble sur les plus grandes périodes de détresses sportives du club ces dernières années. 

Les descentes en D2

Relégué pour la première fois de son histoire dans le deuxième échelon du football professionnel français lors de la saison 1958-1959, les années 50 fût une période compliquée pour les Phocéens. En effet, dans cette période où le championnat de France est dominé par le “jeu à la rémoise”, les Olympiens ont bien du mal à s’affirmer et jouent le maintien dans la première division. La relégation est inévitable pour les hommes de Louis Maurer en 1959 qui sans leur buteur Gunnar Andersson (meilleur buteur de l’histoire du club avec 194 buts) finissent vingtième du championnat de France avec 23 points en 39 matchs. L’Olympique de Marseille stagnera pendant 3 ans dans “l’enfer de la D2” avant de retrouver l’élite en 1962 en terminant quatrième.

Malgré la relégation historique du club en deuxième division, la saison 1958-1959 ne reste pas pour autant la crise la plus marquante de l’histoire du club du point de vue des supporteurs. En effet, du côté du Vieux-Port, le mot “drame” n’intervient qu’à partir de la saison 1979-1980, synonyme de redescente en “D2” pour les Olympiens. Marqué par un “baromètre en baisse du côté de l’Olympique de Marseille mais une hausse de la température dans les couloirs du Boulevard Michelet”, la crise sera déclarée sur tous les fronts au sein du club. Avec des tensions en coulisses, des résultats en deçà des espérances, la sonnette d’alarme est tirée par Bernard Bosquet (ancien joueur de l’OM) qui demande “un plan de sauvetage”. La crise est profonde, le club doit se restructurer et retrouver la confiance de ses supporteurs après les défaites humiliantes de l’équipe (défaite 3-6 face à Valencienne, 7-2 face à Brest). Malgré des joueurs d’exceptions dans ses rangs (Six, Trésor, Bracci, Berdoll, Piette…) et le remplacement de Jules Zvunka par Jean Robin à la tête de l’équipe, l’OM terminera l’exercice à la 19e place et retrouvera la deuxième division.

Les joueurs de l’OM au Parc des Prince lors de la saison 1979-1980 (Source: THE VINTAGE FOOTBALL CLUB)

“La tristesse, Marseille vit une sorte de drame car les Marseillais aiment leur club de football. À mon avis, pour sortir de cette difficulté, il faut changer la structure de l’OM qui ne correspond pas aux besoins d’un grand club. Il faut aussi, je regrette de le dire, changer les hommes. Tout ceux qui ont été des dirigeants plus ou moins importants doivent être renouvelés pour qu’une nouvelle équipe soit à la tête de l’OM […] et ainsi permettre à l’OM de reprendre la voix du succès”

– Gaston DEFFERE, maire député de Marseille, au sujet de la saison 1979-1980 –

Alors qu’une saison auparavant le club remportait le championnat de France ainsi que la Ligue des Champions, la saison 1993-1994 tourne au cauchemar pour l’Olympique de Marseille. Une nouvelle crise vient marquer la fin d’une époque, avec en tête de gondole l’affaire OM-VA. Terminant 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, la saison sera rythmée par cette histoire de corruption qui entrainera l’OM en deuxième division suite à la décision de la LFP.

Les années 2000 et 2010

Alors que l’instauration de la Ligue 1 et ses 20 clubs dans l’élite n’interviendra qu’à partir de la saison 2002-2003, le championnat de France voyait jusqu’alors 18 clubs s’affronter. En terminant 15e de première division et frôlant ainsi la relégation de peu en 2000-2001, l’Olympique de Marseille débutera ce nouveau millénaire d’une bien mauvaise manière. Evitant la D2 de trois petits points, les mauvaises performances des marseillais verront trois entraineurs différents se succéder sur le banc lors de la même saison. Ainsi Abel Braga, Javier Clemente et Tomislav Ivic, tenteront en vain de redresser la barre. Malgré l’arrivée du ballon d’or Georges Weah sur les bords de la Méditerranée, la formation d’Albert Emon n’aura pas convaincu et terminera la saison avec autant de points que de buts encaissés (40).

Didier Deschamps et Jose Anigo

Sous Didier Deschamps, Marseille connaitra également un moment de crise significatif. Signant le pire classement du club depuis l’exercice 2000-2001 en terminant 10e, les Phocéens ne parviendront pas à s’imposer durant près de 12 matchs sur la période courant de février à mars 2012. Cette mauvaise série viendra gâcher la saison 2011-2012 et ce jolie parcours en C1 de l’OM, qui dispute tout de même un quart de finale. De plus, les mauvaises relations entre l’entraineur, Didier Deschamps, et le directeur sportif, José Anigo, viennent verrouiller un exercice 2011-2012 déjà mal embarqué. La victoire en Coupe de la Ligue face à l’Olympique Lyonnais (0-1) sera la seule bonne note de ce qui sera, la dernière saison du futur sélectionneur de l’Equipe de France sur le banc marseillais.

“On a toujours acheté une trentaine de joueurs de très haut niveau, avec des exigences de résultats en permanence. C’était l’ancienne politique. Aujourd’hui, c’est terminé. On a enclenché le processus il y a deux ans. Avec la crise économique, le nouvel actionnaire (Margarita Louis-Dreyfus) a annoncé clairement que cette époque était révolue.”

– Henri Stambouli, responsable du centre de formation de l’OM à l’issue de la saison 2011-2012 –

L’OMbre de Bielsa

Les plus jeunes supporteurs marseillais décriront cette saison 2015-2016 comme la pire de l’histoire du club. Comme lors des saisons 1990-1991, 2000-2001 et 2001-2002, trois entraineurs se succèderont sur le banc, avec en premier lieux Marcelo Bielsa (qui démissionnera dès la première journée) puis Michel et enfin Franck Passi qui assurera l’intérim suite au départ du technicien espagnol. Sortant d’une saison exceptionnelle sous les commandes “d’El Loco”, le jeu proposé par l’équipe sous Michel sera inexistant et marquera un énorme contraste entre les deux saisons. Ce manque de jeu et les mauvais résultats entraineront l’OM à la 14e place de Ligue 1 à la fin du championnat.

Michel a dirigé l’OM d’août 2015 à avril 2016.

Incapables de s’imposer à domicile durant près de 6 mois et 13 matchs, les Olympiens verront très vite le Vélodrome se retourner contre eux et la direction, atteignant ainsi une situation de non retour. Les mauvaises prestations à domicile (2-5 face à Rennes, 0-0 face à Guingamp, 1-1 face à Nantes) ainsi que la décision des dirigeants de reprendre la commercialisation intégrale et exclusive des abonnements seront de trop pour les supporteurs marseillais qui décident d’exprimer leur mécontentement par des débordements au Stade Vélodrome. De plus, dans cette ambiance très hostile entre supporteurs et dirigeants, la défiance de la propriétaire, Margarita Louis-Dreyfus, vis-à-vis de Vincent Labrune viendra couronner cette saison où chacun semblait impuissant.

Ce soir à 21h, l’Olympique de Marseille devait recevoir le Stade Rennais à domicile mais les supporters de l’OM en ont décidé autrement en manifestant leur mécontentement suite aux mauvaises performances de l’équipe. Le manque de résultats et la défiance envers la direction laissent envisager certainement une période difficile pour le club, en espérant toutefois pour les supporteurs, que la saison 2020-2021 ne soit pas à mettre dans la liste déjà longue des crises historiques du club. 

Mateo Riviere

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