Dans la nuit de lundi à mardi au Lumen Field de Seattle, les États-Unis et la Belgique se retrouvent pour un huitième de finale qui sent la revanche. Douze ans après leur choc en 2014 au Brésil, remporté par les Diables Rouges en prolongation (2-1), les deux nations rempilent avec un nouveau casting mais les mêmes ambitions. Et une immense polémique en toile de fond, autour du cas Folarin Balogun.
La Team USA de Mauricio Pochettino arrive à ce huitième de finale avec 10 buts inscrits en quatre matchs lors du premier tour (4-1 contre le Paraguay, 2-0 contre l’Australie, 3-2 contre la Turquie), puis la victoire 2-0 contre la Bosnie-Herzégovine en seizièmes. Un parcours solide, mais dominé par l’affaire la plus explosive de ce Mondial.
Les États-Unis, la polémique Balogun
Lors du seizième contre la Bosnie, Folarin Balogun avait ouvert le score avant d’être expulsé à la 64e minute pour un tacle violent sur le défenseur Tarik Muharemovic, lui causant une grave entorse à la cheville. Un carton rouge direct, synonyme de suspension automatique pour le match suivant selon les règlements de la FIFA. Plusieurs responsables de l’instance avaient eux-mêmes confirmé dans un premier temps que ce type de sanction ne pouvait faire l’objet d’aucun appel.
Pourtant, le dimanche 5 juillet, la Commission de discipline de la FIFA a pris une décision sans précédent : la suspension de Balogun est suspendue à titre probatoire pendant un an, selon l’article 27 du Code disciplinaire. En clair : le joueur peut jouer ce soir, mais si il commet une infraction similaire dans l’année, la sanction originelle s’appliquera.
Ce qui rend la polémique encore plus brûlante : selon le journaliste britannique Ben Jacobs et deux sources indépendantes confirmées par l’AFP, le président américain Donald Trump aurait personnellement contacté le président de la FIFA Gianni Infantino pour demander le réexamen de la suspension. La Fédération Belge de Football a officiellement protesté, publiant un communiqué citant l’article 66.4 du Code disciplinaire et l’article 10.5 du règlement de la compétition pour démontrer que la décision était en contradiction directe avec les textes.
Une décision que beaucoup dans le football mondial jugent comme un traitement de faveur inédit accordé à un pays hôte. Balogun (Monaco, 33 sélections, 3 buts dans le tournoi) sera donc bien présent ce soir, réintégrant le onze américain à la pointe de l’attaque aux côtés de Christian Pulisic (AC Milan, 89 sélections, 33 buts) et Sergiño Dest. Le milieu Tyler Adams et Malik Tillman assureront l’équilibre. En défense, Matt Freese dans les buts avec la charnière Chris Richards et Tim Ream.
La Belgique, l’énigme Lukaku résolue ?
La Belgique de Rudi Garcia arrive à Seattle en sortant du scénario le plus rocambolesque de ce Mondial. Menée 2-0 par le Sénégal à la 85e minute, les Diables Rouges ont réalisé l’une des plus grandes remontadas de l’histoire des huitièmes de finale : Youri Tielemans a signé un doublé (85e et 94e) avant que Romelu Lukaku, entré depuis le banc, ne décide le match en prolongation pour un 3-2 ahurissant.
Naturellement, la grande question tactique reste entière : Lukaku (130 sélections, 92 buts, meilleur buteur de l’histoire de la Belgique) débutera-t-il enfin comme titulaire ? Décisif à chaque entrée en jeu depuis le début du tournoi, la pression est désormais forte pour qu’il parte d’emblée. Zeno Debast reste incertain (blessure). La charnière Arthur Theate et Brandon Mechele sera probablement reconduite.
Thibaut Courtois dans les buts, Kevin De Bruyne (123 sélections, 38 buts) en meneur, et le duo Jérémy Doku (46 sélections, 7 buts) et Leandro Trossard (55 sélections, 14 buts) sur les côtés. La Belgique est invaincue face aux États-Unis depuis la victoire américaine de 1930 : 6 victoires consécutives, dont l’amical 5-2 à Atlanta en mars 2026.
Les compositions probables d’États-Unis – Belgique
- États-Unis (4-3-3) : Freese – Freeman, Richards, Ream, A. Robinson – Adams, McKennie, Tillman – Dest, Balogun, Pulisic
- Belgique (4-2-3-1) : Courtois – Castagne, Theate, Mechele, De Cuyper – Tielemans, Vanaken – Doku, De Bruyne, Trossard – De Ketelaere (ou Lukaku)
